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You • Couldn't • Ever • Fall • Lower


 
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 Edward [Gigolo]

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MessageSujet: Edward [Gigolo]   Lun 3 Mar - 14:02

I. Identité
  • Nom : Il ne le connait pas.
  • Prénom : Edward
  • Âge : 16 ans
    • Date de naissance : 2 avril

II. Contexte Historique
  • Nationalité : Anglo-japonais
  • Famille :
    Une famille, c'est avant tout composé d' un Papa et d' une Maman. Celle d' Edward ne fait pas exeption à la règle. Bien qu' elle ne fût cependant pas tout à fait heureuse et unie.
    Premièrement, il y a la mère. Celle qui était sensée l' aimer. Celle qui était sensée le protéger de toutes les misères de la vie. Enfin. Sa mère, Hiroko. Cette putain. Cette camée, celle-là, celle qui ressemble à toutes les autres, celle qui semble toujours ailleurs, celle qui a sur ses bras des traces de piqures, celle qui n' a jamais de clients, celle qui se fait battre par son proxènete, celle qui est devenue trop veille pour son boulot, mais qui essaye de continuer, car elle est pleine de dettes. Celle enfin qui est morte quand son fils avait onze ans, celle qui l' a condamné à faire son propre métier.
    Et puis, il y a le père. Celui qui est venu au Japon avant la fermeture. Celui qui est arrivé vers ses vingt ans, en voyage, ce riche anglais, qui se trouve enfermé dans cet enfer.
    Bien vite, il trouve sa place. Devenu proxènete, il gagne sa vie au détrimant de celles des autres. Il a ses favorites, et parmis elles, la mère d' Edward; Hiroko, à l' époque où elle se remarquait par ses traits fins et ses formes attirantes. Il la traite assez bien, et souvent, lui donne ses faveurs. Un jour, elle tombe enceinte. Le proxènete a soixante-dix ans environ, à la fin de sa vie, et meurt avant même la naissance du fils qu' il ne connaitra jamais.
    Hiroko ne sait pas de qui est l' enfant, mais déduit par ses cheveux roux que c' est celui de l' anglais. Elle est racheté par Mattew, et commence à se dégrader, se plongeant dans la drogue.


  • Histoire :

    Tous les jours j' attends la nuit,
    Et je t' oublie.


    Elle monte doucement, s' évapore, et c'est dans un rire amer qu' elle pense que c'est vraiment beau.
    Et voilà. Encore retombée. On ne le voit pas venir. La tentation est toujours là, elle s' approche, et finalement, il devient impossible de lui échapper tant l' envelope qu' elle a adopté est attirante.
    Les yeux rouges, la pupille dilatée, la femme essaye de suivre la fumée qui s' échappede ses lèvres gercées.
    Elle s' éleve vers le plafond, vers le ciel infini, se fraye un chemin à travers l' apesanteur, en trémoussant son corps aérien, selon ses humeurs légères et insouciantes. Elle semble si vivante, est dotée d' une volonté propre, et malgré sa couleur si terne, ce savant mélange de noir ébène et de blanc immaculé, semble éclatante de vie.
    La femme, comme hypnotisée, bouge enfin, dans un effort intense, un moment d' ultime lucidité, et elle essaye en vain de tendre son bras maigre vers l' objet de son désir, mais il s' échappe, la femme ne le touche pas. Pourtant, elle la voit qui sort de son corps, la voit s' envoler de sa bouche, elle la sait réelle, mais l' autre l' évite, l'autre se joue d' elle, et cette course est perdue d' avance.
    La jeune femme plie douleureusement son bras aux taches violettes, porte son joint à sa bouche, et essaye de s' oublier elle-même, jusqu' à oublier la beauté de ce monde qu' elle ne voit plus, qu' elle ne veut plus voir.

    * * * * *


    Avec ses cheveux rouges, on ne voyait que lui. L' enfant de la camée. L' enfant de l' occidental. Ni vraiment japonais, ni vraiment anglais, il ne trouvait sa place nul part. Et ce n' était pas cette femme qui allait l' aider.
    Il la regardait, de ce regard froid et dur qui n' appartenait pas à un enfant de cet âge là. Il regardait celle qui l' avait mis au monde se détruire sans vraiment comprendre, sans vraiment s' en soucier. Que pouvait-il faire, à part la regarder ? Il ne pouvait même plus pleurer. Même plus s' inquieter. Parce qu' il ne la connaissait que comme ca. Sa mère, ce n' était que cette épave. Cette épave qui ne le voyait plus. Qui ne le regardait plus. Il n' y avait plus d' espoir.
    Mais comment l' accepter, quand on a à peine dix ans ? Eh bien c'est simple, on ne l' accepte pas. Alors, pour sa mère, le petit Edward oubliait sa tristesse. Il s' obligeait à ne pas baisser les bras. Il s' obligeait à continuer à appeler « maman » cette femme qui lui demandait de l' appeler Hiroko. Il s' obligeait à sourire à son regard rouge. Il s' obligeait à la défendre contre les coups de son proxénète. Il s ' obligeait à faire semblant d' être heureux. A être insouciant. A cacher ses pleurs, ses yeux brillants de larmes. Ce n' était pas encore un homme, mais ce n' était plus vraiment un enfant.
    Ce n' était que le fils de cette pute droguée, ce gamin étrange aux cheveux rouges. On se demandait pourquoi il restait encore avec elle. Comment il faisait, petite chose de dix hiver, pour supporter avec tant de courage les coups du proxénète. C' était si simple. Mais c' était une notion que beaucoup de gens sous le dôme avait oublié. Il aimait la vie. Il l' aimait tellement. Il l' aimait autant qu' il aimait la neige qu' il rêvait de voir, autant qu' il aimait sa chère mère, autant qu' il aimait sa jolie voisine, autant qu' il aimait ses cheveux roux.

    L' enfant aux cheveux rouge regardait sa mère se détruire. Entouré lui aussi de cette fumée enivrante, il y résistait pourtant admirablement. Dans ce petit bordel enfumé et fréquenté uniquement par des junkis, on tolérait la présence du petit. On avait quelque fois pitié de lui, quelque fois on lui donnait un peu de pain sucré, qu' il machait en riant, de ce rire aigu et adorable. Il était mignon. Quelque fois même, on lui glissait quelque sous en échanges d' un ou deux calins.

    Cela faisait bientôt une heure qu' il la regardait de ce regard là. Peut-être était-il trop fatigué pour faire semblant, ce soir-là. Quoiqu' il en soit, il en faisait presque peur. Il n' y avait plus cette innocence rafraichissante dans ces yeux.
    Et on n' osait pas l' approcher. Il se tenait droit comme un piquet, il observait le monde de ces yeux noisettes avec une froideur exemplaire. Une heure. Pour un adulte, ce n' est pas grand chose. Pour ces junkis, ce n' est qu' une seconde. Pour un enfant de dix ans, c'est une éternité. Et il attendait qu' elle se finisse, cette éternité. Pourquoi ? Pourquoi continuer à attendre ? Lui même ne le savait pas. Mais il fallait attendre. Il fallait attendre. Que Maman se remette, que Maman le ramène à la maison, que Maman arrête son délire. Mais ils n' avaient plus de maisons.
    Soudain, Edward soupira. Il passa longuement sa main dans ses cheveux. Il semblait revenir à la vie, il lachait enfin ses yeux percants du corps cassé de sa mère. L' athmosphère se détendit un peu autourd de l' enfant, et il sourit chaleureusement au propriétaire du bordel. Non, il ne devait pas flancher. Non, il ne fallait pas. Il fallait rester de bonne humeur. Il fallait sourire. Ne pas oublier pourquoi il était là. Pour la soutenir. Oui, elle avait besoin de lui. C' était ce qu' il se répétait. Il fallait y croire. Il fallait sourire. C' était la porte de sortie. Alors, il se remit à sourire. Le propriétaire lui fit signe de venir le voir, le gamin s' avanca docilement, y alla en trottinant. L' homme lui pinca amicalement sa joue encore dodue, lui glissa quelques mots gentils. Intérieurement dégouté par ce gros porc qui fournissait sa mère, Edward rit de ce petit cri insouciant, et tira la langue en allant vers sa Maman.

    Il enjamba savamment les corps torturés, gambadait en souriant entre les clients qui s' entretenaient avec leurs putains.
    Enfin, il arriva à son hauteur. Elle leva ses yeux vides vers lui. Sa pupille était tellement dilatée qu' elle se voyait à peine. Maman, murmura l' enfant, résistant de toute sa petite force pour retenir ses larmes. La bouche de la femme s' étira en une sorte de sourire effrayant. Elle n' avait pas de clients, comme d' habitude. Edward regarda son corps pourri, laissant balader son regard sur les formes allongées et les seins tombants de sa mère. Ses bras maigres, les traces de ses bleus. Le petit garçon s' assit à ses côtés, et se glissa contre elle, essaya de placer sa petite tête rousse sous la main glacée d' Hiroko. Mais elle bougea à peine. Pas grave. Il en était persuadé, un jour, elle réagirait. Demain matin, ils rentreraient tous les deux à la maison. A la maison...
    L' enfant s' endormit en écoutant le rythme incroyablement rapide du coeur de sa mère. Mais ils n' avaient pas de maison. Ils n' avaient plus de maisons.

    Quand il s' éveilla au petit matin, le bordel dégageait cette odeur de phéromones qu' Edward ne savait pas encore analyser. Des gens étaient allongés, de la bave sortant de leur bouches suceuses. Tous dormaient, et l' enfant se sentait bien. La lumière du soleil traversait discrètement les rideaux écarlates, venait éclairer les cousins de velours rouge, et il baignait dans cette lumière vive. Ca lui allait bien, à cette adorable bambin, ces rouges, ces orangées pimpants.
    Il étira ses petites jambes, couina comme une petite souris, et enfin, déplaca doucement le bras de sa mère qui entourait son torse minuscule pour remplir son ventre qui criait famine. Il trouverait sûrement un petit bout de pain quelque part, non ?

    Débrouillard, c'est à peine sorti du minusule bordel encore enfumé de la nuit précédente que l' enfant faucha un petit quelque chose. Mais quel petit quelque chose ! Bien plus qu' il n' aurait imaginé, c'est une pomme qu' il trouva, une pomme qui roulait dans le caniveau, tombée par miracle des grosses mains d' un commercant. Edward regarda le fruit, émerveillé. Le vert étincelant et luisant de la pomme se reflétait dans ses petits yeux marons. Il la prit délicatement, comme si elle allait s' évaporer, et la fit tourner dns ses petites mains de singe, l' observant sous toutes ses formes, tous ses angles... Et enfin, ne pouvant plus supporter de la regarder sans la goûter, il avanca ses petites dents aiguisées et bien blanches, il attira la pomme vers sa langue si rouge, et elle se posa, luisante, sur la peau doucereuse du fruit, et enfin, enfin dans un geste magnifique, le petit enfant croqua, il croqua de toute sa minuscule force, il croqua de tout son petit coeur battant ce fruit rayonnant, il le croqua comme on croque la vie, à pleine dent, avec ce soupson de réticence qui rend l' ultime moment si beau, avec ce coeur qui bat si fort, qui semble vouloir exploser la cage qui l' enferme, pour s' envoler, pour toucher les pommiers, pour toucher les nuages, et finalement, la délivrance, quand les dents broient avec une prudence extrème le petit bout de paradis, que son jus acide et délicieusement sucrée, que ce mélange divin se répand avec allégresse dans sa petite bouche.
    Une fois son petit coeur calmé, l' enfant osa reposer son regard embrué vers l' objet, et vit en son sein, la trace blanche, l' immortaité de son passage, l' empreinte des dents et de sa petite machoire.
    Partagé entre l' envie de rire et de pleurer, partagé entre la joie de sa découverte et la tristesse que son appetit lui donnait à cause de sa trace écarlate sur la flanc de l' objet divin, Edward décida dans sa sagesse enfantine de réfléchir plus tard, et il glissa avec des gestes fins et précis le fruit merveilleux dans sa petite poche crasseuse. Un sourire au lèvre, il se mit à marcher en direction du bordel, passant régulièrement sa main droite sur sa poche droite, pour vérifier que la pomme ne se soit pas envolée. L' enfant faisait passer sa langue dans tout les recoins de sa bouche, arrachant ici et là un petit bout de peau verte égarée, la machant précautionneusement, l' avalant le plus doucement possible. Il aurait aimé que cet instant dura une éternité.

    Arrivé dans la ruelle, le roux se stoppa devant l' enseigne si familière en néon fushia. On ne voyait pas la porte, juste le lourd rideau de velours rouge, bien épais. Ensuite seulement ce rideau passé, on sonnait, et après quelques secondes, c' était Marika, l' hotesse pseudo-espagnole, qui venait ouvrir. Edward l' aimait beaucoup, parce qu' elle était jeune, belle, gentille. Elle lui faisait souvent des bisous, et l' enfant adorait être cajoler et caliner. Il aimait bien Marika.
    C 'est avec une gentille pensée pour la jeune femme qu' il tocqua contre la loude porte en bois. Il n' aimait pas sonner, parce que sinon, on penserait à un client. Alors, il toqua le plus fort qu' il put sur la surface ruguese, et attendit, impatient. Personne ne vient ouvrir. Edward recommenca encore. Encore. Rien.
    Ils devaient toujours dormir. C' était fréquant à cette heure là. L' enfant soupira. Qu' allait-il faire ?


Dernière édition par Edward le Lun 3 Mar - 14:18, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Edward [Gigolo]   Lun 3 Mar - 14:05

    Soudain, un bruit attira son attention et le fit se retourner. A l' entrée de l' impasse crasseuse, un homme de forte stature s' avancait vers lui. Le rouquin connaissait bien cette demarche, cette allure tout en muscle. C' était l' envoyé de Mattew. Le gamin ne savait pas son vrai nom. Tout son corps frissona quand l' homme à tout faire du proxènete fut à son niveau, et le regarda de toute sa hauteur. L' enfant n' osait pas bouger.
    Parce que Mattew et son homme de main, c' étaient des vrais méchants. Pas des méchants des livres, non, des qui font mal, qui tapent, des vrais, des grands. Sa voix grave et puissante envahit toute la ruelle :
    - Alors, petit Edward... riat-il en lui tapotant l' épaule, On se retrouve à la porte ?

    Le petit Edward en question se retint de ne pas tirer sa langue au méchant. Il répondit de sa voix fluette qu' il ne savait pas. Les gros sourcils de l' homme remuèrent, et son regard froid se posa sur le corps frêle du rouquin. Puis, après une minute qui dura une éternité, le géant frappa trois coups secs sur la lourde porte, trois coups qui résonnèrent dans la ruelle.

    Finalement, la porte s' entrouvrit. La voix geinarde du propriétaire grinca :
    - Nous ne prenons pas de client à cette heure !

    La grosse main poilue du baraqué s' avanca alors, empoignant le bois rapeux, et forca sans trop rencontrer de résistance l' entrée. Le petit propriétaire s' était déjà rendu compte de son erreur, et s' était effacé, s' inclinant bien bas devant l' ombre menacante de l' homme de main. Celui-ci empoigna le poignet frêle du fils de la putain, et cracha aux pieds du propriétaire. Devant son maître, il ne faisait pas tant le fier. Edward laissa échapper un petit sourire, et se laissa entrainer par l' homme.
    Ils zigzaguèrent entre les différents clients, et arrivés devant le dernier canapé non-occupé, l' envoyé de Mattew s' assit, regardant de haut ce qu' il allait bientôt posseder. Sa voix dure, terriblement grave, agressa le gamin :
    - Dis, p'tit... J' espère que ta mère a eu des clients, hier ?
    Edward hésita. Qu' il dise la vérité ou non, cet homme la découvrira tôt ou tard, de toute facon. Il murmura juste :
    - J' sais pas...

    Un sourire éclaira le visage de l' homme, et son rire tonitruant emplit la salle, provoquant içi et là quelques murmures endormis. Une fois calmé, il ordonna à l' enfant d' aller chercher sa putain de mère. Effrayé par la vocabulaire et le ton agressif de l' homme, le rouquin se précipita vers Hiroko. Il murmura « Maman » au moins une dizaines de fois avant que celle-ci n' ouvre un oeil parsemé de veines éclatés. Devant ce regard si familier, l' enfant sourit comme un soleil :
    - M'man, l' envoyé de Mattew veut te parler.

    En disant ces mots, l' enfant savait bien ce que l' homme de main allait faire. Il n' était pas si stupide. Comme d' habitude, l' enfant aviserait. Comme d' habitude, il ne supporterait pas de voir le corps cassé de sa mère se courber, de le voir prendre des positions difformes, d' entendre ses petits cris ettoufés sous le baton vengeur de l' homme du proxenète, et comme d' habitude, il essayerait de l' arrêter, comme d' habitude, il saignerait avec elle... Le gamin aida sa mère a se relever, et tous les deux se dirigèrent vers l' homme enfoncé dans le canapé de cuir.

    Et ce fut le drame. Drame quotidien, drame de tous les matins. Mais ce n' est pas parce qu' on est habitué à quelque chose que cela fait moins mal. La voix puissante de l' homme qui se mélait à celle plaintive de la maman d' Edward, et puis, l' homme qui se levait, qui sortait sa cane... Et les coups pleuvaient, pleuvaient avec une force incroyable sur le dos cassé de la camée, s' abattaient telle une sentence divine sur ses articulations veillies.
    Et l' enfant qui n' en pouvait plus, qui s' élancait pour protéger le corps déjà mort de celle qui l' avait portée il y a des années lumières de cela, qui essayait de la protéger tant bien que mal de son petit corps trop frêle pour la force des coups qui l' assallaient de toutes parts, et sa silhouette se tassait peu à peu, alors qu' on voyait sur le visage sombre de l' homme à tout faire un sourire qui apparaissait.
    Encore une fois, la femme était sauvé. Encore une fois, c' était son môme qui l' avait protégée. Encore une fois, elle survivrait. L' envoyé de Mattew aimait beaucoup ces deux personnages. Ils l' amusaient bien, au fond. C' était tellement drôle, de voir cette petite chose rousse essayant de défendre une chose déjà morte contre son bras vengeur. Le regard broussailleux du gros homme se posa sur le rouquin. Il était à ses pieds, se tordant de douleurs, tenant ses côtes. Et comme à son habitude, l' envoyé de Matt lui dit :
    - Tu ne seras pas toujours là pour la protéger... Et plus vite elle mourra, plus tu auras de temps pour éponger ses dettes ! Mwahahahahaha !
    Le sous-fifre du proxènete partit calmement par la porte du fond, se délectant du bruit des larmes qui s' éclataient sur le parquet.


    Les jours se succèdèrent ainsi. On faisait de plus en plus d' avance à Ed, son corps commencait à changer, et il ne se sentait plus vraiment à sa place dans le bordel. Il était plus lucide aussi. Chaque jour, il sentait la mort de sa mère un peu plus proche. Mais il continuait à se voiler la face. Il continuait à penser à Marika, il continuait à chercher des pommes, il continuait à faire semblant d' être un petit garcon normal. Mais normal, ca ne veut rien dire.
    C' est un soir que tout a basculer. On avait envoyé Edward chercher des cigarettes, et il revenait vers le bordel, une clope à la main. Il sucait cette petite merveille, appréciant son arôme puissant, s' amusant des formes qu' il faisait prendre à la fumée qui sortait de sa petite bouche.
    Rien ne laissait penser que quelque chose allait changer quand l' enfant s' arrêta devant la porte arrière du bordel. Il y avait toujours cette odeur un peu sucrée qui s' échappait des fenêtres entrouvertes., et Edward écrasa rapidement sa cigarette avant d' entrer. Il lui jeta un dernier regard, à cette petite chose écrasée, tortionnée dans tous les sens, et s' engoufra dans sa « maison ».
    Quand il entra, Marika s' élanca vers lui. Elle avait ce sourire si agréable, si joli, qui laissait voir ses dents si blanches. Se mettant à l' hauteur de son petit protégée, la jeune femme lui donna un baiser, un baiser volatile qui se posa pendant quelques secondes sur le front du jeune garcon, tel un papillon. Les joues d' Edward se colorèrent de rouge, et la prostituée eut un petit rire, subtilisant adroitement le paquet de cigarette de la petite main d' Ed. Elle se releva, et tapota les cheveux rouges du gamin, en murmurant espièglement :
    - Faut pas fumer, petit Edward, ca rend les dents jaunes.

    Le petit Edward en question rougit encore un peu plus, et fit la moue. Il n' était pas petit! C' est ce qu' il cria à l' adresse de la jeune femme. Mais elle était déjà retournée près de son client. Les larmes montèrent aux yeux du petit, qui se retint en vain. Il passa rageusement son bras couvert de tâches de rousseur sur ses yeux rougis, et tira la langue au dos sensuelle de la fausse espagnole.
    Puis, il tourna les talons, avec cet air de petit enfant vexé dans son honneur. Il était adorable, ce rouquin.

    Edward marcha vers sa mère. Mais il ne la voyait pas. Où était-elle ? Un pressentiment étreigna son petit coeur encore rempli de naiveté. De ses jambes bien trop courtes, il courut vers la chambre de sa mère.
    L' éclair roux fonca à travers les couloirs sinueux, entre les différentes chambres, ne faisant pas attention aux monsieurs tout nus qui s' y baladaient, aux ombres furtives qu' on pouvait apercevoir dans les lits. Il avait un but, c' était aller à la chambre 204, cette chambre où sa mère devait être. C' était obligé, elle y était, de toute facon. Elle avait du avoir froid, c'est tout, hein ? Rien de grave. Elle avait eu froid, et était aller chercher un pull.
    Tous les membres de l' enfant tremblaient. Mais il ne faisait pas si froid. Enfin, après quelques secondes qui parurent une éternité, la porte avec l' inscription « 204 » gravée en son centre se dressa de toute sa pourriture.
    Et l' enfant ne fit pas attention aux petits cris etouffés qu' il captait. Il aurait mieux fait, avant de pénétrer dans l' obscurité moite de la piece.La première chose qu' il sentit, c'est cette odeur de transpiration et de sang. La première chose qu' il vit, c'est elle. Hiroko. Sa maman. Allongée sur le sol. Nageant dans son propre sang. La deuxième chose qu' il vit, c'est lui. Mattew. Le proxenète. Qui levait inlassablement son bras. Qui le rabaissait avec tant d' ardeur. La première chose qu' il entendit, c'est ces soupirs de douleur qui s' échappaient des lèvres de la femme. La deuxième, ce fut ce bruit si familier, comme quelque chose d' inéluctable, tel un métronome, ce bruit dur et sec qui éclatait contre le dos de celle qui l' avait jadis tant aimé. C'est injuste, tout de même, de se dire que quel que soit la personne qui tient le bout, celle à l' autre extrémité du fouet ressentira toujours la même chose...
    Pour la énième fois, le désespoir envahit le corps tout entier du petit enfant, et donna à son corps toute la force qu' il renfermait.
    Mais Edward était tout sauf un héros de dessin animé. Qu'est-ce qu' un enfant d' onze ans arrive à faire contre un quadragénaire en pleine force de l' âge ?
    Pas grand chose. De toute sa force de moustique, le rouquin tapait éperdument les jambes solides de l' homme. Il tappait de toute ses forces, hurlait les pires insultes qu' il connaissait, en le suppliant d' arrêter, il tapait, il tapait, ses deux petits bras découverts s' abattaient dans un petit bruit étouffé par le tissus du pantalon, de toute leur petit force, mais les deux troncs ne tremblaient même pas, et toujours, les coups pleuvaient, avec cette force de brute. Mais il n' y avait plus que ce bruit. Il n' y avait plus ces petits cris éttoufés. Il n' y avait plus que le bruit du bois contre un corps qui ne résistait plus. Et les mains de l' enfant était en sang.

    Il avait bien compris. Mais il continuait. Son souffle devenait saccadé et plus rapide, mais ses petits bras tapaient inlassablement contre les cuisses de fer de l' homme. Les larmes innodaient le visage rond de l' enfant, coulaient sur son costume du dimache, et ses uniques chaussettes blanches étaient devenues rouges.
    Peu à peu, les poings du petit se calmèrent. Enfin, ils s' arrèterent, et on entendait plus que la respiration de l' enfant, le bruit de ses larmes qui s' écoulait lentement., la respiration calme et posé du géant. Au fond, celui-ci n' était peut-être pas si méchant. Au fond, il ne brutalisait pas encore l' enfant, il l' avait laissé se défouler. Pour qu' il ait quelqu' un à hair ?
    Et surement que Mattew n' avait pas fait ca de bonté de coeur. Surement qu' il l' avait aimé, cette junkie autrefois si belle, surement qu' il avait été séduit, surement qu' il lui avait évité des tonnes de souffrances innutiles, et surement que c' était pour ca qu' il ne l' avait jamais corrigé lui-même auparavant..
    Surement. En tout cas, du haut de ses onzes ans, le petit enfant ne comprenait pas ca. Il avait tué sa mère. Les mots s' enchainait dans sa tête pour créer cette unique phrase : « Il a tué ta mère. Et tu n'as pas su la protéger ».
    Les deux silhouettes restèrent immobiles. Pendant un nombre incalculable de secondes -dix ou bien un millier ?- aucun des deux ne bougea. Les larmes de l' enfant s' écoulaient en silence, et l' homme le laissait se calmer. Enfin, Edward remua. Il bougea ses doigts engourdis, et releva sa petite tête éffrontée de rouge. Son regard noisette pénétra dans celui noir de désir du gros homme. Plus aucune larme ne coulaient des yeux percants de l' enfant, rien ne bougeait sur son visage encore trempé de torents salés.

    Le préadolescent aura voulu s' enfuir. D' ailleurs, il aurait pu. Elle était à quelques pas de là, cette porte, qu' il aurait suffit de refermer, et il aurait suffit d' aller rejoindre la si jolie Marika, et ne rien avoir vu. Prétendre ne rien avoir vu, ne pas avoir compris, revenir la bouche en coeur, en murmurant « Dis, tu sais pas où est ma maman ? ».
    Mais les deux yeux du rouquin s' étaient posés sur le corps inerte, étaient comme aspirés par le corps anquilosé de sa défunte mère. Avec cette curiosité malsaine. Cette vilaine curiosité. Malgré la grimace qui tordait le doux visage de l' enfant, il ne pouvait pas détourner le regard. Le sang l' attirait, il avait comme une envie d' essayer lui aussi, pour voir s' il y en avait encore, de ce sang sale, dans ce corps adoré. Et il était comme hypnotisé. Et était dégouté de sa propre curiosité.
    De son côté, Mattew ne pouvait détacher son regard de l' enfant. Il n' avait jamais remarqué la croubure attirante de ses reins, sa taillle fine et aiguisé. Comme ca, il ressemblait presque à une fille. En réalité, le proxénète pensait attendre que le gamin soit prêt pour le mettre dans la rue, et le faire rembourser les dettes de sa mère. Mais il n'en pouvait plus. Le visage luisant du gamin l' attirait irrévocablement, et son désir ne cessait de croitre. Il empoigna l' enfant si fragile, sans se soucier du corps encore chaud de sa mère. Edward se laissa trainer à terre sans résistance. L' acte fut silencieux et brutal.


    C' était comme si quelque chose s' était brisé. Voilà, il avait enfin trouvé le mot. Brisé. Le mot résonna dans la tête du petit garcon. Cassé, brisé. Comme mort, en fait. Mort.
    Dans la pénombre de la chambre où flottait encore l' odeur du sang coagulé, Edward n' avait pas bougé. Combien de temps s' était écoulé ?
    Le pantalon baissé, l' enfant n' avait même plus le courage de se rhabiller. Il se sentait si sale. Cette sensation horrible envahissait sa peau, et il se laissait bercer par cette horrible mélodie, qu' on lui sussurait au creux de l' oreille. Ses larmes s' étaient tarries. Il se demanda s' il pourra jamais repleurer. Est-ce qu' un jouet cassé rit et pleure ? Sûrement pas. Edward se leva, un sourire ironique sur les lèvres, remontant son pantalon.
    L' enfant jeta un dernier regard au corps à présent raidie de sa mère, et s' agenouilla auprès d' elle. Il rectifia ses dernières pensées. Il pourrait toujours pleurer. Rageusement, Edward effaca ses faibles larmes d' un revers de main. Elle ressortit humide et pleine de sang. Ah, oui. Mattew avait sorti son cutter et avait dessiné une croix sur sa joue droite. « Pour que tu n' oublies jamais tes dettes. »
    Dans un geste rempli de mélancolie, le rouquin posa un dernier baiser sur le front glacé de la prostituée. C'est en relevant son petit visage embrué qui le vit. Ce petit sourire. Qui subsistait dans la mort. Ce sourire qu' il n' avait plus vu depuis... Tellement lontemps. Le gamin sourit à son tour, et ce sourire illumina ses larmes, qui tombèrent en silence sur sa mère. Alors comme ca, elle lui souriait. Même elle, qui ne se souvenait sûrement pas de lui. Même si elle n' était plus là, même si ses yeux étaient incroyablement vides, Hiroko souriait.
    Et l' enfant ne pouvait détacher son regard noisette du sourire neigeux qui déformait le visage calme de la morte. Edward ne bougeait plus. A cet instant, il venait de prendre la décision la plus importante de sa vie. Enfin, c'est ce qu' il pensait, mais peu importe. Du haut de ses onze ans, l' enfant venait de se promettre que jamais il n' oublierait de sourire. En souvenir de sa mère.

    En sortant de la pièce puante, Edward ferma à jamais la porte de son passé. Il ne voulait pas oublier, juste avancer. Et il ne se retourna pas.
    Plus facile à dire qu' à faire.


    * * * * *


Dernière édition par Edward le Lun 3 Mar - 14:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Edward [Gigolo]   Lun 3 Mar - 14:06

    Le vent glacé frappait cruellement le corps meurtri du petit garcon. Dans la rue obscure, quelques passants s' attardaient devant des femmes aux formes provocantes et montrées obscènement à qui le voulaient. Assis sur un tonneau sans vraiment oser inviter les passants à se payer ses services, Edward se contentait d' essayer de réchauffer avec ses mains gelés ses membres engourdis.
    Il avait dû encore perdre un ou deux kilos. C'est ce que l' enfant pensa en voyant à quel point son t-shirt flottait au gré du vent nocturne. Cela faisait combien de jours qu' il n' avait rien avalé ? Bah, il ne les comptaient plus.
    Comment s' était-il retrouvé là ? L' enfant chercha dans sa mémoire endormie. Tout lui revint, le choix de Mattew qui était de le laisser reprendre du boil de la bête. Et puis il en avait eu marre et l' avait envoyé dans cette rue, pour qu' Ed commence à rembourser les dettes de sa mère, les siennes à présent. Et le visage de Marika en larmes...
    Un gros homme s' arrêta près de l' enfant les larmes encore aux yeux. Edward sut directement ce qu' il voulait. Sans un mot, il se leva, prenant d' un air ingénu la main moite de l' homme.

    La face contre un mur crasseux, l' enfant serrait les dents pour encaisser sans un mot. Les pierres rapeuses écorchaient la face jouflue du petit garcon, et aucun son ne sortait de sa petite bouche. Passif, il attendait que ca se termine. Que ca se termine. C' était tout.Sa petite main blanchâtre se referma avidement sur le billet de vingt dollar, et d' un geste d' une avidité sans nom, le garcon pré-pubère examina à la lumière discrète de la lune l' icône du petit bout de papier d' un vert sali. Après cet acte pourtant si honteux, Edward addressa à son client un sourire édenté. Il ne semblait pas tramatisé, il ne semblait pas avoir été touché par l' horreur de l' acte. Et dans un excès d' égoisme, le client s' en satisfa, fut soulagé. Ouf, pensa t-il, je n' ai pas gaché sa vie.
    Et ce sourire adorable. D' un geste furtif, le client glissa encore un billet jauni de cinq dollars dans la main crasseuse de l' enfant, persuadé ici de lui faire le plus beau des cadeaux, et il partit en sifflotant.

    Le sourire de l' enfant se transforma en un rictus douloureux. C' était si simple. C' était si simple de faire ce qu' on veut des gens. C' était si simple d' encaisser sans broncher, si simple de rendre les gens légers. En assouvissant leurs désirs bestiaux et dégoutants.
    Voilà ce que n' importe quelle personne aurait pu penser après s' être fait pilonner violement dans une ruelle. Mais Edward n' était pas n' importe qui. Penser cela ne lui serait jamais venu à l'esprit. Non, sur le moment, il pensait juste à l' affreuse douleur qu' il ressentait dans son postérieur. Ce n' était sûrement pas très bon pour lui, tout ca. L' enfant rangea prestement les billets dans la poche arrière de son jean, celle qui n' était pas trouée, et retourna s' assoir.
    La soirée risquait d' être longue.

    Mais à peine s' assit-il sur son tonneau piquant qu' une dame en noir s' approcha de lui. Intrigué, l' enfant l' observa sans un mot.
    Le rouquin et la dame aux cheveux ébènes se toisaient réciproquement. Frappé par la beauté discrète et sérieuse de la femme, qui pourrait faire penser à celle d' une mère, Edward se sentit rougir contre son grè. Alors, il parla, pour briser ce silence qui l' embarrassait :
    - C'est... C'est 20 dollars ! Cria-til d' une voix qu' il voulait forte et ferme, mais elle tremblait.
    Les yeux de la femme habillée de cette étrange robe noire s' agrandirent comme deux énormes soucoupes, et sa voix claire hésita à formuler ces mots :
    - Tu... Tu veux dire... Que tu... Ton métier... C'est...
    Edward fut un peu décu par la réaction de la femme, parce qu' au fond, elle était vraiment belle. Mais surtout, il fut vexé. Ne pas croire qu' il faisait ce métier reviennait pour lui à dire qu' il n' en avait pas l' âge. Et Edward était très grand !
    - Quoi ? Ben oui, j'suis un gigolo ! J'suis pas un gamin !
    Il marqua une petite pause, et rajouta, d' un air intrigué, comme s' il attendait vraiment une réponse : « J'serais là pour quoi, sinon ?
    La dame sembla touchée par la candeur préservée du petit, mais l' enfant ne s' en souciait pas. Elle répondit innocement :
    -Mais... tu cherchais peut-êter quelqu'un, je ne sais pas... Où est ta maman?
    Edward hésita, avait envie de raconter toute son histoire. Mais il n' en était pas question. Ce n' était plus un enfant, à présent. Il ne fallait jamais tout dévoiler le premier soir, comme disait Marika. Même si Ed ne comprenait pas vraiment.
    - Ca te regarde pas, murmura t-il en tirant la langue, se recroquvillant un peu sur lui-même. Pour mentir, il avait encore quelques progrès à faire. Mais il ne les fera jamais. Troublée, la dame s' excusa, et l' enfant, s' amusant, se contenta de croiser les bras, et de regarder vers le ciel, dans une position un peu ridicule, mais adorable.

    - Tu veux que je t' offre un verre ? Sourit Appoline.


    * * * * *


    Du haut de son un mètre trente neuf, Edward ne faisait pas vraiment ses quatorze années. Pourtant, il marchait la tête haute, les cheveux aux vents. Ses taches de rousseurs couvraient ses joues encore bombées d' enfance. Une cigarette à la bouche, il allait rejoindre sa grande soeur. Enfin, Appoline.
    Avant de passer la porte, il écrasa sa cigarette. Appoline ne supportait pas de le voir fumer. Et il n' avait pas envie de se faire taper. Il avait une bonne nouvelle.
    Devant la masure qui servait d' Eglise à la jeune femme, l' adolescent s' arrêta, et tapa quelques coups impatients. Il attendit quelques secondes, et la belle jeune femme ouvrit la porte calmement.
    Elle lacha échapper un soupir quand le jeune garcon lui sauta dans les bras, l' enlacant de toutes ses forces. Force toujours surprenante, par rapport à sa petite taille. Comme son poids, d' ailleurs. Il avait encore du manger du chocolat, même si ca ne se voyait pas sur ses côtes. La jeune femme perdit un peu l' éguilibre, puis passa sa douce main sur les cheveux rouges de son petit protégé.
    Sans un mot, elle le fit s' assoir sur une des chaises vides. Edward demanda s' il l' avait interrompu pendant un office, mais sa grande soeur le rassura. L' enfant lui fit son plus beau sourire. Il l' adorait, bien qu' elle soit si étrange, avec son histoire de Dieu. Ed savait bien qu' il n' y en avait pas. Mais il ne voulait pas la rendre triste, alors il se taisait. Quand le bonheur de ceux qu' il aime en résulte, le rouquin sait quelques fois réfléchir.

    Assis en face de la jeune femme, l' adolescent commenca à parler. Il ne tenait plus en place, et Appoline s' amusait de son exitation.
    - J' ai enfin fini! C 'est fait! Criait-il. En fait, c'est allé beaucoup plus vite que c' qu' il me disait, hein! En à peine trois ans, j' ai tout remboursé! Tu t' rends compte ?

    Appoline répondit par un sourire, pour éviter de parler franchement, de dire ce qu' elle pensait, de gacher tous ses espoirs. Mais Edward s' en fichait. Il voulait juste lui dire. Terriblement exité, il se pencha vers elle, et lui posa un doux baiser volatile sur ses fines lèvres rougies. L' enfant tira sa longue langue au nez de la religieuse profondément choquée, et en partant, il lui cria, espiègle :
    - Merci, Onee-chan !

    L' adolescent sautilla un peu, à travers les rues crasseuses de ce Tokyo, où il se sentait si bien. Pourtant, il n' avait plus aucun plan d' avenir... Mais Edward est quelqu' un de terriblement inconscient, insouciant. Il était juste heureux. Sa cicatrice en forme de croix n' avait plus de raisons d' être !
    Ed se sentait capable de tout. Faute de voler, pour l' instant, le rouquin courut de toutes ses forces, pour célébrer son impression de liberté retrouvé. Même si au fond, il ne serait jamais libre...
    Peu importe. Tel un éclair orange, il ne regardait même pas où il allait, il courait, il se laissait emporter sans se soucier de rien, s' amusant du vent violent qui faisait couler sur ses joues des larmes humides. La bouche ouverte, un souriredéformait son visage enfantin à la peau de bébé.

    Les divagations amenèrent Edward devant une boite de nuit. Il connaissait cet établissement : Le Kabuki-sho En fait, il n' avait pas eu le temps de profiter de tout ça. Avec trois clients par soir... Le jeune garcon soupira, et intrigué, il entra discrètement à l' intérieur de la boite.
    Les couleurs chatoyantes, rouges, roses, oranges, les coussins parsemés sur les banquettes moelleuses, les tables en bois chaleureux où étaient éparpillées boutilles à moitié vides, et surtout, toutes les magnifiques serveuses aux formes aguichantes qui se dandinaient entre les clients, toutes ces collègues qui gloussaient sur les genoux d' hommes ivres, tout cela arracha sans effort un énorme sourire au jeune garcon.

    Exité comme une puce suractive, le rouquin électrique se dirigea vers le bar, et commanda à une jolie brunette une bouteille de téquila. Etonnée par l' apparence tellement enfantine d' Edward, la barman (Barwoman ? Oo) hésita un peu, demandant s' il souhaitait avec un verre et des glacons. Ed sursauta, et souriant, il répondit que ce n' était pas la peine. Ce soir, rien ne pourrait le vexer. Il avait décidé de célébrer sa liberté dignement.
    Le jeune garcon empoigna la bouteille et l' ouvrit sans trembler. Il prit une légère gorgée, et se dirigea vers une table, tout près de la scène. Il s' assit bruyament, et commenca à s' occuper de sa bouteille bien trop pleine à son goût, laissant couler le liquide brulant dans son corps assoiffé.

    Puis, sous ses yeux ébahis, le rideau rouge s' ouvrit dans un vacarme qui fit taire la salle, à la grande surprise d' Edward.

    * * * * *


Dernière édition par Edward le Lun 3 Mar - 14:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Edward [Gigolo]   Lun 3 Mar - 14:06

    Encore abasourdi par la femme qu' il avait pu observer à loisir et par la quantité d' alcool qu' il avait ingurgité, Edward n' osait plus bouger. Cependant, quand il vit la mystérieuse et terriblement attirante prostituée apparaître parmis tous ces clients enivrés, l' adolescent reprit possession de ses moyens, et prestement, il se leva pour aller la saluer.
    Mais... Comment dire... Après avoir bu les ¾ d' une bouteille de vodka, les facultées d' Ed étaient quelques peu diminuées. Aussi, il ne marcha pas fièrement vers l' objet de son désir brulant, non, il zigzagua comme il put, s' accrochant à des tables ci et là pour ne pas s' effondrer. Enfin arrivé à la hauteur de la jeune femme, le petit adolescent n' eut cependant aucun mal à se faire remarquer. Couinant, geinant de sa voix sureagu, Edward s' était fraillé un chemin jusqu' à la femme au bandeau sur l' oeil et essayait de la féliciter sans trop béguayer.

    Un seul regard de la femme suffit à le faire taire pendant quelques secondes. Il était si puissant et si froid qu' Ed en eut le soufle coupé. Mais il reprit son flot de paroles au bout de quelques secondes d' inactivités, et il sentit sans s' en soucier l' exaspération s' emparer de la pirate.
    Mais un peu amusée, la jeune femme murmura :
    - J'te montre ma chambre ? Comme si elle savait que c' était le seul moyen de faire taire ce rouquin intarrisable.

    Le garcon hésita quelques secondes car il n' avait pas encore d' argent. Bah, il aviserait, pensa t-il, insouciant. Souriant fièrement aux autres prétendant, Edward acquieca bruyament, et se laissa guider par la jeune femme qui se présenta au nom de Phoébé.
    Le gigolo pensa en souriant que ce n' était peut-être pas son vrai prénom.

    Le rouquin se demanda s' il faisait bien de coucher avec cette femme, au fond. Mais Phoebé est une professionnelle, et la nuit passée avec elle fut pour Ed plus qu' agréable, il n' eut rien à regretter. En fait, il n' avait jamais vraiment connu ca. Il n' avait fait l' amour qu' avec des clientes. Jamais il n' avait été celui qui paye.
    En sueur, l' éphèbe aux cheveux rouges reposait sa tête ronde sur un oreiller, dévorant Phoebé des yeux. Il la trouvait vraiment belle. Celle-ci se glissa enfin dans les draps, et fit face à son si jeune client. Elle lui donnait onze années maximum.
    C' est en le regardant plus en détails pour déterminé son âge (car être pubere à onze ans v__v' ) qu' elle remarqua les traces de fouet, toutes ces horribles cicatrices qui parsemaient son dos blanc et maigre. Intriguée par ce garcon qui, bien qu' elle n' eut pas spécialement apprecié cette nuit, était tout de même assez doué, elle le questionna :
    - Dis moi, qu'est-ce qu' un enfant de ton âge vient faire ici ?

    Encore légerement soûl, Ed n' insista pas sur le terme « enfant », et raconta sa « vie ». L' adolescent n' aimait pas s' attirer la pitié de ses interlocuteurs. Ainsi, son histoire était tout sauf cohérente. C' était même incompréhensible... Selon lui, il serait né dans les années vingts en France, il aura été congelé, puis emmené au Japon pour être fouété dans un but scientifique, et enfin, il aurait été reveillé par un proxénète, et aurait travaillé pour lui jusqu' à ce qu' il décide de s' enfuir.
    Ed avait inventé ça sur le moment, et en rouvrant ses grands yeux qui se posèrent sur ceux ébahis et incrédules de Phoebé; l' adolescent éclata de rire. C' était un rire adorable, un rire surement un peu trop aigu, mais tellement vivant qu' il arracha à la prostituée un petit sourire. Elle ne savait pas quel âge lui donner, mais en tout cas, c' était un vrai gamin.

    Une fois calmé, Ed écrasa une larme, et, calin, il se frotta contre la généreuse poitrine de la si belle femme.
    Puis, il la regarda. Un peu trop lontemps, ce qui arracha un « quoi ? » un peu irrité de la bouche de la silencieuse mais terrible prostituée. Edward sourit, en se frottant encore un peu plus contre la corps chaud et doux de la jeune femme, et murmura :
    - Tu veux que j'te raconte ?

    * * * * *


    En tant normal, l' adolescent ne se serait surement pas confié ainsi. Mais cette nuit-là n' était pas une nuit come les autres. Cette nuit-là, il était libre. Il n' avait plus à se cacher.
    Il pouvait enfin faire ce qu' il voulait. Dire ce qu' il voulait. Et il ne se gêna pas. Il raconta tout. Tout, ou presque, faisant quelques elipsses, honteux de certaines choses.
    Quand il eut fini, il se rendit qu' il pleurait. Sans un mot, il essuya ses larmes sans honte. Il n' attendait pas vraiment de réponses de la prostituée. Au fond, ce n' était pas son boulot. Il devait juste l' avoir aidé à s' endormir...

    L' enfant se trompait lourdement. Après avoir fixé quelques secondes le plafond pour se calmer, il se retourna vers sa confidente, et fut frappé par le grand sourire qui l' illuminait.
    Il ne put s' empêcher de japper, et sursauta. Phoebé laissa échapper un petit rire, et calina un peu ce jeune adolescent. Puis, elle murmura, dans la quiétude de la nuit :
    - Ca te plairait de travailler içi ?
    Edward se releva d' un bond, et s' assit dos à la prostituée. Etonnée, elle murmura :
    - T'as pas envie ?
    - ...
    L' émotion qui s' empoignait d' Edward l' empêchait d' articuler sa réponse. Il fit non de la tête, et serra des cousins contre son corps frêle. C' était pas qu' il avait pas envie. C' est qu' il en crevait d' envie ! Après quelques secondes de silence où l' enfant réussit à reprendre une repiration, il se tourna vers Phoebé, lâcha ses coussins pour empoigner les douces épaules de la femme, et cria, les larmes aux yeux :
    - Oui !!

    Tellement vivant que la prostituée éclata de rire. Ce gamin était drôle, il l' amusait vraiment. Mais s' il travaillait içi, il n' allait pas s' amuser tous les jours.
    Redevenue sérieuse, la jeune femme éxpliqua plus en détails ce qu' elle voulait dire :
    - Tous les trois ans, je prends quelques élèves, quelques nouveaux généralement, du Kabuki... Et je leur fais un stage intensif pendant quelques mois, de 5 à ... Phoebé marqua une petite pause, durant laquelle elle sembla réfléchir, et finit sa phrase. De 5 à 9 mois.

    Edward regardait la belle femme sans pouvoir parler. Tout cela l' exitait à un tel point qu' il ne pleurait même plus. Ses joues enflamées, il avait les mains jointes, et si Apoline avait été là, elle aurait cru qu' il voyait la Vierge en personne. Si elle avait su que ce n' était qu' une prostituée...
    L' adolescent sauta littéralement dans les bras de Phoe, ne sachant quoi dire pour montrer sa reconnaissance. Il ne dit rien, il se contenta de l' embrasser très doucement.
    Super, j'ai pas besoin de payer, pensa-t-il.

    * * * * *
    En effet, l' entrainement ne prit que quelques mois. Mais quels mois !
    Phoebé était une vraie dominatrice, et ne laissait à son élève pas une seconde de répit. Elle avait sûrement oublié de lui préciser à quel point elle serait sur les nerfs, car avoir plus de cinq ou six élèves, c'est véritablement éprouvant.
    L' amour, c'est comme tout. On peut être doué, mais ce don, il faut l' exploiter. Ed était assez doué. Mais il n' avait jamais vraiment travaillé, pour devenir juste réellement bon.
    Ces quelques mois furent pour l' adolescent une redescente sur Terre.

    - Pas comme ca! Hurla rageusement la prostituée. Allongée, elle s' assit violement, faisant voler les coussins autour d' elle.
    Phoebé arracha la tête rousse de son élève de son sexe, et la mena en face de son visage.
    - Tu me fais rien, là, Ed, rien du tout ! Faut passer par d' autre points, avant d' aller au point G direct!
    Elle soupira. Que c' était fatiguant. L' adolescent, qui venait d' avoir quinze ans et une quinzaine de centimètres en plus, avait les larmes aux yeux. Elle souffla d' une colère contenue : «
    - As-tu révisé...
    Ce n' était pas une question, mais Ed ne put s' empêcher de répondre tout de même que oui, il avait révisé avec la petite blonde, celle qui jouait le cigne dans le numéro de Phoe. Celle-ci explosa que cette gamine ne savait pas apprecier les vraies choses de la vie, et qu' elle ne pouvait donc pas servir de support pour s' entrainer!
    Dans un geste violent et rageur, elle envoya l' élève à l' autre bout de la salle. Il se releva en boitant.

    Au fond, la scène était plutôt comique. L' adolescent de quinze ans était en train de se faire engueuler parce qu' il n' arrivait pas à provoquer un orgasme à une prostituée, qui lui servait de proffesseur...
    Il sécha ses larmes, et se remit au travail. Après quelques minutes, Phoebe gémit doucement dans la nuit. C' était un élève appliqué, finalement.

    Tout a une fin. Ce fut après une nuit incroyablement mouvementée, environ six ou sept mois après qu' Edward ait fait son entrée au cabaret, que Phoebe lui avoua que le programme touchait à sa fin.
    Edward, qui s' endormait à ses côtés, lui sourit malgré son émotion, en demandant : « - Dis, on pourra comme même coucher ensemble, hein ? Je t' adore, moi.
    Phoebe ne put s' empêcher de sourire, et baisa la joue un peu creusée de son élève.

    « Bien sûr, Ed. Il y aura toujours une place pour toi dans mon lit. »

    [ Pas dans son coeur, hin, dans son lit.]
    * * * * *


    Ce jour-là, Phoebe était de très bonne humeur. Cela ne fut pas aussi beau tous les jours, et heuresement, car la vie serait bien fade, sinon.
    Edward grandit, devenant un peu plus beau chaque jour. Mais son caractère n' évolua pas. Il restait toujours ce gamin aux cheveux rouges, enjoué et candide, terriblement sociale, mais qui au fond, n' avait que deux vraies amies : Phoebe et Appoline.
    Et cela lui suffisait largement. Il faisait des aller-retours entre les messes, les appartements de ses clients préférés, et le cabaret, dont il dépendait. Histoire de regarder les spectacles de sa maîtresse gratos. Et de passer dans son lit, quand elle n' avait pas de client. Ce qui arrivait bien trop peu à son goût.


Dernière édition par Edward le Lun 3 Mar - 21:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Edward [Gigolo]   Lun 3 Mar - 14:09

III. Informations Complémentaires
  • Apparence Physique :

    La première chose remarquable chez le jeune homme sont ses cheveux. Indomptables, de cette couleur de soleil increvable, ils tronent majestueusement sur son doux visage, le couvrant souvent d' une petite part d' ombre. Jamais vraiment coiffés, ils sont parsemés d' épis indomptables, variant agréablement en fonction de la lumière et des caprices du vent, comme celles de ses amants.
    Le visage d' Edward a gardé la candeur de l' enfance, cette rondeur agréable et adorable. Ses yeux sont deux morceaux de chocolats, et dans leurs seins se reflètent des milliers d' étoiles, qui l' aident surement à voir le monde comme il en a envie. Des reflets fauves viennent souvent éclairer ses noires pupilles. Ses sourcils, discrets à souhait, entourent ses grands yeux. Ils sont naturellement fins et aiguisés, Edward est bien content de ne pas avoir à les épiler. Son nez, légérement plus court que celui de ses semblables, s' accorde parfaitement avec son petit visage. Ses lèvres, délices tranparents, sont fines et délicates.
    En réalité, ce n' est pas le visage d' Edward que l' ont pourrait qualifier d' enfantin. Quand l' adolescent est calme, on pourrait juste le qualifier de beau. Ses lignes fines, cet ovale agréable, ces petites joues légerement bombées, ce petit menton un peu carré, le visage du jeune homme pourrait être qualifier d' adulte. Cependant, c'est les expressions qu' il abore fièrement qui donne à la tête d' Ed la connotation d' « enfantine ». Sa bouche est plus grande qu' elle n' y paraît, et ses sourires déforment son visage en une petite boule adorable. Petit, quand il regarde la personne par en bas, ses yeux semblent deux comètes remplies de larmes pures. Quand il le souhaite, il peut se transformer en fontaine vivante, ou bien en statue. C'est sûrement ca qui donne à ce visage si calme cette touche adorable de candeur.

    Si en regardant uniquement son visage quand il est exité, on pourrait croire qu' Ed n' eut qu' une petite dizaine d' hivers, son corps cloit définitivement cette hypothèse.
    Pas très grand, l' adolescent dépasse à peine le mètre soixante-dix. Il est plutôt maigre, mais ne suppporte pas qu' on lui fasse la remarque. D' ailleurs, dire qu' il est « plutôt » maigre est un euphémisme. Le jeune garcon a une taille qui égale celle d' une jeune fille. Ses épaules sont larges, et legèrement musclé. On ne peut pas dire qu' il a la peau sur les os, non, il a la peau sur les muscles. Sur ses bras à la peau de pêche parsemé de taches rousses, on peut en suivre le fil. Ce qui donne au jeune garcon un érotisme assez spécial, mais relativement apprécié. Il a le ventre plat, et certaines de ses côtes sont légèrement saillantes. Les os de ses hanches ressortent doucement, font ressortir toute sa féminité, tout la beauté de son corps fragile. Ses jambes sont assez musclés, fines et élancées. Ses deux pieds... Restent des pieds, aux ongles durs et peut-être un peu trop longs. Ses mains sont grandes et chaudes, contrastent avec le reste de son corps.
    Son dos est parsemés de longues cicatrices. Quand on endure pendant des années des coups de batons ou de fouets, ca laisse des marques. Rose vif, elles tranchent avec la couleur maladive de sa peau de roux, et donnent aux jeunes femmes comme aux hommes une envie de protéger cet enfant anciennement battu, réveillant leur instinc maternel.

    Le gigolo s' habille généralement d' habits flashants, rouge, blanc, vert pomme. Il lui arrive de porter du maron quelques fois. Il porte des vêtements moulants et près du corps qui lui vont bien. Il adore s' habiller, et pourrait être qualifier de coquet, cependant, le jeune homme n' a qu' une seule paire de chaussures : une paire de Doc Marteen's d' un jaune un peu veilli. Il les chérit comme la prunelle de ses yeux, et se désespère de voir qu' elles deviennent un peu petites pour son corps en pleine croissance.


  • Caractère :

    Le caractère d' Edward se rapprocherait le plus à celui... D' un chien. Un gentil chien. Un peu indépendant, un de ces chiens errants qui sont prêts à tout pour s' attirer la sympathie de leur maître itinérant.
    Edward s' efforce à être toujours de bonne humeur. Il aime à croire qu' il peut servir à quelque chose. A donner un peu de plaisir dans ce bas monde. Apporter un peu de soleil. Son sourire adorable, ses yeux pétillants, tout en lui est raffraichissant, tellement attendrissant. Il ne pose pas de problèmes, le genre qu' on aime avoir dans son lit pour oublier la dureté de la vie.
    Mais contrairement à beaucoup de ses collègues, rien chez Edward n' est calculé. Rien serait un bien grand mot. Mais tout de même, il est sincère quand il parle. Seulement, il ne dit pas tout, c'est tout.
    C'est un jeune homme terriblement affecteux. Très affecteux. Trop ? Ca, ca dépend du caractère d' autrui. Il adore tellement les carresses, il serait prêt à tout pour.
    Ses réactions sont souvent très exagérées. Il a gardé toute sa candeur d' enfant, et son attitude se rapprocherait plus d' un gamin de cinq ans que d' un adolescent de quinze ans. Seulement, un gamin terriblement précoce... La vue du sang le fait hurler de peur, l' amour le fait couiner, les blagues le font éclater, les méchants le font pleurer et hurler, les gentils aussi, d' ailleurs... C'est un chien qui est certes petit, mais très bruyant. Un peu encombrant, donc, surtout quand il commence à s' attacher.
    Si Edward veut quelque chose, il se débrouillera toujours pour l' avoir. Par tous les moyens. De plus, il est impatient, alors s' il n' a pas ce qu' il veut sur le champ il... Boude. Il se tait, fait la moue, et regarde la cause de son mécontentement sans s' arreter. Il peut rester comme ca, disons... Dix minutes ?
    Car même s' il veut quelque chose, cet enfant est trop peu impatient pour l' attendre sans rien faire. Si bouder s' avère inutile, il passera à autre chose. Pas besoin de s' évertuer à faire quelque chose d' ennuyeux, si on a d' autres possibilités, et si ca ne marche pas. Edward a une intelligence pratique. Il n' est pas du genre à passer des heures sur quelque chose. C' est d' ailleurs souvent le cas avec ses clients.
    Seulement, il arrive que l' adolescent s' attache vraiment à ses clients. Dans ces cas là, le gigolo passera le plus de temps possible avec ces clients-là. A en rendre fou les autres. Sans même être payer, peu importe. Edward s' amourache très vite. Cest un amour exclusif, mais ce n' est jamais vraiment sérieux, mais jamais non plus vraiment frivole.
    C' est juste qu' Edward aime. Pas pour la personne, non, pour l' acte d' aimer. Il aime aimer. Il aime sentir son coeur battre, il aime se sentir heureux grâce au sourire de son amant passager, il aime se nourrir d' amour et de bohème, il aime passer des semaines entières dans l' appartement coquet de son maitre éphèmère, il aime passer des heures entières à penser simplement à la nuit qui arrive, il aime pleurer de voir son coeur brisé, il aime se voir cicatriser grâce à ses amies, et il aime retomber à nouveau, ressentir malgré lui (?) tous ses sentiments qui s' emparent de son corps. Cependant, Edward n' est pas toujours joyeux. Il est humain avant tout, et il lui arrive de déprimer. De devenir un peu sérieux, d' arrêter de sourire pour laisser place à un regard froid et glacé. C' est très rare. Et c'est ce qui rend la chose un peu effrayante.
    Avec ses amis, c'est quelque peu différents. Disons que... Ses amis peuvent parfaitement être des clients. Pour Edward, faire l' amour est un sport comme un autre, seulement, c'est le plus agréable qui soit. Alors pourquoi ne pas en faire profiter tout ceux qu' on aime ? L' adolescent peut être incroyablement égoiste (comme sur certains points futils tels la nourriture...), comme étonnament généreux, et il est dur de savoir à l' avance comment il va réagir. Enfin, au fond, c'est simple : comme un adulte responsable, ou bien comme un gamin de trois ans. Il n' y a que deux possibilités.
    Pour parler des relations avec ses vrais amis, il faut parler des amis en eux-même.
    Sa relation avec Phoebe est quelque spéciale. C'est sa « maitresse ». C'est elle qui a receuilli ce gamin effarouché qui avait passé deux années entières à bosser pour remplir ses dettes. C' est elle, en partie, qui l' a adouci, qui l' a aidé, qui l'a rendu agréable à engager. Avant de la rencontrer, ce n' était qu' un gamin des rues qui vendait son corps au plus offrant. Après quelques mois au cabaret, il était devenu un vrai gigolo, un gigolo de luxe. Edward lui doit beaucoup, la connait aussi bien qu' elle le connait. Souvent, ils se taquinent, se chamaillent, couchent ensemble pour expérimenter. Si le jeune homme devait un jour tomber amoureux, ce serait surement de cette reine de cabaret.
    Il y a aussi Appoline. Celle qui le connait depuis ses onze ans, depuis ses premieres nuits sans sa mère. Elle l' a quelque peu remplacé au fil de ses années. Et même si elle ne s' en rend surement pas compte, elle est surement la personne dont Edward est le plus dépendant, bien qu' ils ne se voient pas beaucoup. Il a beaucoup d' affection pour la jeune femme, si spéciale. Si Appoline connait parfaitement ce gamin qu' elle a « adopté », lui ne la connait pas encore très bien. Mais il n' en a pas vraiment envie, comme s' il avait peur de découvrir la part d' ombre de sa chère grande soeur.
    D' ailleurs, la vision d' Edward du monde est aussi simpliste que sa facon d' aimer. C'est très simple : il y a les gentils, et les méchants.
    Mais ce n 'est pas : les méchants sont ceux qui font partis de la mafia, les gentils, les autres. Non, c'est encore plus bête. Tous ceux qui sont gentils avec Edward, qui le carressent gentillement font partis des gentils. Tous ceux qui sont désagréables avec lui sont les méchants.
    Alors si une cliente d' Ed est doucereuse et mielleuse à souhait avec lui, mais qu' à côté, c'est une grosse ****** qui viole des petites filles à longueur de journée, elle fait partie des gentils ? Ben oui. C'est bien plus simple comme ca, et ca évite beaucoup de cas de conscience.

    Cependant, qu' ils soient gentils ou méchants, Edward se méfit des politiciens et des personnes en surpois. Pourquoi ? Quelqu' un qui peut se permettre d' être gros ne peut pas être que gentil. Et puis, les politiciens, ils sont toujours gros. Enfin, c'est ce qu' il pense, et personne n' a réussi à lui faire penser le contraire.


  • Aime : Avant tout, Edward aime le fait d' aimer. Il aime aussi laisser son corps exprimer ce sentiment magnifique, et ne fait pas vraiment de différence entre l' amitié et l' amour. L' adolescent aime aussi ses deux amies : Phoebe et Appoline. Il aime les choses sucrées, très sucrées, s' il pouvait, il ne mangerait que ca. Mais il aime aussi les cacahouètes, et puis le chocolat (ah zut, ca c'est sucré). Il aime bien fumer la cigarette, parce qu' il trouve ca super classe, mais c'est trop cher, alors il en pique à ses clients.
  • Aime pas : L' enfant n' aime pas la soupe miso et les méchants qui ne veulent pas le caliner. Il a peur des gros et des politiciens, mais encore plus de Phoebe, alors il accepte de les prendre comme clients. Il n' aime pas le sang, celui des autres comme le sien, et déteste tout ce qui a un rapport avec la drogue. Il ne supporte absolument pas d' avoir pour clients des junkis, et même Phoe n' arriverait pas à le faire changer d' avis. Ed ne supporte pas les hypocrites ni les manipulateurs. Mais c'est souvent lui qui se fait manipulé, alors bon...

IV. Autres
  • Rêve, Ambition : ... Bonne question. Ce n' est pas le genre qu' il se pose.
  • Cauchemar, Phobies : Que tous les aliments sucrés disparaissent de la surface de la terre. Ou plus sérieusement, qu' il perde les gens qu' il aime.
  • Groupe : Gigolo

V. Facultatifs
  • Signes particuliers : Il a une cicatrice en forme de croix qui signifiait qu' il appartenait à Mattew tant que sa dette subsisterait. Son dos est recouvert de cicatrices dus au coups de son ancien proxénète. Il est facilement repérable grâce aux cris sureagus qu' il pousse régulièrement. Il a un sens de l' orientation exécrable.

VI. Hors Jeu
  • Comment avez-vous connu le forum ? : Par l' admin
  • Que pensez vous du design du forum ?: Génial
  • Que pensez vous de l'intrigue du forum ?: J'suis pas décue
  • Des remarques ?: Désolée d' avoir abandonné Suzaku, et désolée pour la longueur de ma fiche, et le temps que j' ai fait pour refaire ma fiche... Enfin braiffe =p [Je changerais la taille de l' avatar bientôt (avant la fin de la semaine)]
  • Avez vous lu le Règlement ? Bon Code


Dernière édition par Edward le Mar 4 Mar - 0:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Edward [Gigolo]   Lun 3 Mar - 23:58

Je suis époustouflée. Une excellente capacité de rédaction, et pas une faute d'orthographe. De plus, la longueur est tout à fait remarquable: ce n'est pas histoire mais roman qu'il aurait fallu nommer la rubrique! Elle est digne d'un auteur. Ton histoire était passionnante. J'ai adoré le passage de la pomme!
Le "Aime aps" est un peu court, mais vu la longueur de ta fiche, ça devrait aller. Essaie tout de même d'étoffer un peu s'il te plait... Mais pas un mot de plus, tu es validée.

Je t'ajoute dans le groupe des prostitués. Passe du bon temps sur Autopsied, et encore bravo! (Un petit coucou au Ren de Shira...) Previens moi, si tu modifies... J'attend sun peu avant d'archiver ta fiche. (C'est dommage pour Suzaku... )

Edit: C'est parfait. Fiche validée et archivée.
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MessageSujet: Re: Edward [Gigolo]   

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Edward [Gigolo]
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