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 Un nouveau contrat, de nouvelles possibilités [PV]

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MessageSujet: Un nouveau contrat, de nouvelles possibilités [PV]   Dim 2 Mar - 19:40

[ avec Kaleï Rozen, pour la continuité de sa fifiche! =) Tant qu'à faire, faisons les choses bien!]

Il s’était immiscé chez elle comme un voleur, sans foi ni loi, s’imposant avec sa grâce et sa prestance que certains reconnaissaient et que d’autres se plaisaient à injurier.
Eliezer Ethen était entré par infraction dans l’appartement insalubre des Rozen, cette famille pratiquement disséminée à cause d’une histoire avec la mafia, par laquelle notre proxénète était légèrement concerné. Mais ce dernier se taira sur la question, revendiquant qu’il n’y était pour rien, que l’ironie du destin a voulu que la foudre de Zeus s’abatte sur les parents de ces pauvres enfants perdus. La demoiselle ici présente était âgée de dix huit ans selon ses connaissances, et qu’importait comment il le savait. Il l’avait su, point barre. D’une façon ou d’une autre, il s’était procuré les outils nécessaires à l’admission d’une nouvelle prostituée dans sa maison close, parce que la concurrence avec celle de Lawrence était rude, et qu’il devait se reprendre en main.

Kaleï tenait affreusement de sa mère, la même taille et les mêmes courbes sinueuses de son corps la caractérisaient. Et quelques fois, le proxénète crut déceler de la moquerie dans les yeux incernables de cette adolescente tout juste rentrée dans le monde des adultes. Il comptait bien la mettre au parfum, lui faire comprendre que dans ce milieu, elle ne bénéficierait d’aucune liberté. Et ce fut en toute connaissance de cause qu’il lui proposa de lui payer un traitement dont il n’avait cure, pour son petit frère. Un adorable garçonnet, fiévreux et au regard hagard. Triste formulation pour un enfant tout juste âgé de onze ans, et qui souffrait d’une maladie contaminant son sang et le rongeant jusqu’à la moelle. La première fois qu’il l’avait aperçu, il l’avait fixé avec indifférence, observant les pièces de l‘appartement insalubre où il vivait en compagnie de sa grande sœur. Le désordre l’avait contrarié, il s’en était occupé tandis que l’enfant avait toujours les yeux clos dans son sommeil imperturbable. Sa respiration s’accélérait quelques fois, pour reprendre une cadence normale et régulière. Surpris par ce phénomène, l’adulte aux mèches rebelles caressant sensuellement sa nuque le fixait obstinément pendant quelques temps, puis s’adonnait à son occupation : remettre les bibelots en tout genre à une place convenable, errer en kimono léger et aux couleurs chaudes et orientales dans un chez-soi qui ne lui appartenait pas. Il se fichait pas mal de ce que penserait son propriétaire, et de toute façon, elle ne résisterait pas à l’offre qu’il lui ferait.

Quelques années auparavant, après s’être débarrassé d’un témoin particulièrement gênant, le proxénète avait demandé à l’une de ses Poupées manipulées d’aller sur les lieux d’une éventuelle fusillade, et d’y récupérer quelques indices pour comprendre ce qu’il s’était passé. La créature avait accepté en un hochement de tête forcé, tout comme ce genre de sourire artificiel qu’il haïssait et qu’elle avait affiché dans le but de le provoquer. Il eut un tic nerveux et d’un geste de main ample et gracieux lui ordonna de débarrasser le plancher, chose qu’elle fit sans contester. La demoiselle s’était rendue comme convenu sur les lieux, après que la légère pluie acide ne cesse de s’abattre sur la ville ravagée. Elle s’était approchée du corps après s’être assuré qu’aucun témoin ne voie ses actes, et avait récupéré une photographie très ancienne, légèrement brûlée par les gouttelettes acidifiées. Après avoir obtenu ce qu’il recherchait, Eliezer avait patienté pendant quelques années, le temps que les choses se tassent et que les enfants grandissent, en sachant que les parents avaient été formels au sujet de leurs bambins. Pas question de toucher à un seul de leurs cheveux quoiqu’il arrive. Mais comment refuser d’aborder une si jolie demoiselle, qui se tenait toute souriante aux côtés de son frère cadet ? La tentation était trop grande, et ce fut avec une patience légendaire qu’il attendit et attendit, jusqu’à ce que les souvenirs n’affleurent à la surface durant l’année des dix-huit ans de sa future prostituée. Elle avait commencé à bouger, alors que l’identique personne lui servait de mouchard pour surveiller sa petite princesse égarée, si pudique et déjà dégoutée par des plaisirs miséricordieusement obscènes. Lorsqu’il comprit que le moment était arrivé, il sortit de l’ombre et s’était rapproché considérablement de sa victime. Celle-ci se plia au contrat qu’il lui proposa avec un sourire généreux, et ne possédant pas une ombre de fausseté aux premiers abords. Cependant, derrière cette expression joviale se cachait le parfait mensonge qui mettrait en péril la vie d’un enfant, qui ne méritait pas d’être traité comme tel. Mais le péché mignon d’Eliezer comptait avant tout, et pour satisfaire ses envies dans ce domaine, il avait besoin de personnes comme cette Kaleï. Obéissante, docile, enthousiaste et qui semble tout prendre comme ça vient, ce qui n’était pas plus mal. Et succombant à sa petite bouille qu’il imagina couverte de baisers de quelques clients malintentionnés et vicieux, il jugea l’affaire très bonne et fructueuse.

Il était actuellement au sein de sa maison close, la Son’Gen’S House, la maison de la dignité, de la noblesse. Prenez cela comme vous le souhaitez. Il avait ordonné à Kaleï de quitter son frère quelques temps et de le suivre pour faire en sorte que le contrat soit signé une bonne fois pour toute. En signant ce papier imprimé, elle lui appartiendrait et adieu le petit frère, bonjour la drogue, bonjour les doses quotidiennes qui le faisaient jouir dans son Eden artificiel ! Alléluia, le paradis est sur Terre rien que par une simple injection. Que le monde était beau lorsque l’on avait tout à portée de main ! Que ce fusse l’intelligence, le don de manipulation et un statut aussi honorable que celui de proxénète ! Si pour certains c’était une insulte, pour lui c’était une libération. Même si quelques tensions s’étaient possiblement créées avec les autres catégories de personne, qu’importait. Il avait tout ou presque tout à sa portée, et c’était tant mieux.


« Bien Kaleï-san, apposez votre signature au bas de cette page, et faites-le proprement, pour que le contrat ne soit pas faussé ! »

Cela promettait d'être clair.

Et nonchalamment, il approcha ladite feuille de contrat sous son nez, histoire de l’inciter à se dépêcher, sans qu’il ne montre un quelconque agacement ou une certaine impatience. Ce ne serait pas très poli, et son but était de mettre à l’aise la future travailleuse pour ne pas la laisser filer entre ses doigts.

[i]Tout se déroulait comme il l’avait prévu et un ricanement intérieur vit soudainement le jour, lorsque la demoiselle posait ses pieds pour la première et la dernière fois dans ce que l’on pouvait appeler son « bureau d’administration ». Parfaitement rangé, aucune trace de poussière et bien que le meuble semblait usé et dénué de charme, il avait une certaine place et une certaine beauté dans la pièce. Ainsi, lascivement assis sur un fauteuil au cuir plus ou moins usé, il croisa ses jambes dans un geste qui en disait long, tandis que le tissu léger de son kimono remontait sur ses cuisses d’une blancheur candide, après avoir glissé avec une aisance et une douceur à toute épreuve.


[A toi Chayrie! N'oublie pas, 500 voire 550 mots par post! Je les compterai pour toi sur word, étant donné que tu n'as que WordPad! ^^]
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MessageSujet: Re: Un nouveau contrat, de nouvelles possibilités [PV]   Dim 2 Mar - 21:33

[ Je pense les avoir dépassées là lol]

L'humiliation.
Kaleï se sentait humiliée, et rabaissée. Petite fille sage, et frêle, devient grande. Kaleï venait de vivre une expérience que beaucoup de jeunes filles aimaient vivre, si seulement elle se passait comme prévue. Un homme, elle n'ose même pas appelé cela un homme... Une personne, a violé le chemin de la virginité de la petite, qui venait tout juste d'entrer dans le monde des adultes.Un homme au regard, aux idées, et aux envies malsaines.
Les médicaments ne ralentissaient plus le processus, elle voyait son petit frère mourir, la Vie était-elle injuste ? Enlever l'âme d'un enfant qui n'avait jamais demandé à mourir ? Kaleï ne supportait plus de voir les yeux bleus du garçonnet blond, lui réclamer ses parents, ou lui réclamer le droit de vivre par un simple regard.

Sous ce pont, la vision de la vie de Kaleï changea complètement, non, la Vie n'est pas rose, et parfois il faut se sacrifier pour sauver l'être aimé, dans ce cas précis : son petit frère. Un homme, juste un seul homme parmi tant de mâles qui fréquentaient Tokio-II, avait ruiné ce qu'elle essayé de concevoir depuis déjà 18 années : une vie, la sienne. Allongée sur le sol, nue, le souffle court, la peur au ventre, et les yeux à moitié ouverts, Kaleï n'avait qu'une envie, vider toute l'eau qui envahissait son corps, oublier ce qu'il venait de se passer, se réveiller ... Elle sentit une liasse de billet vert tomber sur son visage, lâché violemment par l'homme qui refermait son pantalon d'un geste qui prouvait bien là, qu'il n'avait aucune sensualité. C'est avec dégoût qu'elle se leva, ramassa ses affaires, les enfila, et laissa les billets tomber dans ses sous-vêtements.
Sur la route du retour, elle pleurait le sourire aux lèvres. Impressionnée par ces quelques billets qui se trouvaient sur elle, jamais elle n'avait possédé autant d'argent, heureuse aussi de savoir que son petit frère, en rentrant, lui sauterait dans les bras pour savoir quand ses parents reviendraient ... Mais les larmes l'emportaient. Elle avait été humiliée, elle avait choisi de vendre son corps ainsi, et jamais elle n'aurait pensé une seule seconde que la vie lui offrirait une telle misère. Ce qui est fait est fait... Kaleï monta petit à petit les marches pour aller à l'appartement, elle avait l'impression d'emporter un boulet derrière elle, ses jambes flageolaient de peur et de haine, ses épaules étaient lourdes à porter, ses bras tombaient le long de son corps, pour y suivre ses moindres mouvements. C'est avec lassitude qu'elle poussa la lourde porte, laissant échapper un soupir de désespoir lorsque le grincement de celle-ci se fit entendre. Il fallait absolument trouver un moyen... Mais Kaleï remarquait une chose inhabituelle, la porte était restée entrouverte. Qui plus est, la pièce était parfaitement bien rangée. Depuis quand n'avait elle pas vue une pièce aussi parfaitement rangée ? Une paire d'années en tout cas ! L'inquiètude gagnait alors Kaleï, son petit frère ? L'avait-on enlevé ? Tué ? Violé ? Elle se mit a courir dans la chambre de l'enfant, mal décoré, le plafond prêt à tomber, la pièce humide et l'odeur pas toujours très bonne. Un homme tournait le dos à Kaleï. Trônant sur une petite chaise, en face du lit de l'enfant, la tête haute, les doigts fins tenant une livre aux pages presque toutes déchirées. Une voix inaudible se mit à parler, et l'enfant se mit à rire. Kaleï les regardait d'un air inquiet, qui est-il ?

Lorsque l'homme se retourna pour lui adresser la parole, Kaleï ne savait quoi répondre face à l'incarnation de la Beauté face à elle. Le nez fin, les yeux bridés sombres, les cheveux aux combiens de mèches rebelles marrons et noirs, un dégradé majestueusement bien coupé. Un kimono sur le dos pour couvrir cette silhouette si bien déssinée. Ce fut la bouche légèrement ouverte et le regard déraillant du petit à l'homme devant elle, et vice et versa qu'elle décida plutôt de se taire. L'homme lui proposa un marché : sauver le petit frère de Kaleï, si en échange, elle lui offrait ses services. Mais quel genre de service ? Kaleï s'en moquait totalement à vrai dire. C'est sans jamais lui faire entendre sa voix qu'elle accepta d'un signe de tête. Sans se douter bien sûr, qu'elle était totalement en train de se faire manipuler, juste pour satisfaire les besoin de cet homme.

Le bel homme emmena Kaleï avec lui. Lorsqu'elle se regardait à côté de lui elle se sentait tellement ringarde : il était parfaitement bien habillé, tellement beau, l'air hautain, bien plus grand qu'elle. Tandis qu'elle ... C'était une petite jupette à dentelle transparente, où l'on pouvait apercevoir le début des ses sous-vêtements. Une veste plutôt sportive, a col roulé, dont elle n'était pas vraiment fan des couleurs. Les cheveux en batailles, attachés par une petite pince pour les relever, et son chapeau qui ne la quitter jamais, pour lui réchauffer le front, et les oreilles. C'est en se promenant dans les quartier riche de Tokio-II qu'elle se sentait encore plus humiliée. Mais très vite, ils entrèrent dans la maison close de Eliezer. D'ailleurs, Kaleï ne savait pas ce qu'était une maison close...Elle entra dans un bureau. Il était juste beau. Malgré que les meubles soient usés, Kaleï étaient impréssionnée, la taille de la salle devait faire sa salle de bain, plus les deux chambres. La poussière n'existait pas ici, et tout était parfaitement rangé.

Elle regarda la feuille que l'homme plaçait sous son nez et attendait d'un air impatient. Avec une grande délicatesse, elle prit le crayon dans ses mains, le regarda bizarrement, et le plaça correctement entre ses fins doigts de fée. Sans lire le contrat, Kaleï qui pensait qu'en écrivant juste son prénom, la vie de son frère serait sauvée... Elle plaça la mine sur le bout de papier, et commença à tracer petit à petit son prénom, puis son nom. Un trait fin sous le A, et Kaleï posa le stylo et leva la tête vers Eliezer.


" Voilà ... Merci pour tout ... "

Cette scène aurait pu être marrante. C'était d'un ton naïf et d'une petite voix, que Kaleï croyait totalement en la promesse d'Eliezer. Cet homme pourtant, lui rappellait étrangement quelqu'un, ou plutôt ses cheveux... Kaleï l'admirait sans cesse, comment Dame Nature a t-elle pu être aussi généreuse avec lui ? Elle se leva de la chaise où elle était assise sans quitter pour autant les yeux sombres de Eliezer qui en disait long sur lui : une soif de pouvoir, on pourrait croire qu'il avait envie de conquérir le monde. Kaleï ne comprenait pas... trop naïve, elle se faisait tout simplement manipuler comme une vulgaire marionnette tiré par les fils qu'Eliezer détenait dans ses fines mains.


Dernière édition par Kaleï Rozen le Mar 4 Mar - 13:02, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Un nouveau contrat, de nouvelles possibilités [PV]   Dim 2 Mar - 22:13

[Largement oui! Tu vois, c'est pas si terrible v__v Surtout quand on est aussi talentueuse que toi! J'insiste! xD Nous sommes forts pour "tricoter" sur ce forum! =3 ]

L’attente était plus qu’énervante, et frénétiquement, le peton droit et relevé de notre proxénète tapotait contre le bois du bureau. La vitesse du tapotement s’accélérait au fur et à mesure que Kaleï approchait ses doigts féériques du stylo de marque pour ensuite poser délicatement son poignet sur la feuille, griffonner les lettres qui l’identifiaient et la rendaient authentique. Sans plus attendre, dès qu’elle se redressa, Eliezer décroisa avec légèreté ses jambes, alors que le tissu de son kimono virevoltait gracieusement autour d’elles, avec une paresse et une nonchalance sans précédent. Cette sensualité qui émanait de lui était naturelle, et forcément, il ne s’en rendait pas compte puisqu’il ne la cultivait pas d’une quelconque façon. Le résultat était là, des années à réfléchir sur soi, à se poser des questions sur le monde qui nous entourait pour finalement être un adulte respectable. Les accoudoirs de son fauteuil en cuir permettaient d’y apposer ses bras, sur lesquels on aurait pu surprendre plusieurs traces des piqûres qu’il s’infligeait pour se droguer. Cependant, actuellement, les manches longues de son accoutrement pour le moins excentrique et original camouflaient habilement ce détail. Et lorsque le dompteur de libertins enfouit sa main droite auprès de la manche de son bras gauche, il effleura quelque peu les plaies violentes qu’il s’était fait, dans une crise de manque insoupçonnée par ses employés. Si l’on connaissait ses faiblesses, évidemment qu’on en profiterait pour le faire chuter de son piédestal. C’était pour cette raison qu’il usait quelques fois de son ingéniosité pour se cacher, non seulement par vergogne mais aussi parce qu’il prétextait le fait qu’il était intouchable.

Après avoir décroisé ses jambes avec la grâce d’une ballerine dansant au rythme d’un chanteur lyrique, il s’appropria plus ou moins violemment la feuille. Ses yeux firent face à sa ravissante signature puis, l’enfouissant nouvellement dans la liasse de papiers où elle se mélangea à d’autres documents administratifs, il s’approcha de son bureau, joignit ses mains en entremêlant ses doigts pour déposer sur leurs dos son menton pointu. Une langue gourmande et discrète entrouvrit ses lèvres, les sépara et caressa curieusement l’inférieure, tandis que ses coudes reposaient durement sur la matière du meuble. Pour la énième fois, une main furtive et baladeuse ouvrit un tiroir tandis que la deuxième persistait à soutenir le doux visage légèrement fiévreux de notre proxénète. Ses doigts longilignes parvinrent à heurter un genre de bloc notes, où étaient marqués divers noms de diverses personnes, toutes plus avides de plaisirs charnels les unes que les autres. Un éclair de malice passa dans ses mirettes légèrement violacées, peut-être pourpre ou qu’importait leur couleur, il délia sa langue pour lire à voix haute :


« Bien, Kaleï Rozen. Je vois que vous êtes obéissante et confiante, alors vos premiers clients seront plutôt banaux pour commencer. Je n’aimerais pas vous infliger des hommes voire des femmes trop exigeants. Car qu’il s’agisse du sexe féminin que du sexe masculin, ils cherchent tous les deux la même chose en se présentant ici. »

Il crut surprendre un semblant de stupéfaction dans les agissements de Kaleï, déjà debout, prête à partir, visiblement prise de court par ce qui était en train de lui arriver. Il devinait sa consternation, et c’était l’effet voulu. Car après tout, c’était le prix à payer. Croyait-elle pouvoir s’en sortir comme cela ? Tous les hommes étaient viles, et comme le dit si bien la devise de ce forum RPG, on ne pouvait pas tomber aussi bas. Alors comment Kaleï allait-elle se mettre dans la tête qu’il ne fallait faire confiance à personne ? Probablement d’aucune façon convenable. Puisque sa naïveté égalait sa beauté. Par conséquent, elle était grande et prenait une ampleur considérable chez elle, ce qui était navrant pour elle mais encourageant pour son interlocuteur sournois.

« Hé bien quoi ! D’après mes « mouchards humains », votre prestation sous le pont des SDF a prouvé que vous vouliez travailler pour le compte d’un proxénète, non ? Alors bienvenue parmi nous, Kaleï ! Si vous vendez votre corps de la manière la plus sulfureuse et coûteuse qu’il soit, je vous promets de libérer votre frère de sa maladie. Je suis la clef de sa guérison, alors ne me faites pas faux bon ! Vous payerez le traitement en offrant ce que vous avez de plus beau, c’est-à-dire votre corps, alors au boulot ! Je vous surveillerai en personne, dans un premier temps… »

Ben voyons, si l’on employait une ravissante demoiselle telle quelle, autant se rincer l’œil par la même occasion ?! Non ?

Pour toute réponse au petit silence la seconde protagoniste, Eliezer se leva en adoptant une attitude de sale enfant gâté snobinard, parfaitement hautain et imbus de sa personne. Puis, sans demander son reste, ordonna d’un geste de main à Kaleï de le suivre. Hors de cette pièce, ce serait le début d’un cauchemar et Kaleï aurait dû le remarquer dès lors qu’elle avait franchi le seuil de cette maison, munie de plusieurs étages dont le plus haut appartenait entièrement à son propriétaire. Le sourcil droit arqué, Eliezer fit mine de s’intéresser à ce qu’elle pouvait penser tout bas et vouloir dire tout haut, et d’un ton qui se voulait plus ou moins indulgent et compréhensif, il demanda en tant que BBT manipulateur :


« Vous avez quelque chose à dire peut-être ? Avant « d’entrer en scène » ? »

Et il attendit, le sourire statique, le visage et le buste tout juste inclinés, permettant ainsi à la nouvelle prostituée de Son’Gen’S House de se rendre compte de l’immonde être qu’il pouvait être. C’était peu dire de considérer cet homme comme immonde, il était plus que cela ! Aussi puant qu’un cadavre en décomposition, qu’un garou au visage déchiqueté, aux yeux brûlés vifs et aux lèvres pratiquement inexistantes sur son visage. Tant de laideur adroitement recelée sous son infinie beauté qui, malgré la présence de la drogue, ne faillait jamais !
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MessageSujet: Re: Un nouveau contrat, de nouvelles possibilités [PV]   Lun 3 Mar - 1:18

La sensualité que dégageait Eliezer plaisait particulièrement à Kaleï. Le moral revenait petit à petit, elle tentait tant bien que mal d'oublier cette mauvaise expèrience qu'elle avait vécu. Naïve, voire trop, elle ne se doutait jamais du mensonge qu' Eliezer allait lui faire endurer. Dès l'instant où elle avait franchie la porte, elle était fichue, telle une âme passant par les portes de l'Enfer, où là, haine et colère se mélangeaient si bien, pour hanter cet endroit sombre, dénué de charme et d'harmonie, tandis qu'ici, c'était le mensonge qui sentait à plein nez, dans le bureau du grand Eliezer. Kaleï était malheureusement, psychologiquement, la copie conforme de celle qui lui avait offert la vie, elle était d'une naïveté, mais jamais on avait abusé d'elle, son petit minois, la protegeait souvent, comment résister à ce regard mélancolique, ces yeux larmoyants, cette peur si bien exprimée ? Un léger sourire sur les lèvres de Kaleï apparaissait chaque minute qui passait sur le cadran d'une horloge, elle se décida finalement à signer, pour la survie de son petit frère.

L'homme prit violemment la feuille pour la ranger. Kaleï le regardait, impressionnée, le regard interrogateur. Elle suivait de ses yeux bleus chaques gestes que ses lèvres pouvaient faire. Forcément, quand il les écarta avec sensualité, pour passer la langue sur l'inférieure, la jeune fille baissa les yeux de sorte à admirer la dentelle de sa jupette. Elle avait vraiment l'air d'une prostituée. Elle en avait honte... Les joues rosies par la chaleur, la timidité, et la beauté déconcertante du jeune homme. Kaleï baissait légèrement la fermeture éclaire de sa veste, laissant ainsi son cou se dévoiler au grand jour. Il avait le même teint que son visage, et de fines goutelettes coulaient pour aller se glisser sous le tissu de la veste de Kaleï, que celle ci s'empressa d'essuyer pour en effacer cette sueur qui lui devenait insupportable. Seul le bruit de la fermeture bientôt cassée se fit entendre aux oreilles des deux personnes présentes dans le bureau. Puis, le bruit se stoppa, Kaleï l'arrêta pile au-dessus de la poitrine, étant donné que la catin portait de simples sous-vêtements en-dessous...

Kaleï releva les manches, où ses mains de fée s'étaient perdues dans cette laine noire, lui donnant ainsi un air bien plus timide, chose qu'elle n'était pas, bien évidemment. Elle regarda discrètement sur son bureau : des stylos, un bloc note dont diverses prénoms étaient anotés sur la feuille blanche, un cadre qui lui tournait le dos, quelques papiers, et son contrat... Un petit écriteau indiquait un nom, écrit avec de si jolies lettres, pour un si joli nom ... Eliezer Ethen. Kaleï releva les yeux, il semblait que ce cher homme se nomme ainsi... Puis il bougea de nouveau les lèvres, son attention se fondait uniquement sur celles-ci, si belles, si fines... Kaleï l'écoutait, d'abord les sourcils fronçés, puis petit à petit, ses yeux devenaient de plus en plus gros et innocents, voire larmoyants. Elle n'osait même pas rétorquer quoi que ce soit. Il l'avait eue, c'était un fait, sa beauté était trompeuse, et ces yeux clairs, cachaient au fond d'eux, une haine méprisable envers le sexe féminin, une haine qu'il arrivait à faire passer à son interlocutrice qui, aux premiers abords, n'aurait jamais cru une telle chose de l'homme... Elle venait d'offrir son corps, et elle allait devoir continuer pour sauver une vie qui n'est pas la sienne. Kaleï était vaincue, rabaissée de nouveau, de plus, elle ne savait plus quelle réaction utiliser face à Eliezer. Le sourire aux lèvres, il devait se sentir vainqueur et encore fier d'abuser de ses pouvoirs face à de pauvres innocentes fragiles comme celle-ci.

Ce qui sortit Kaleï de ses gonds, c'est que celui ci fasse allusion à sa mésaventure sous le sinistre ponceau, qui malgré tout, était impossible à sortir de son esprit. Kaleï en avait les larmes aux yeux, elle enleva son bonnet, et le jeta sur la chaise encore chaude, où elle s'était posée pour signer le pacte avec Satan, en personne. Une longue chevelure mal coiffée, d'une couleur des plus noires, et des mèches si mal coupées, s'en échappait, pour tomber dans le bas du dos de la demoiselle, ils étaient abîmés, mais tellement soyeux... Le teint encore plus rosie par la colère qui s'était entièrement emparée du corps de la jeune adolescente, qui, par un excès de haine, serra les poings tellement fort derrière son dos, qu'elle en attrapait mal. A présent, elle était juste considérée comme une simple belle-de-nuit.


" Je fais cela dans l'unique but de sauver la vie de mon pauvre petit frère, j'accepte de faire cela seulement si j'ai la garantie qu'il restera en vie, il est encore jeune... "

Kaleï s'éffondra, la tristesse l'emportait toujours sur elle, trop fragile, elle ne supportait pas la victoire de l'homme face à elle. Elle s'appuya contre le mur, et se laissa glisser pour tomber sur le sol, et regarder l'homme dans les yeux, peut-être pour tenter indirectement de le persuader que ce genre de chose n'était pas du tout fait pour elle. Mais après tout, un proxénète prendrait-il pitié d'une fille des rues, d'une racoleuse encore indécise de son destin, et toujours inapte pour ce qui est de protéger le destin de sa fratrie ? Chétive depuis la mort de ses parents qu'elle a vite saisi... Eliezer Ethan abusait d'elle comme une vulgaire poupée avec qui l'on se diverti sans sentiments.

L'homme la provoquait, rien qu'avec son regard, son sourire, il ne le faisait sûrement pas exprès, mais telle le Diable, il lui volait une chose qui lui était chère : sa vie. Pourtant, dans le fond, Kaleï se disait qu'il n'était pas si sournois que cela, et qu'il allait sûrement prendre pitié d'elle, quelle innocence... On n'avait jamais vu autant de candeur chez une demoiselle qui venait tout juste de tomber dans un affreux guêpier. C'était courant lorsqu'elles venaient d'entrer dans le monde des adultes, mais, elles savent tout de même faire preuve de méfiance, tandis que Kaleï, elle qui a toujours baigné dans la confiance, et dans l'honnêteté, n'arrivait pas à discerner si l'on abusait d'elle, ou si on voulait juste être franc envers elle. Jamais l'on avait trahi la confiance de la demoiselle, et toujours l'on restait honnête face à elle, même si cela pouvait s'avérer coûter cher...


" Je... Euh... non... rien à ajouter mais... de quelle entrée en scène parlez vous ? "

Toujours avec cette petite voix, Kaleï tournait la tête à droite et à gauche, cherchant peut-être une personne invisible qui allait sortir du mur et lui faire subir la même chose qu'elle a déplorablement éprouvé il y a peu. Elle se colla au mur et essuya ses larmes presque inaperçevables. En entrant ici, elle avait bien évidemment fait une grosse erreur... Mais croyant toujours que son petit frère aura la vie sauve, si en échange, elle offrait ses services, et assouvissait les moindre désirs aux hommes ou aux femmes assoiffés de cet drogue qu'est le sexe, la jeune fille de joie devait se résoudre à accepter, vivant dans l'ignorance et dans la foutaise de ceux qui abuseraient impitoyablement d'elle...
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MessageSujet: Re: Un nouveau contrat, de nouvelles possibilités [PV]   Mer 5 Mar - 22:43

Il y eut comme un hic, puis des sanglots, des pleurs, une masse corporelle et gracieuse qui s’échoua lamentablement sur le sol comme une larve que l’on écraserait sans pitié. Quant à lui, il restait digne, droit et majestueux, ne se préoccupant nullement de ses supplices, résultats de sa stupide naiveté. Voir pleurer les gens le rendait tout à fait indifférent, que ce soit une princesse à sauver, un gigolo d’une beauté incommensurable, ou une adolescente comme Kaleï, dénuée de toute pertinence. Cependant, si sa pertinence ne résidait pas dans son cerveau, elle occupait ses gestes d’une beauté sans égale, surtout lorsqu’il s’agissait de son petit frère. Elle était prête à soulever des montagnes, mais voilà. Transportée par ce sentiment fraternel décuplé par dix, elle s’était laissée envoûter par ces ailes qu’il lui avait conféré. Et maintenant qu’elle s’était échouée sur un territoire qui ne lui convenait pas, elle faisait un caprice. Pour toute réponse à ses pleurs, Eliezer aurait voulu la gifler, la supplicier jusqu’à ce que mort s’ensuive, quitte à faire de son corps une immondice qu’il forcerait les autres d’apprécier. Toutefois, elle était son précieux comme dirait un dénommé Golum, et ça, il ne le laisserait pas passer. D’un œil particulièrement insensible et difficilement cernable, il la fixa obstinément, tout en la persuadant d’arrêter sa comédie. Il ne faillirait jamais à son rôle, le contrat était signé, elle ne pouvait plus reculer. Libre à elle de vouloir s’enfuir sur la pointe des pieds, il s’arrangerait pour retrouver sa trace quoiqu’il arrive. La convoitise régissait ce monde, tout comme l’argent participait avec véhémence à la vie de chacun d’entre nous sur cette Terre. Le marché de la chair était l’un des plus convoité avec la drogue, et tant qu’il y avait une place, notre proxénète ne reculerait devant rien, quitte à faire souffrir son prochain. Kaleï aurait pu l’injurier de tout son cœur, le harceler, le blâmer, psalmodier d’injustifiées menaces, qu’il n’aurait pas cillé d’un poil et ce serait contenté d’attendre que l’orage ne passe. Toujours inerte face à elle, il attendit patiemment qu’elle se calme. Impertubable, ses bras tombant le long de son corps et demeurant ballants, il faisait preuve d’un self control à toute épreuve. Et évidemment que ce qui coulait dans ses veines regorgeant de sang y était pour quelque choce, puisqu’il n’y avait rien qui puisse agir sans le présent sans un quelconque facteur l’entraînant. A chaque faits et gestes, ses conséquences.

« Voyons, ne faites pas cette tête là. Votre adorable visage risquerait de rougir grossièrement. Ce n’est pas le moment de regretter votre geste. Penser à ce petit frère qui vous attend ?! Comme vous le dites si bien, vous faites tout cela pour lui. »

Un sourire espiègle et bourré de reproches se dessina sur son visage fermé et souillé par le monde des adultes. La dureté de l’univers où il persévérait égalait la perversité qui en découlait. En bref, il était d’autant plus manipulateur que son amour pour son péché mignon destructeur le conduisait à des actes quelques fois irréversibles, comme son frère jadis, lorsqu’il se jouait habilement de ses souvenirs d’Ecosse.
Maintenant que la demoiselle prenait conscience de sa situation, elle regardait à droite et à gauche, frénétiquement, sous le regard plein d’incompréhension d’Eliezer. Ce dernier pencha curieusement la tête sur la droite, à la recherche d’une explication plausible, suite à cet agissement plutôt déconcertant. Elle paraissait égarée, complètement à l’Ouest même. Peut-être s’imaginait-elle que les clients sortiraient miraculeusement des murs ? Du bureau peut-être ? Dans un soupir qui en disait long sur son humeur, le proxénète s’empressa de l’agripper nouvellement par le bras, la forçant à se relever. Pour continuer dans ses actions parfois pleines d’insultes et voulues humiliantes et gênantes, il l’épousseta en donnant des coups multiples sur son « costume » d’Esmeralda, belle de nuit dans un futur pas si lointain que cela. Il souffla de mécontentement, dégonflant sa poitrine finement musclée, saillante de seur suite aux effets plutôt extravagants de cette substances, le conduisant dans un Eden Artificiel. Les mains tantôt sur les hanches, d’autrefois arrangeant quelques détails sur le corps de la demoiselle, comme un bout de tissu froissé ou quoique ce soit d’autres, il démontrait une envie de bien faire. Une application à inciter les clients à aimer ses prostitués parfaitement domptés. Puis, d’une façon moqueuse il prononça à l’attention de la demoiselle :


« Je vous laisse savourer la suite des évènements…vous souhaitez connaître la signification de l’expression « entrer en scène » ? Alors vous n’allez pas tarder à la connaître, et vous la mémoriserez plus rapidement que vous ne le pensez ! Je peux vous l’assurer, mademoiselle Kaleï Rozen ! »

Il ouvrit la porte du bureau qu’il quitta d’un pas léger.
Si on ne le connaissait pas sous ses bons ou ses mauvais jours, on aurait pu penser qu’il sautillait de joie ou trépignait mortellement d’impatience. Ses gestes étaient vifs, ses mouvements plutôt fluides certainement à cause du tissu ample de son kimono aux couleurs chaudement orientales. Ses mèches caressant lascivement sa nuque étaient néanmoins humidifiées par la transpiration sécrétée par une ribambelle de facteurs que nous ne citerons pas. Avoir la responsabilité d’une maison close abritant un groupe de dépravés, qui n’avaient qu’une envie, de se tailler la route pour obtenir la liberté, était une charge plus que perturbante. Et notre proxénète savait à quoi s’en tenir, maintenant qu’il avait repris en main cette bande de libertins impénitents, certainement trop habitués à leur profession pour s’en défaire. Ils avaient beau jouer les martyres à la perfection, Eliezer se doutait bien qu’en cas de déprime, un joyeux et ivre client ne leur faisait jamais de mal. Et rien que d’imaginer les poupées nocturnes jouir de ce plaisir qu’il aurait voulu assassin et mortel, il avait quelques haut-le-cœur très prononcés. Subitement, il sentait son cœur se serrer et se poster au bord de ses lèvres, lui en faisant voir de toutes les couleurs. La vision des femmes, il l’exécrait au plus haut point et on se demandait comment un homme tel que lui pouvait aimer, au moins une fois dans sa vie. Aucun sentiment pour personne, jusque quelques jouissances éphémères dont il se délectait sur l’instant, pour les ignorer catégoriquement des heures après. Ce qui créait ce déséquilibre, tout le monde s’en doutait, c’était son péché mignon mais aussi le poids de son passé, lourd était-il. Il pesait si fort qu’il venait à se pencher en avant comme pour atténuer la lourdeur de ce fléau, de ce boulet qu’il traînait derrière lui à l’aide d’une chaîne invisible. C’était l’héritage de son frère, de son père et de son oncle Donovan, celui de qui il tenait pour bon nombre de ses caractéristiques. Toutefois, qui aurait pu se douter que la réincarnation du Grand Manitou, serait aussi un mélange de tout et de rien ? Ce qui le rendait presque parfait, car évidemment, la perfection était un vilain défaut. Elle suscitait la jalousie et la haine que l’on vous portait, sans que vous ne puissiez la freiner d’une quelconque manière.
Les corridors de la Maison de la Dignité défilaient sous ses yeux. Il les connaissait par cœur, chaque coin et recoin de chaque pièce n’avait plus aucune confidence pour lui. Il avait appris à les reconnaître de loin, par leurs odeurs, par leur décoration, mais aussi par l’atmosphère qu’ils dégageaient sensiblement à cause de la présence de ceux qui les envahissaient. Il méprisait ces êtres infâmes qu’il employait, mais en même temps, il les adorait et les chérissait en leur faisant manger un plat bien chaud tous les soirs, parce qu’ils étaient son gagne-pain. Ses jouets à proprement parlé. Une façon de se remplir la panse sans trop se fatiguer. Une manière de se pavaner sur l’or des autres, de jouir sur le malheur des autres et au final de s’approprier un trône qui ne lui appartenait pas. Ou du moins, pas véritablement.
Lorsqu’il rencontrait une demoiselle revenant de son travail, il lui demandait son argent d’une manière peu délicate, sans que la pauvrette n’ai le temps de s’expliquer. Il semblerait qu’elle n’ai ramené aucun salaire digne de ce nom, et râlant silencieusement, le proxénète passa son chemin en lui ordonnant de revenir avec quelques yens en poche, quoiqu’il arrive et cela dans le courant de la journée, avant que minuit ne sonne. Il poursuivit son chemin en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, s’assurant que Kaleï suivait toujours le rythme malgré les péripéties qui les empêchèrent d’arriver au but. Finalement, tout s’accéléra lorsque Elie acheva de descendre les dernières marches du dernier escalier, celui qui menait au rez-de-chaussée de l’immense bâtiment lui servant d’habitation. Une demeure luxueuse, mais qui émanait un mal-être apparent. Probablement celui que tous les habitants de Tokio-II ressentaient inéluctablement, comme possédés par un Démon du passé dont ils ne se déferaient jamais.


Tout ce suspens pour pénétrer dans un autre couloir, toujours aussi pompeux en apparence mais plus large que les précédents parcourus par nos deux protagonistes. Au bout de ce sinistre endroit se trouvait une porte, plutôt épaisse et dont le bois paraissait particulièrement raffiné. On ne put s’éterniser longuement sur ce détail puisque, telle une furie enragée, Eliezer la poussa avec une énergie insoupçonnée dans ce corps chétif et fragile par sa maigreur…

« Voici votre…salle de spectacle, et vos tendres admirateurs que voici ! Normalement, je les avais sélectionné spécialement pour d’autres de vos futurs collègues. Cependant, je voulais vous faire comprendre qu’il n’y a pas de sous-métier, et que chaque profession demande sa part d’exigences. De toute façon, vous n’avez plus rien à dire puisque le contrat est signé. Il ne vous reste plus qu’à expérimenter le don du plaisir que vous ferez à ces hommes et ces femmes, que j’ai convié personnellement, évidemment. Ce n’est guère dans mes habitudes de faire venir les clients directement dans la Son’Gen’S House, puisque le concept est que chaque employé va sur le trottoir fait pour, et cible ses proies. Votre contrainte est, que là, je vous les impose. »

Le lieu ressemblait à l’une de ces petites salles que l’on aménageait pour les personnes bénéficiant d’un passe VIP. Il était élaboré de la manière suivante. Un mur rougeoyant, recouvert d’un tissu exprimant toute la passion de ce vice qu’était le sexe, et tout l’aspect sulfureux de la chose. Pour égayer et réchauffer l’ambiance, ce ne fut pas l’électricité qui fut engagée pour ce rôle mais des cierges dont la cire fondait systématiquement sous l’embrasement d’une flamèche, se mouvant au rythme des corps s’entremêlant. Pour compléter, un ensemble de salon constitué d’un sofa d’angle de la même couleur que les murs, quoique plus foncé, et un immense pouffe permettant probablement au prostitué de faire son manège et de se munir d’un accessoire pour stimuler les esprits. Une étrange odeur, agréable et sensuelle flottait dans l’air étouffé par la chaleur émise par le feu installé de part et d’autre de la pièce, et les personnes l’occupant étaient d’une froideur à toute épreuve. Deux visages. Une femme, un homme. La femme était une blondinette, convenablement vêtue et qui devait probablement faire partie d’un rang suffisamment élevé pour s’offrir ce plaisir. Sa chevelure légèrement ondulée et ses yeux océaniques sans omettre son visage rondouillard lui procuraient un aspect enfantin. A côté d'elle, un homme dont on se doutait bien que son regard était avide de nudité et de jouissances nocturnes. Tous deux assis de manière incongrue, ils étaient disposés à se faire amadouer par cette créature, toute repliée sur elle-même, que leur présenta leur hôte. Eliezer prit la parole tout en poussant devant lui Kaleï, afin qu’elle soit mise sur le devant de la scène.

« Je vous présente Kaleï, elle sera votre compagne de « journée » comme on dit. Traîtez-la bien, car la pauvrettre inaugure notre Maison. C’est pour cela que je vous demande d’être indulgents avec elle, à votre manière bien entendu. »

Puis adressant un murmure à Kaleï à qui il intima ces quelques conseils :

« Le but du jeu est simple, soutirez-moi le plus d’argent possible de ces types là. Soyez aguicheuse, servez-vous de votre physique car il est avantageux. Usez de votre regard mi-naïf mi-audacieux, ça les fait fondre comme du beurre. La plupart du temps, ils aiment les mystères. Autant chez les hommes que chez les femmes, les fantasmes se rejoignent à quelques détails près. Allez zou, au boulot ! »

Eliezer s’éclipsa tandis qu’il décida à la dernière minute de prendre une seconde prostituée à la volée, histoire d’équilibrer le jeu et d’alléger le travail de Kaleï. De plus, deux clients pour une personne, ce ne serait pas très commode pour une nouvelle apprentie. Alors autant apaiser la panique qui devait emplir l’esprit de celle qui voulait sauver son petit frère à n’importe quel prix !
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