~ { Autopsied } ~

You • Couldn't • Ever • Fall • Lower


 
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 Etrange lieu pour quelques réminiscences...

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MessageSujet: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Mar 27 Nov - 21:50

[je sais que ça va paraître chiant pour un premier post mais...ce n'est qu'un début! =D Libre bien sûr!]

Les enfants ne riaient plus, ils n’y étudiaient plus, n’y effectuaient plus des allers retours impénitents pour rejoindre leurs géniteurs impatients. Non, le temps du libre apprentissage était révolu, c’était devenu un privilège, et être cultivé devenait une interdiction à cause de l’absence de lois qui régissaient le pays japonais. Aux détours de l’école désaffectée qui n’était plus qu’une bâtisse à demi délabrée, dont les murs grisonnants reflétaient la misère des environs, un ange à la peau laiteuse, au maquillage fin et s’alliant avec la couleur de son kimono rose pâle, percutant le paysage de plein fouet, pour un peu de couleurs lui conférer, s’approcha lentement de la grille qui la séparait du bâtiment. Quelques mètres s’étendaient de là, jusqu’aux portes d’entrée imposantes que l’on avait barricadé dans le but d’empêcher l’accès, à quiconque souhaitant revivre la nostalgie des temps heureux. L’être de lumière que nous pouvions apercevoir, fastueux, majestueux et plein de prestance, n’avait jamais expérimenté le bonheur d’apprendre toujours plus, d’emmagasiner des connaissances distribuées librement puis exploitées au profit de travaux évalués. Elle n’avait jamais connu la joie de la réussite, des exploits et les valeurs qu’apportaient la camaraderie, l’amitié, et des sentiments dont elle n’avait jamais osé s’embarrasser. La seule personne dont elle s’était entichée c’était lui, c’était son Maître, celui dont elle ne connaîtrait jamais le prénom mais qui illuminait ses souvenirs de son sourire ingénu, contrastant avec la dureté de son faciès.
L’ange resta là, foudroyé par mille et uns interrogatives, parce qu’elle savait qu’elle ne connaîtrait jamais les lubies de l’apprentissage et les sensations qu’il octroyait indépendamment de sa volonté. Elle était ignorante en tout point, elle qui sans cesse, s’était retrouvée séquestrée dans un appartement minuscule qui désormais, n’était occupé que par elle, et elle seule. Sa présence le vêtait d’un voile de fraîcheur et de jeunesse, dans cet univers où il n’y avait de la place que pour la Mort, la débauche, et l’évanouissement des spectres submergés par le mal-être de la nouvelle génération. Laïla en faisait partie malgré elle, et loin de se douter que tout endroit, toute impasse pouvait signer son arrêt de mort, elle restait continuellement accrochée à son songe encore lointain : quitter l’archipel pour fouler d’autres terres, à la recherche de contrées meilleures.
Une utopie qu’elle savait inaccessible, mais qu’elle ne pouvait pas refuser d’exploiter, à moins d’être un esprit pessimiste.
Elle n’était pas de ces individus qui sombraient lâchement dans leurs faiblesses, à croire qu’on les verrait comme des martyres alors qu’en se ratatinant sur eux-même ne feraient que se sous-estimer, et donner aux autres l’image d’un battu dénué de tout espoir. La génération actuelle attendait que la statut de marbre qu’était leur avenir ne s’anime, devienne vivace, pleine d’ambitions pour ces jeunes en mal de vivre. Mais alors quoi, qu’attendaient-ils hormis la mort qui les guettait à chaque pas ? Laïla se le demandait, elle qui survivait contre son gré en emportant des existences qu’on lui ordonnait d’anéantir sempiternellement. De manière définitive, elle répondait avec véhémence et efficacité à toute demande susceptible d’être bien rémunérée, et depuis quelques années déjà, voire une dizaine, elle puisait toute sa fortune dans ce boulot sale. Malheureusement, elle s’y plaisait, cela n’était pas une tare que de se l’avouer. Elle s’amusait de ceux qui, contrairement à elle, espéraient qu’un être généreux vienne les sortir de la galère. Non, en fait, elle ne s’en amusait pas, elle avait juste pitié de ces êtres chétifs, dont le cœur avait uniquement besoin d’être guéri par une onguent quelconque.

C’était peine perdue pour eux.


« Ah! Que ce monde est las de vivre…néanmoins… »

Ce murmure…était-ce le premier d’une longue (ou courte) destinée dont nous nous apprêtons à faire connaissance, en la présence d’une autre ? Peut-être bien. Car cet ange que vous voyez là, à la longue chevelure raide reposant lascivement sur ses épaules, ces yeux éclatants et finement contournés par un peu de maquillage posé avec délicatesse, cette peau aussi douce que la soie, ces habits semblables à ceux d’une prostituée en quête du grand amour éphémère prometteur de bonnes offrandes, n’était pas celle que l’on croyait. Cette Grande Dame, en apparence pauvre et démunie, ne comptant que sur le plaisir qu’elle pouvait distribuer, flânait pour une toute autre affaire et réfléchissait, tout en vaquant à ses occupations attendant qu’un esprit malfaisant vienne solliciter ses services. Combien de fois l’avait-on pister pour lui confier une multitude de requêtes qu’elle s’empressait de réaliser en l’espace d’une semaine maximum ? Rien n’était laissé au hasard. Le scénario devait être parfait, chaque acte pouvait avoir de grandes séquelles sur l’avenir et il ne faisait pas bon, de commettre des erreurs à tout-va. D’autant plus que, même les mafieux les plus influents éprouvaient un jour le besoin d’appeler au secours car, leur défense violée, il ne pouvait que sauver les apparences, en échange de quoi, une grosse somme d’argent revenait à celui ou celle qui saurait répondre avec rigueur à ses exigences. Laïla était une de ces personnes qui savaient suivre les règles à la lettre, telles qu’elles lui étaient dictées. Il se faisait rare lorsqu’elle ajoutait un peu d’artifice pour qu’au feu s’ajoute plus de poudre, ce qui faisait en résulter une explosion de violence et de vengeance, transmise par l’intermédiaire de cette demoiselle qui, comme vous l’aurez compris, n’était pas une femme de réconfort mais une adorable tueuse à gages…

D’ailleurs, sa curiosité rarement stimulée le fut pourtant, lorsque des bruits de pas à l’oreille précipités, alertèrent ses sens, comme annonciateurs de malheur. Un volatile rasa le toit de l’école désaffectée à l’état déplorable, en émettant des croassements incessants, signes de mauvais présage en vue de son plumage noir comme l’ébène, et de ses yeux vides, ténébreux, perçants et qui narguaient Laïla du haut de son perchoir. L’ange dont les doigts longilignes s’étaient mêlés aux grillages qui la séparaient de l’école en perdition, lâcha toute emprise sur l’obstacle profilé et se retourna, persuadé que l’inconnu qui passait par là, n’était point le fruit du hasard.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Dim 2 Déc - 15:21

Une silhouette sombre se glisse furtivement hors de la ruelle... non, vous avez dû rêver, il n'y a rien... vous êtes sur vos gardes, car Shirogane est proche, ce quartier maudit où demeurent les âmes corrompues des vils seigneurs... L'endroit semblait calme; une intersection de venelles parmi tant d'autres, enserrée par des immeubles aux murs sales et aux fenêtres armées de reflets glauques comme pour arborer leur misère, des immondices répandues sur les trottoirs, un ciel invisible derrière cet éternel dôme gris qui laissait à peine filtrer la lumière; rien d'inhabituel à tout cela...
L'ombre disparut au coin de la rue, sans laisser de traces, une ombre de plus dans cette ville sinistre...

L'homme marchait vite, enveloppé dans un grand manteau noir, le regard perdu distraitement devant lui. Il était seul, les lieux déserts, si l'on oubliait parfois les rôdeurs adossés au mur en attente d'une victime potentielle, et rien n'aurait pu le tirer de ses songeries...
Tout à coup, une des poches de sa veste se mit à remuer.

-Du calme, Makkuro... du calme...

Il avait une voix grave et apaisante, teintée d'affection alors qu'il semblait parler tout seul. S'il y avait bien quelque chose susceptible de passer avant les réflexions du jeune homme, c'était cela... Après un rapide coup d'oeil, il glissa sa main dans la poche agitée.

-Tu as faim, n'est-ce pas?

Un éclair noir en jaillit, parcourant le bras de son maître pour remonter jusqu'à son cou où il se lova confortablement. L'ébauche d'un sourire étira ses lèvres fines, tandis qu'il caressait du bout de ses doigts gantés la fourrure soyeuse de l'animal. Ce dernier au réveil était toujours d'une humeur massacrante...
Ils arrivèrent en vue d'un quartier un peu plus animé, et le calme s'estompa peu à peu. Déjà les passants pressés se bousculaient sur les trottoirs; déjà quelques véhicules crachaient leur pollution dans le pauvre air presque irrespirable; déjà les femmes de joies exhibaient leurs atouts ternis en achevant de saboter leurs poumons, cigarette au coin de leur bouche peinte; déjà...

L'homme au manteau noir dénommé Kristen plissa le nez à l'approche de ces effluves saturés d'alcool, de tabac, et d'impuretés déplaisantes, en plaignant intérieurement son compagnon à l'odorat bien plus développé. Les humains étaient sales, ils étaients nés de boue, vivaient dans la boue et y mourraient tous, mais certains semblaient contents, apparemment, contents comme cochon dans la fange... Il regardait un gaillard ivre qui, bouteille à la main, marmonait une chanson paillarde, le nez dans le décolleté d'une prostituée désabusée. Oui, peut-être bien que certains touchaient à ce bonheur superficiel, mais qui n'était un don que de l'argent dont leur maigres poches disposaient...

Il soupira, songeant à la pitié que lui inspiraient ces misérables, dont la plupart ne valaient pas plus qu'une demi bouteille de sake. Pourtant, il le savait, des perles rares se cachaient parmi les indigents... Makkuro lui-même n'était-il pas né dans au fond d'une ruelle quelconque?
Les moustaches fuselées se dressèrent, comme s'il connaissait les pensées du jeune homme aux cheveux sombres. Le corps allongé s'était enroulé tel une écharpe autour de son cou, une écharpe vivante et ébouriffée qui ne demandait qu'à planter ses petites dents dans de la chair fraiche, comme elle le rappelait de temps en temps par quelques couinements revendicatifs.
Mais il n'avait rien à lui donner, enfin rien pour l'instant... Il marchait toujours, ignorant l'activité urbaine, sans qu'on eût pu deviner où il avait l'intention de se rendre. Certainement pas au bar, encore moins au bordel; peut-être une affaire importante?

Kristen longeait les immeubles délabrés sans manifester la moindre intention de destination, mais pourtant il allait vite, comme revigoré par l'air froid de l'hiver. Certains se retournaient sur son passage, lorgnant d'un air soupçonneux cet inconnu aux vêtements ni crasseux ni troués, qui ne semblait pas atteint par la misère, ignorait ce qui se passait autour de lui, et portait une étrange écharpe... Quelques hardis s'aventurèrent à le suivre, car sa bourse se révélait prometteuse, cependant un regard pernicieux de la part de l'individu au manteau noir suffisit à les dissuader de s'approcher trop près...
Cet homme aux yeux de glace ne pouvait qu'être dangereux, s'il arrivait d'un simple coup d'oeil à faire abandonner aux mals intentionnés toute tentative hostile à son égard... Sans broncher, ils repartirent vers d'autres proies moins inquiétantes, alors qu'il les avait déjà oubliés.

Mais il n'avait pas à dessein de passer sa journée à parcourir les rues, bien qu'il appréciât marcher. Il cherchait un endroit tranquille où il pourrait réfléchir à sa convenance, loin de son manoir froid et vide, et prendre un peu l'air malgré sa qualité médiocre. Tous les lieux précédemment croisés étaient bruyants et trop fréquentés à son goût... Mais alors qu'il passait devant un bâtiment délabré, sans aucun intérêt visible, sa chère écharpe lui faussa compagnie promptement: d'un bond au sol Makkuro avait pris la poudre d'escampette en direction de ladite construction défraîchie.
Kristen laissa un soupir s'échapper de ses lèvres d'un air amusé, puis prit le parti de suivre la bestiole. Il ne se pressait pas vraiment, sachant bien que quoiqu'il fasse la petite fouine ne se laisserait pas rattraper, mais s'efforçait tout de même de ne pas la perdre de vue. Elle devait avoir senti quelque proie alléchante; le bâtiment grouillait sûrement de rats et vermine en tout genre...
Il réprima une grimace de dégoût à la pensée de ces rongeurs abjects.

Soudain saisi d'un mauvais pressentiment, il accéléra en pénétrant dans l'édifice. Les fissures grignottaient les murs, le mobilier encore utilisable avait depuis longtemps disparu tandis que des vestiges de tables et de chaises poussiéreux gisaient dans les coins. Le bruit de ses pas résonnait, et de curieux grincements se faisaient entendre. Les fenêtres s'avaient plus de vitres, ni les entrées de portes; un tableau noir fêlé tenait encore on ne savait comment au mur... Le jeune homme en déduisit qu'il s'agissait d'une ancienne école, mais ne put approfondir le sujet car l'éclair noir avait disparu dans la pièce suivante, et un cri féminin déchira le silence tendu.

Il y accourut, mais ne trouva trace ni de Makkuro, ni de la demoiselle en détresse. Mais qu'avait donc encore fait l'astucieux animal?
Une ouverture béait dans le mur, donnant sur l'antique cour de l'école; on pouvait encore discerner au sol les traces de peintures de jeux d'enfants: là-bas, une marelle, un petit train aussi... La nostalgie n'avait aucune prise sur lui, qui n'avait connu que de sévères professeurs particuliers. Il se hâta donc en voyant de minuscules traces de pattes dans la poussière qui se dirigeaient à l'extérieur vers la droite. En effet, près du grillage, se tenait une silhouette rose apparemment effarouchée qui tentait de retirer quelque chose de son décolleté.
En s'approchant, Kristen s'aperçut que la chose en question se révélait une boule de poils noirs, qui avait prit son élan à travers la cour, grimpé au kimono de la jeune fille rapidement comme il avait l'habitude de le faire avec son maître, et plongé dans sa poitrine accessible du fait du col ouvert du vêtement.
Sale bête.

-Oh mon Dieu, je suis confus...
... excusez le...


Il se sentait gêné. D'habitude, c'était lui qui courrait les jupons, par Makkuro! La fille était maquillée, vêtue de façon plutôt séduisante, parée de longs cheveux blonds... Une prostituée, sans doute; mais assez jolie.

-Il a dû être attiré par votre euh... parfum...


Que faisait-elle en ces lieux isolés? Ce n'était pas ici qu'elle risquait de se trouver une clientèle... Le jeune homme ne savait comment se tenir. Il n'allait pas la tuer tout de même, elle n'avait rien fait... Il se contenta donc de tourner la tête, d'une part pour ne pas garder les yeux fixés sur la poitrine de la blonde, d'autre part pour masquer son embarras.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Dim 2 Déc - 19:39

Au gré d'une brise qui caressait le visage innocent et ingénu de Laïla, son kimono manqua de dénuder complètement son épaule laiteuse, cette peau que beaucoup de femmes de joie enviaient, sans être capable de l'imiter. Elle était authentique, elle aspirait à des choses dont peu de personnes pouvaient se doyuter, car rares étaient ceux qui comprenaient le réel terme à employer en sa présence. Elle ne désirait pas être traîtée proprement parlé comme une traînée, mais rien que de les voir se jeter dans la gueule du loup l'amusait, et lui procurait un petit plaisir jubilatoire. Si elle méprisait les armes à feu et le fait d'ôter la vie à ses victimes d'un jour, elle ne manquait pas en revanche de prendre son pied, quand des évènements sans importance se déroulaient sous ses yeux. Et pire encore lorsqu'elle en était l'auteur, car quoi de plus jouissif que de se savoir maître des gestes de son prochain?
C'était tout ce qu'il y avait de plus délectable, et Laïla ne manquait pas de le dissimuler pour ne pas magnifier la vision de la prostituée que tout le monde voyait, alors qu'elle travaillait pour les hommes de l'ombre, trop peureux ou paresseux pour agir par eux-même.
Leurs propres moyens ne leur semblaient pas suffisants, alors pourquoi ne pas prendre le premier tueur à gages venu, pourvu que ce soit une ravissante princesse aux orbes océaniques, à la chevelure blonde et aux mèches châtains claires, qui se vêtissait de couleurs délicates sans être tape à l'oeil.

Elle quémandait juste de l'authenticité...

Beaucoup pensaient avoir intercepté sa demande, et la flattait comme il se doit. Mais elle n'attendait rien de cela, bien au contraire, elle souhaitait juste qu'on lui fiche la paix, que l'on arrête de confondre la parfaite comédienne et la réelle Laïla, celle qu'elle dissimulait derrière son visage angélique et dénué de toute imperfection. Celui-ci était fermé en cet instant, la silhouette rose pâle postée devant le grillage qui encerclait l'école désaffectée. Elle demeurait immobile, placide même, et ne cillait pas un sourcil en entendant au loin un semblant d'agitation. Mais son regard était tellement préoccupé par ce qui pouvait surgir à l'angle de la rue qui, depuis toujours, avait précédé l'école abandonnée, qu'elle fut surprise par une boule de poil qui se mit à bondir vers son décoletée. Laïla sursauta, commença à farfouiller avec ses doigts et manqua de se faire mordre par ce petit monstre immonde (...), qui se faufilait avec avidité auprès de sa poitrine.

Fort heureusement, le tissu qui lui permettait de camoufler au mieux sa pureté corporelle (et de surcroît ses quelques poisons), lui permit d'esquiver la catastrophe. Et tandis que cette satanée bestiole tentait de réussir son coup, ses dents ne mordirent qu'un bout de tissu plus ou moins épais, dont la blancheur immaculé se confondait parfaitement avec la pâleur de sa peau. Laïla rit intimement de cette mauvaise blague que n'approuva pas l'étrange petite créature, au pelage aussi noir que l'ébène (d'après ce que j'ai compris? gné?).


"Je t'aurai..."

Murmura dans un sourire attendrissant l'étrange demoiselle qui, malgré cette courte phrase, aurait encore quelque chose à déclarer comme, une petite injure par-ci. Tout à coup, l'animal comprenant qu'il n'obtiendrait rien, tenta de grimper aux alentours de sa nuque en se frayant un chemin parmi les mèches mi-châtains, mi-dorées. Mais brusquement, sans prévenir, la soi-disante prostituée agrippa férocement son corps long et lui ordonna de quitter sa main en le forçant à lâcher son emprise sur ses doigts, et cela de façon délicate et furtive. Lorsqu'elle eut prit cette sale bête en main, tentant tant bien que mal de la contrôler, elle se pencha et le força à quitter sa paume tout en le faisant trébucher à une distance raisonnable par rapport au sol. On n'entendit plus parler de lui dans cette scène, et l'on supposa qu"il rejoignit un charmant jeune homme, à la prestence indéniable et au comportement plutôt galant.

En effet, durant la lutte, celui-ci avait eu la délicatesse de tourner son visage pour ne pas se risquer à contempler une partie très alléchante du corps de la demoiselle, mais à bien y penser, il n'aurait rien pu contempler, hormis une barrière de tissu et de soie, permettant de camoufler son enveloppe charnelle. Pas question d'être la cible de tous les vices, elle tenait trop à sa vie d'indépendante et de froide demoiselle, que l'on voyait souvent apparaître puis se volatiliser comme une défunte.

D'un geste bref et gracieux, elle réajusta son kimono qui se replaça convenablement sur ses épaules frêles. Sa carrure chétive pouvait en attendrir plus d'un, mais lorsque l'on connait ses réelles ambitions, on ne pouvait que se poser des questions sur sa propre espérance de vie.


"...parfois je me demande si il y a autre chose que mon parfum qui en attire quelques uns...enfin..."

Alors, douce comme un agneau, ou garce comme une vipère?

Sa voix s'était faite calme. Durant l'attaque de la boule de poil, un seul cri avait retenti, le sien. Désormais, elle agissait comme si rien ne s'était passé et parut calme aux premiers abords. Elle avait un contrôle de son être parfaitement au point, mais est-ce que ce comportement n'allait-il pas mettre en péril son rôle? Allez savoir!


"Je ferai abstraction de ce qu'il vient de se passer...du moins, pour la suite...! Je ne vous garantis rien."

Malgré ses paroles semblables à des menaces glissées discrètement dans la conversation, elle adressa un charmant sourire à l'inconnu, un sourire qui était visiblement spontané, puisqu'il étirait sans effort ses pétales de rose qu'elle avait coloré de beige et quelques fois de vermeil.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Dim 9 Déc - 21:24

[oui oui, tout noir Makkuro u__u]


Heureusement, le jeune homme n'eût pas à intervenir. En effet, il se voyait mal fouiller dans le décolleté de cette catin à la recherche de son compagnon, qui savait se faufiler partout et particulièrement là où c'était interdit, grâce notamment à son corps allongé et à sa petite taille. Mais quelle idée avait bien pu lui passer par la tête... Il ne s'attaquait habituellement pas aux humains... Peut-être le parfum de la blonde se rapprochait-il, qui sait, de la charmante odeur d'une proie alléchante? Si tant est que les souris étaient considérées comme proies alléchantes, la jeune fille portait elle un parfum de rongeur? Cela était une hypothèse fort intéressante, étant donné que cet effluve était sensé allécher bien plus qu'une petite fouine noire aux moustaches frémissantes. Devait-on en conclure que l'homme moyen était attiré par l'odeur des souris?

Kristen se perdait déjà dans ses réflexions, habitué à analyser chaque situation dans ses moindres détails, oubliant presque ce qui se passait alors. Elle avait réussi à attraper Makkuro, puis à s'en débarrasser de manière prompte et efficace en le jetant vers le béton sans indulgence aucune, ce qui était ma foi compréhensible. La bestiole se rua à toutes pattes vers son maître, et escalada sa jambe gauche juste avant de disparaître dans la poche du large manteau noir.
Puis elle sembla accepter ses excuses, et lui accorda un sourire engageant... Ses paroles dénotaient une certaine finesse, la plaçant au dessus de la moyenne de ces racoleuses de bas étage. Son apparence soignée et ses vêtements indiquaient déjà que ce n'était pas la pire des garces prêtes à tout pour aguicher le client. Donc, elle pouvait se révéler intéressante.

-Vraiment?

Il avait répondu cela d'un air amusé, toute gêne dissipée devant ce qui semblait être un nouveau jouet, mais il se garda bien de laisser percer trop d'espièglerie dans sa voix car c'était tout de même lui qui était en tort. Son regard embrassa la cour déserte, considérant distraitement le grillage éventré par endroits, les gribouillages enfantins sur le béton froid, les gravats du côté des bâtiments et les oiseaux de mauvais augure perchés là où ils se croyaient invulnérables qui les regardaient avec avidité; avant de se poser sur la blonde au kimono rose.

-Comment une charmante demoiselle comme vous pourrait-elle condamner l'innocent jeune homme que je suis? ^^

Petit rire discret, puis joli sourire. Il n'avait pas l'intention de la charmer, du moins pas encore. Il était sorti pour prendre l'air, pas pour trouver une fille. Celle-là exigerait d'être payée... Fâcheux. Fort fâcheux. Cependant il lui revint à l'esprit qu'il ne couchait pas avec n'importe qui, encore moins avec les prostituées. Si son interlocutrice était issue d'un autre milieu, elle aurait été autrement plus attirante... Quel monde affligeant...
Mais quelque chose le taraudait, bien qu'il feignit de n'y point accorder d'importance.

-... si ce n'est pas indiscret, c'est curieux de vous trouver ici... une école désaffectée ne regorge pas de clients, n'est-ce pas?


Des soupçons, toujours des soupçons... Mais à qui pouvait-on faire confiance en ce bas-monde?
Il lui était venu à l'esprit que si la jeune femme ne se trouvait pas dans les rues à exposer ses charmes, elle s'était certainement rendue ici dans un tout autre but. Pourquoi ne pas s'amuser à le découvrir? Après tout, il avait tout son temps, et cela se révèlerait sûrement distrayant.

Le jeune homme se tenait droit, un vent léger jouant avec ses cheveux noirs. Son regard de glace se promenait sans en avoir l'air sur le visage de la demoiselle, et il se dit que, tout de même, demeuraient de jolies fleurs dans les jardins sales qu'étaient les bas quartiers, malgré les mauvaises herbes. Des fleurs sauvages qui, malgré l'adversité, continuaient à lutter pour leur survie.
Il ne savait pas pourquoi, mais plus il l'observait, plus il doutait de son métier. Son regard était dur, certes, mais pas aussi las que celui de celles qui en étaient réduites à vendre leur corps... Il lui manquait une touche de désespoir, peut-être...
Le froid lui fit resserer les pans de son manteau. Une poche était plus lourde que l'autre, cependant la boule de poils de laquelle se dégageait une certaine chaleur ne se manifestait pas. Il boudait, songea Kristen avec amusement. Il boudait comme un gamin contrarié. Le jeune homme ne passa cependant pas la main dans sa poche pour caresser la bestiole, dans l'intention de ne pas froisser la fille qui prendrait certainement cela comme un soutien pour ce qu'il avait fait.
L'humeur des femmes avait tendance à changer très vite, et pas forcément de la meilleure façon. Il pouvait comprendre cela, d'une certaine manière, car il savait son tempérament lunatique... Mais elle avait de la chance, il était plutôt sociable ce jour là...
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Mer 12 Déc - 20:35

Charmant.

S'inquiéter de ses faits et gestes n'était habituellement pas la priorité de tous ces idiots qui venaient soulager leurs coeurs, et leurs âmes, auprès de poupées qui n'étaient que des joies éphémères.
Après tout, on pouvait rencontrer des exceptions partout ailleurs, même dans ce bas monde où il était complexe de fuir. En la présence de Kristen, la soi-disante prostituée se montrait plutôt indulgente, pour ne pas dire sacrément mielleuse, qu'elle aurait presque pu en devenir fausse. Toutefois, il fallait savoir doser avec modération pour ne pas attirer les soupçons de son interlocuteur. Cependant, sans qu'elle ne puisse se douter de quoique ce soit, la fleur sauvage répondant au prénom de Narcisse, et au pseudonyme de Laïla était supposément légèrement découverte, comme précédamment lorsque son corps aurait pu se retrouver à demi-nu, sous les yeux exorbités d'un jeune prince faussement gêné. A en juger par sa tenue vestimentaire, il n'était pas le style de damoiseau à sortir des quartiers défavorisés. Persuadé que son statut était avantageux, elle redoubla d'effort pour se montrer la plus "propre" possible, en apparence. Il ne fallait pas prendre cette pensée pour une envie de plaire, mais un désir de ne pas être prise la main dans le sac. Car quoi de plus immonde pour une tueuse à gages que de faire découvrir à autrui le pot aux roses?

La prudence était d'or, contrairement au silence qui laissait suggérer un mal-être évident. Ainsi, dès qu'une parole bien placée pesait sur ses épaules, elle s'arrangeait pour réfléchir le moins de temps possible, afin de ne pas offrir l'illusion de celle qui choisissait délicatement ses expressions, dans le but de tromper son prochain. Et heureusement pour elle, une brise douce et hivernale parut la détendre et la conforter dans son rôle. Il lui collait à la peau depuis tout ce temps, et elle ne pouvait pas faire fi de ses missions, bien que son interlocuteur paraissait fort charmant, mais cela ne pouvait être qu'une fausse apparence.

Appuyant discrètement son dos contre le grillage éventré de part et d'autre, sans omettre le triste paysage qui comblait l'arrière-plan, elle encaissa les premières interrogatives. Quelques paroles dites à son attention, et le tour était joué, les dés lancés, le jeu entamé.


"Disons que j'ai des ressources..."

Finit-elle par répondre sur un ton badin.

La première interpellation de Kristen fut considérée comme une provocation aux yeux de notre tueuse à gages camouflée, et elle se sentit offusquée de devoir se tapir dans l'ombre, avant de bondir tel un chat enragé sur sa proie. Pour l'instant, il fallait laisser courir, répandre le doute et diffuser le plus de bonnes impressions. C'était une tâche ardue, complexe puisqu'elle demandait un contrôle de soi incontournable et exemplaire. Quoi de plus naturel après tout que de vouloir sauver sa peau.


"Pour ce qui est de la raison de ma présence ici...je m'apprêtai justement à entamer mon pénible labeur, lorsque ce paysage heurta mon coeur...il a éveillé en moi quelques réminiscences et..."

...et quoi? L'évanouissement de sa voix dans le vent aurait pu en faire frémir plus d'un, tant le mysticisme de la scène touchait à son paroxysme.

L'intéressante ou la captivante prostituée continuait d'observer méticuleusement l"école désaffectée. Une expression songeuse s'afficha sur son faciès un peu rond, significatif d'une jeunesse pas si lointaine que cela. Elle avait encore beaucoup de choses à découvrir, la moindre étant de se taire sur le futur pour ne point être déçu. Beaucoup se faisaient du mal en cherchant à connaître leur destin, et à force de le défier et de le contrôler obstinément, ils venaient à mourir dans l'opprobre ou l’abattement, obligés de se plier aux plus avantagés pour obtenir quelques faveurs et privilèges.
La tueuse à gages s'imagina parmi les enfants matérialisés dans les profondeurs abyssales de ses pensées. Elle se vit au centre d'eux, jouant en leur compagnie avec un ballon de football qu'elle frapperait de toutes ses forces, l'envoyant directement dans les cages, ou l'incitant à heurter maladroitement le poteau. Mais dans cette cour de récréation dévastée, il ne restait plus qu'un terrain vague sur lequel on aurait pu entreposer des bottes de foin qui, comme dans les western, rouleraient au gré du vent en allant d'un côté vers l'autre. Seul le vide prédominait, plus aucune vie ne régnait en maître ici bas, hormis les corps un tantinet chaleureux mais remplis de vices et de mal-être qui tentaient tant bien que mal de réhausser l'espèce humaine. De toute façon, d'une quelconque manière qu'il fut, personne ne parvint à faire quoique ce soit pour Tokyo. Dès lors qu'elle fut détruite par la bombe résultant de la bêtise humaine, on ne put plus rien pour elle, mis à part prier un Dieu qui nous aura définitivement abandonné.

Quant à Laïla, elle n'avait jamais cru en rien d'autre qu'en elle-même, considérant que prôner pour l'égoïsme était une façon différente de s raccrocher à quelque chose de bien matériel, que l'on pouvait toucher, sentir, savourer d'un oeil vicieux ou sain. Lorsqu'elle vivait avec celui qu'elle surnommait Maître affectueusement, elle n'avait connu rien d'autre qu'un petit territoire très restreint qu'était l'appartement qu'elle entretenait aujourd'hui encore. Comment avait-elle pu hanter définitivement les lieux de son douloureux passé? Etait-ce pour faire saigner abondamment les blessures qui mutilaient secrètement son corps, dans le but de lui faire ressentir qu'elle existait? Perosnne ne pouvait comprendre ses intentions, comme elle n'arrivait pas à cerner celles de son interlocuteur, galant, mais dont les coups d'oeil paraissaient prudents, méticuleux, et plus intelligents qu'ils ne le laissaient paraître.


"Soit...pourrais-je connaître l'identité de mon interlocuteur? Ou est-il venu m'aborder dans l'espoir d'assouvir un besoin...?"

Là encore, elle passait inéluctablement du coq à l'âne, mais que personne vienne penser qu'elle n'y était pour rien, puisque dans son cas, tout était entièrement pré-médité. il n'yavait aucun doute à percevoir là-dessus, mais encore fallait-il la connaître jusqu'au bout des doigts. C'était une tâche ardue que d'identifier chaque aspect de sa personnalité, car ce qu'elle laissait paraître n'était pas toujours le réel fond de ses pensées, d'où l'importance de préserver la forme pour ne pas éveiller un quelconque soupçon sur la vérité derrière toutes les autres.

Maintenant, est-ce que Kristen était capable de percer les secrets de chacun? Allez savoir...telle était la question que chacun se posait à l'égard de son prochain!
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Sam 15 Déc - 15:01

C'était amusant. Elle jouait sur le mystère, ponctuant ses phrases de sens voilés qui sous-entendaient peut-être une confidence, ou peut-être pas... Le jeune homme aimait ce petit jeu là, qui nécessitait un esprit entraîné, perspicace, et un certain don pour l'éloquence. Mais c'était un art dangereux, tout de même, il s'y savait assez habile, et qui ne s'avérait pas capable de soutenir la discussion pouvait très vite être classé dans la catégorie “déplaisant”. Classement qui n'apportait rien de bon, en règle générale.
Pour l'instant elle se débrouillait bien, très bien même... peut-être trop bien.

Ainsi, la jeune femme s'était laissée surprendre par les souvenirs, en ce lieu évocateur qu'était l'école... Mais pouvait-on encore appeler cela une école? Le bâtiment tenait à peine debout, en voyant les salles de classe dénuées de tout meublement l'on avait peine à se rendre compte de ce que c'était vraiment. N'y demeurait seulement que le souvenir des jours heureux, où les enfants apprenaient sagement à lire et à compter sous le regard bienveillant de la maîtresse.
Tout cela était d'une mélancolie à toute épreuve... cependant Kristen supportait difficilement les enfants, et il n'avait pas étudié dans une “école” à proprement parler. Cela ne le touchait donc pas outre mesure...

Le regard bleuté de la jeune fille abandonna sa rêverie comme à regret, puis, inspirée d'une curiosité soudaine ou d'une prudence raisonnable, elle désira en savoir un peu plus sur ce mystérieux homme qui possédait une fouine mal élevée et qui s'avérait bien plus respectueux que n'importe quel bougre croisé dans la rue. Sans oublier son sourire troublant, qui dégageait ce charme insaisissable dont il jouait parfois, et ce regard couleur de ciel bien plus profond qu'il ne le laissait paraître...
Après une courte réflexion qu'il afficha d'un air songeur sur ses traits délicats, il se plut à répondre ainsi:

-Eh bien... à vrai dire... il se pourrait que vos services m'intéressent...


Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres fines. On aurait pu se demander quelles étaient ses intentions, que poussait ce chaste damoiseau à se compromettre ainsi sur les sentiers incertains et dangereux de la débauche, lui qui dénigrait et refusait fermement toute forme de relation “payée”... Avait-il changé d'avis? Il semblait tout de même assez sûr de lui... Mais ce cher jeune homme aux cheveux de jais et aux yeux couleur de cristal azuré était bien difficile à cerner, surtout pour qui le rencontrait pour la première fois comme c'était le cas de la blonde. Qui pouvait se vanter de le connaître? Il s'appliquait à être imprévisible, volant au gré de vents qui lui semblaient favorables, son tempérament aussi fantasque que la direction d'une girouette...

Il s'approcha doucement, se glissant près la jeune femme en gardant toutefois une proximité décente. Sans qu'il s'aventurât à la toucher, Kristen approcha ses lèvres de la chevelure dorée pour déclarer d'une voix grave et chantante à l'oreille de son interlocutrice...

-Qui ne serait pas intrigué par une beauté pareille à la plus farouche des fleurs sauvages, au point de vouloir s'emparer de ses charmes ne serait-ce que pour quelques heures?

De la séduction? Oh, si peu. Voilà qu'il courtisait les prostituées, maintenant... Etait-il tombé bien bas... Cependant, il avait un air moqueur qui suggérait plus de badinage que de lasciveté. Décidément, il était bien intrigant, ce mâle audacieux.
Il contourna l'enfant blonde à peine sortie de l'adolescence bien qu'elle dût être plus vieille que lui, et s'arrêta à sa hauteur pour lui jeter un regard espiègle.

-On m'appelle BloodStained. Prince de la nuit, pour vous servir <3
Vous ne semblez pas bien aguicheuse, et pourtant vous vous proposez à n'importe qui... cela pourrait être dangereux, vous ne croyez pas? Il se passe tant de choses dans l'ombre... comme par exemple... un être malfaisant qui pourrait, vous trouvant là à sa portée, abîmer votre joli cou?


Le ténébreux éclata de rire, et retourna nonchalamment se placer en face de sa chère blonde. Il ne doutait pas lui avoir donné des raisons de se méfier de lui. Un sous-entendu évasif pouvait aussi bien en cacher un autre... Mais lui aussi se méfiait, ils étaient quites, non? En tous cas il s'amusait beaucoup.

-Mais je plaisante voyons! ^o^
Vous avez dit vous même que vous aviez des ressources... bien qu'elles puissent s'avérer insuffisantes...


*smile*

-Je plaisante, je plaisante!

Il allait finir par se faire étriper. Quelle triste fin. Hilare, Kristen passa la main dans ses cheveux, sur ses lèvres toujours ce sourire charmeur, s'efforçant d'arrêter de se gausser devant la jeune fille de cette manière. Quoi de mieux qu'une facétie pour détendre l'atmosphère... Lui se sentait bien détendu, mais il n'était pas aussi sûr que ce fût le cas de son interlocutrice.
Tout cela avait dû lui faire passer l'envie de l'avoir comme client. Mais peut-être était-ce là l'intention première du jeune homme, qui sait... S'il ne désirait pas compagnie de cette manière, il appréciait pourtant de parler à cette fille, peut-être même à ses dépends. Il ne comptait pas l'abandonner de si tôt...
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Sam 22 Déc - 12:36

Comment définir un homme dont le sourire charmeur pouvait en cacher un autre, bien plus perfide et malveillant?
Laïla se posa soudainement la question, en assistant à un jeu de séduction plus que surprenant. Il savait y faire avec les demoiselles, bien que ce fut d'une manière peu convenable, puisqu'elle eut l'effet escompté, soit celui de la rébuter à lui parler plus longtemps. Etrangement, bien que son comportement poussait à vouloir le mépriser sans même essayer de le scruter davantage, il dégageait un aura qui dissimulait bien des confidences inavouées. Notre tueuse à gages déguisée en prostituée vint à se demander si, après tout, elle ne ferait pas mieux de cacher son envie de le trucider sur place, lorsqu'il se joua de son statut qu'il pensait définitif. Pensait-il pouvoir l'atteindre avec de telles paroles, elle qui avait appris à faire fi de toute forme de badinage? Même les êtres les plus stables ne l'atteignaient pas, parce qu'ils ne possédaient pas ce petit quelque chose qu'elle appréciait chez un homme, et qu'elle avait cru trouver chez son Maître disparu.

Son sourire était apparu comme cela, sans aucune raison valable, et il faisait preuve d'une nonchalance exemplaire. Il croyait avoir le contrôle de la situation, et était persuadé d'être en face d'une simple prostituée. A moins que ses soupçons soient aussi forts pour la pousser à être à bout, et à dévoiler le pot aux roses? Dans ce cas là, il était très mal parti, puisque tant que la confiance ne demeure pas, il ne tirerait rien de cette fleur sauvage parmi tant d'autres.
Ainsi, lorsqu'il crut bon de la valoriser en prétextant qu'aucune créature telle qu'elle soit ne pouvait résister à son charme, elle en fut bien aise et cacha la jubilation que pouvait provoquer ces flatteries infinies. Soudainement, elles devinrent plus vicieuses, et de mauvaises intentions devaient se tapir dans l'ombre pour éviter le regard perçant et observateur d'une tueuse à gages prudente, et attentive aux gestes d'autrui.

Son souffle dégageait un malaise apparent, et dès qu'il se rapprocha dangereusement de la créature, elle jugea préférable de rester de marbre, bien que l'allusion à un vampire ne lui plut qu'à demi. Peut-être faisait-il partie de ces imbéciles qu'elle avait déjà eu à exterminer, sous ordres de ceux qui se sentaient poursuivis par leur avidité sanguine, ainsi que par leurs ombres menaçantes...seulement, ces bêtes là ne lui avaient jamais rapporté beaucoup, alors elle se résignait à accepter toute offre les concernant. Les cibles qui rapportaient gros étaient en général les grands trafiquants de drogue, et autres spécimens sortis malencontreusement de l'ombre, dans l'espoir de se frayer un chemin parmi les mille et unes malédictions qui se logeaient dans la nébulosité des ruelles du dôme Tokyo-II.
Laïla sentait sa chevelure atteinte d'un souffle perfide, qui l'empoisonnerait durant un bon bout de temps. Elle l'imaginait apte à le poursuivre définitivement, sans quoi, elle n'aurait pas senti son sang se glacer lors de sa dernière réplique. Elle qui se croyait invulnérable à cause de son statut, elle avait la forte impression que rien ne se passerait comme elle l'avait espéré.

La narcisse en fleur allait-elle bientôt se flétrir, ou n'étit-ce qu'une mauvaise sensation qu'elle devait chasser de son esprit, sous peine d'y laisser sa peau?

Qu'importe, car après lui avoir sorti un malheureux discours sur sa beauté et sa faiblesse, il lui refit face en gardant une distance raisonnable entre eux, ce qui n'était pas plus mal. L'enfant au regard bleuté et à la chevelure dorée, lisse à plein temps, et souillée de sang à ses heures perdues, calma discrètement son rythme cardiaque et reprit le contrôle de la situation. Une expression perspicace s'afficha sur son faciès, et persista à transmettre toute sa méfiance, afin de s'assurer une réputation plus ou moins stable. Finalement, à force de rester patiente et minutieuse, elle était parvenue à connaître son identité, certes princière comme elle l'avait imaginée, mais frissonnante en vue de sa signification. Elle n'était pas dupe, et avait pris le temps de dévorer quelques livres lorsque son Maître était encore là pour lui apprendre tant de choses, dont elle se servirait tôt ou tard. Et actuellement, ses ouvragers d'anglais lui revinrent en mémoire. Que d'étrangetés...


"Enchantée, Prince de la nuit...appelez-moi simplement Laïla. Ce nom suffit à me faire venir vers vous. On dit qu'il est authentique car, sa signification possède bien plus de racines qu'aucune autre..."

Pour finir les présentations, elle entama une petite courbette qu'elle acheva en joignant ses mains, ses ongles vernis de rose pastelle s'entrechoquant, témoignant quelques fois de sa délicatesse mais aussi de sa nervosité...

"C'est un nom bien étrange que vous portez là. Il peut laisser penser tant de choses...je présume que c'est ce qui fait votre popularité, auprès des demoiselles à qui vous...demandez service! Blood...le sang..."

A cette interpellation, ses pupilles bleutées et expressives se rétractèrent puis emplirent de nouveau le blanc de ses orbes océaniques, tourbillonnantes d'intelligence et de culture.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Dim 23 Déc - 20:56

[comment tu l'as diabolisé mon pauvre perso XD
perfide toi même :P]



Le vampire eut la satisfaisante sensation qu'il contrariait la blonde, lui inspirant dégoût et peut-être même effroi, par ses paroles et gestes calculés avec soin. Les “plaisanteries” avaient plus ou moins eu l'effet escompté, mais elle semblait plus méfiante qu'apeurée à présent. Peut-être ne faisait-elle point partie de ces parvenues qui s'évanouissaient à la moindre vue d'une goutte de sang, effrayées du monde et de ses horreurs sans oser sortir de chez elles pour l'affronter... Peut-être supportait-elle la présence de ces ignobles créatures amatrices de sang? Ou bien faisait-elle tout pour masquer ses véritables pensées... Quel jeu amusant.
Deviner les gens, voilà qui l'occupait beaucoup, et qui l'occuperait certainement ce jour-là. Il n'avait pas -...encore?- l'intention d'user de son poignard d'argent, seulement de parler avec les personnes qui savaient encore le faire convenablement, si rares à présent...

-Tout le plaisir est pour moi.


Peut-être un mensonge, peut-êre pas... Tout est dans l'apparence, ne quitte pas ton sourire qui dissimule cette ironie naissante, laisse ton regard vagabonder sans jamais se fixer ouvertement sur sa gorge. Oui, admets qu'elle t'attire, mais attends encore, joue un peu avec elle, peut-être que tu ne la tueras pas si elle est amusante...
Sa façon de se tenir, de parler et de se mouvoir, elle ne pouvait être une simple catin. Ses propos sous-entendaient bien trop d'esprit. Sûrement était-ce sa dignité qui l'empêchait d'aguicher mieux que cela le client... Une prostituée de luxe? Qui alliait élégance et culture pour le plaisir des clients raffinés? C'était fort probable. Quand bien même ce ne serait pas cela, elle pouvait tout aussi bien le prendre pour un sarcasme.

-Si elles savaient ce que signifie réellement mon nom, je doute qu'elles eussent osé m'approcher, mademoiselle la demi-mondaine.
D'ailleurs, qu'est-ce qui vous fait croire que je demande service, comme vous dites, à la gent féminine? Ai-je un air si volage?


Sourire espiègle, encore. Il ne se rappelait aucunement avoir dit ou même sous-entendu qu'il appréciait la compagnie du sexe faible. Serait-elle plus perspicace qu'il n'y paraîssait? La façon d'être du jeune homme ne laissait point transparaître aussi crûment son penchant pour les jolies femmes, du moins le pensait-il. Bah, ce n'était pas bien grave.

-Puisque vous déduisez si bien, suis-je aussi un être cruel et sans conscience? J'aimerais avoir votre avis ^o^


La suite de la conversation allait être intéressante, et la jeune femme avait plutôt intérêt à faire attention à ce qu'elle allait répondre. Il aimait à mettre en difficulté ses interlocuteurs, mais douée comme elle l'était, Laïla ne devrait avoir aucun mal à s'en tirer. Pourtant s'il l'avait sous-estimée... La poche intérieure de sa chemise contenait un objet lourd; une simple paroi de tissu séparait sa peau du contact froid de la lame argentée... Si facile à saisir...
Mais non, mais non, il n'allait pas la tuer, il était ici pour discuter! Comment pourrait-il avoir une vie sociale, sinon.
Kristen se détourna légèrement en direction de la cour de récréation d'un air engageant, comme pour inviter la blonde à le suivre.

-Marchons.

On pouvait voir cela comme un ordre, bien qu'il eût été prononcé sur un ton léger, ou bien comme une invitation... Le vampire ne se plaisait pas à rester là, près de ce grillage, sans rien faire. Il aimait marcher.
De plus, parcourir des lieux inconnus ne pouvait s'avérer qu'intéressant, même s'il ne restait pas grand chose... Le vent ébouriffait un peu ses cheveux noirs; il réprima un frisson. Il se sentait assez bien, la fraicheur de l'hiver lui rappelant gaiement qu'il était en vie, malgré ce paysage et ce ciel triste... Peut-être aurait-il voulu quelqu'un, quelqu'un avec qui parler, mais quelqu'un autre que cette blonde trop méfiante...

La poche s'agita un peu, et le brun y glissa sa main distraitement pour caresser Makkuro. Il était fort dommage que les animaux ne soient pas doués de parole, il imaginait les conversations passionnantes qu'il aurait pu avoir avec la petite fouine... S'ils se comprenaient plus ou moins, Kristen aurait aimé causer avec lui, peut-être son seul et véritable ami...
La solitude l'étreignit soudain, comme un manteau sinistre et mélancolique. Il gardait un air absent, presque rêveur, sentant sous ses doigts la douceur du pelage de son animal, et le vent qui lui caressait le visage. Il avait probablement oublié la jeune femme si peu communicative...
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Dim 23 Déc - 22:12

[ t'as vu ça? xD ]

La cour de récréation désertée par les années malvenues, ainsi que leurs évènements perturbateurs, suffit à faire replonger Laïla dans ses pensées. Elle se heurtait très souvent à cet obstacle que pouvait être la réminiscence, le fait de se souvenir et de se laisser prendre à la gorge par des sentiments humains dont elle devait se débarrasser. Le coeur était une chose qu'un tueur à gages devait oublier l'espace d'un instant, lorsque sa victime perdait la vie pour s'envoler vers d'autres cieux. C'était tout un entraînement qui suscitait une personnalité solide, et cela pour n'importe quel sexe s'y prêtant. Autant de femmes que d'hommes exerçaient avec pénibilité cette profession, qui nécessitait beaucoup d'ombre par laquelle il fallait se laisser envelopper. La nébulosité des alentours était la meilleure arme de ces êtres que l'on payait à ôter la vie, et cela de façon irrémédiable. Il pouvait en exister des exigeants, et d'autres beaucoup plus bourrins et persistant à accomplir le premier service venu. En ce qui concernait notre pseudo-prostituée, elle préférait choisir une cible de marque et recevoir une somme mirobolante rapidement, plutôt que de procéder par acoups. Elle haïssait l'attente qui devait se dérouler avant d'obtenir son salaire. En bref, elle exécrait la concentration dont elle devait user avant de pouvoir souffler un bon coup.

En ce moment, son humeur pouvait changer à tout moment. A fleur de peau à l'idée d'être coupée dans ses pensées par un être étrange à souhait, elle contint plus ou moins sa nervosité. L'angoisse n'était pas encore arrivée, c'était déjà cela! Il ne manquait plus qu'il soit réellement dangereux, et elle serait définitivement sur le qui-vive. Pour le moment, la discussion s'avérait très envenimée, mais rien de plus. Ils ne faisaient que se lancer avec tact et éloquence quelques piques bien sentis, autant pour le Prince de la Nuit que pour la Narcisse en fleur. Laïla lui lançait rarement un regard digne d'une prostituée aguicheuse, et cette attitude pouvait tout aussi bien la trahir. Elle était beaucoup trop attentive et méticuleuse dans sa façon de répondre pour n'être qu'une libertine, prête à vendre sa chair à n'importe quel prix, pourvu que cela lui rapporte.

Sa réponse à celle de son interlocuteur pouvait changer le cours des choses, et faire basculer la balance du mauvais côté. Encore une fois, cette demande exigeait qu'elle réfléchisse sur ce qu'elle devait déclarer, sur le ton le plus solennel possible, et éventuellement avec un sourire spontané . Chercher à détendre l'atmosphère, profiter de sa culture pour l'apâter ou alors le captiver pour lui faire oublier ses intentions cachées, et s'amuser tout autant que lui de ce qu'il pouvait lui évoquer.


"Il n'en tient qu'à vous de vous interroger sur la question. Moi je ne sais pas, je ne vous connais pas. L'unique erreur que je peux faire serait de mal vous juger, alors prouvez-moi qu'il faut vous faire confiance. Ainsi, peut-être que mon opinion sur vous changera, cher prince de la nuit."

Finalement, il embraya sur une toute autre question, celle-ci bien plus fondée, et digne d'être méditée. Mais notre prostituée se contenta d'hausser curieusement des épaules, et de lui répondre sur un ton presque badin.

"On dirait que vous avez quelque chose à vous reprocher. Pourquoi me poser cette question? Vous n'avez pas l'air d'être inculte sur vous-même. Ne faites pas l'ignare lorsque cela vous arrange, vous risqueriez de vous y compromettre! "

Un sourire mystérieux et inaccoutumé (de la part de la tueuse à gages) s'afficha subrepticement sur son faciès. Ses mirettes se plissèrent comme pour se moquer de lui, et ses mains toujours jointes, ses doigts filiformes prenant violemment appui sur sa peau jusqu'à l'érafler jusqu'au sang, elle donnait la parfaite image de la demi-mondaine calme, et qui savait y faire avec son prochain. Elle le provoquait certes, mais ce n'était que pour plus titiller la possible réelle nature qu'il enfouissait au fond de son âme. Si elle se trompait, tant mieux pour elle, ainsi elle pourrait feindre d'accepter toute offre venant de lui. Dans le cas contraire, elle agirait en circonstances, comme elle avait pris pour habitude de faire. Le combat était son quotidien, pourquoi reculer lâchement lorsqu'il ne s'agissait guère d'un client ou d'une proie ?

"Puisque vous m'avez l'air sympathique, j'accepte de marcher avec vous."

Ainsi, elle se rapprocha dangereusement de lui et s'appropria avec délicatesse son bras, s'accrochant à lui comme une geisha faisant la cour à son homme d'un soir. Le jeu de charme était mis à exécution. Furtivement, son bras d'une pâleur sans imperfection, à la peau aussi douce que celle d'une pêche, entoura le sien, et s'arqua de telle sorte qu'il se referma autour de lui.

Voilà que ce couple bien étrange se mit à marcher en direction de la cour de récréation, sur laquelle soufflait un vent faisant grincer sinistrement les cordes d'une balançoire accrochée maladroitement à une branche d'arbre, arquée par la vieillesse et l'épuisement des petits jours. Un trou béant perçait le grillage encerclant l'école désaffectée.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Mar 25 Déc - 23:43

[choupi-Daaaay wech c'cool comme surnom ça u___u
nous sommes sordiques, n'est-ce pas?]



Fort bien, fort bien, il ne l'avait pas sous-estimée. Il ne pouvait que s'en réjouir, trouver un digne adversaire n'était point chose aisée en cette immense ville... Le hasard -mais était-ce bien le hasard?- qui avait mené Makkuro à cette demoiselle l'avait bien choisie. Ainsi, ce que le jeune homme redoutait le plus ne l'atteindrait pas ce matin-là, ce terrible sentiment qui agace et accable l'homme jusqu'au désespoir, ce qui atteignait à présent toute sa famille et tous les riches héritiers de Tokyo II... l'ennui. Oh, me direz-vous, quel mal affligeant, voyez ces centaines de prolétaires qui se meurent dans le froid et la crasse, entassés comme des chiens, forcés de vendre jusqu'à leur corps pour survivre! Mais cela importait peu. De toute manière, quand bien même on leur donnerait de l'argent, ils le dépenseraient dans les bars et les bras des prostituées, pour oublier, oui, pour oublier... Et même eux, ces nantis mis au monde avec une cuillère en argent dans la bouche, même eux, ils cherchaient à oublier, oublier leur ennui et leur lassitude de cette vie ingrate.

Elle faisait tourner la conversation en sa faveur, se jouant des questions comme une anguille glisse entre les doigts du pêcheur maladroit. Une femme agile, certes, mais arriverait-elle toujours à s'échapper aussi dignement? Il lança un regard amusé à sa compagne.

-Je ne fais pas l'ignare, je vous demande votre avis. Il me semble que je me connais assez bien moi-même, ne croyez-vous pas?
Et ma conscience se porte très bien, je vous remercie.


Aucun des actes qu'il aie pu commettre ne lui pesait sur le coeur en scrupules inutiles. Si elle espérait qu'il lui raconterait tous ses méfaits, elle se berçait d'illusions trompeuses. Il allait falloir être plus malin que cela pour le faire parler... Elle ne savait de lui que ce qu'il lui avait laissé savoir, il n'en était pas autrement. C'était sûrement son cas à lui aussi, il devrait faire montre de persévérance et de sagacité pour découvrir si autre chose se cachait derrière cette carapace de courtisane fragile...

-Quant à m'accorder votre confiance, est-ce là une chose bien prudente?
...mais après tout, pourquoi pas! ^^


Kristen doutait qu'elle lui fît réellement confiance un jour. A ses risques et périls. Il était tellement imprévisible... Mais c'était bien parti, il n'avait pas d'intentions malveillantes à son égard. Pour l'instant, il ne s'agissait que de discuter, point de trouver une chambre ou autre activité sportive. Les probabilités de s'en faire amie -ami d'une prostituée? quelle idée- étaient assez infimes, mais au moins ce ne serait ni une ennemie ni une future victime...

Elle lui avait pris le bras à la façon des demoiselles d'antan, sans hésitation, comme si après réflexion il n'était pas terrible que cela, finalement -ou alors elle aimait à jouer avec le danger; et ils marchaient à travers la cour, foulant le béton froid, comme portés par le vent léger qui soufflait là et balayait les souvenirs.
L'homme au manteau noir ne laissait apparaître sur son charmant visage qu'un parfait masque d'indifférence, parfois égayé d'un sourire, et ses yeux de ciel se s'égaraient nonchalamment sur les alentours de l'école. On aurait pu trouver mieux comme lieu de promenade... Sans parler de l'état désastreux du bâtiment, l'extérieur dénué de toute trace de végétation rendait encore plus austère l'absence de vie de l'école. On pouvait exclure les corbeaux, ces oiseaux de mort qui ne souhaitaient que votre trépas pour vous bécqueter les entrailles, dédaignés même par la fouine...

-Quelle désolation... Je suppose que les lieux étaient autrement plus joyeux il y a quelques années...


Tranquillement, ils avançaient, douce pression de leurs bras ensemble, troublant à peine le silence de leur pas léger, et l'on aurait pu dire en les voyant que ces deux là s'étaient bien trouvés. Couple élégant mais opposé en tous points, qui aurait pu savoir que l'une cachait son véritable métier sous une apparence fallacieuse tandis que l'autre aimait à faire couler le sang des jeunes filles innocentes? Eux mêmes ignoraient encore avec qui ils marchaient réellement.

-Avez vous passé votre enfance dans une école comme celle-ci?

A l'époque où l'éducation était gratuite, et où la progéniture avait l'espoir maigre d'un avenir... Cet endroit était l'image même de la déchéance de la ville. Là où des enfants avaient ri, joué, appris à lire et à compter ne se trouvait plus que poussière et corbeaux.
Le jeune homme appréciait cet endroit uniquement parce qu'il était désert, et qu'il y avait trouvé cette blonde sybilline aux répliques subtiles. Il ne s'y serait pas attardé en temps normal, c'était lugubre, oui, bien trop lugubre pour une école...
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Mer 26 Déc - 12:19

[sordides et sadiques à la fois! Mouhaha!]

Décidément, Kristen passait du coq à l'âne, mais il se débrouillait divinement bien. Laïla fut presque charmée par son savoir-faire pour camoufler ses erreurs, ou pour inciter les autres à en faire. Ainsi, lorsqu'elle sentit le contact de son bras contre le sien, elle ne frissonna pas, ne réprima aucune grimace et se contenta de repenser à ses dernières paroles avant qu'il n'embraye sur les prochaines. D'un hochement de tête approbatif, elle avait accepté ses réponses sans oser le contredire. Si il lui avait posé la question précédente, c'était certainement pour la mettre à l'épreuve et juger de sa capacité à se sortir des pires guêpiers. Si c'était cela qui l'intéressait, à son aise, mais notre prostituée ne laisserait rien d'autre que son éloquence, agile et gracieuse, transparaître à travers son visage enfantin.

Sa bouille ronde se détourna de sa trajectoire initiale pour scruter de ses yeux bleutés ceux du second protagoniste, puis d'une voix neutre répliqua:


"Alors je me demande...pourquoi m'avoir posé ces interrogatives, si c'est pour m'assurer que vous vous connaissez parfaitement? Vous êtes un être bien étrange...et...pour ce qui est de la confiance que l'on porte à quelqu'un...il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis."

C'était aussi simple que cela. Ces paroles que lui murmurait constamment son maitre, étaient semblables aux devises qu'elle lançait à tout-va. Actuellement, elle vivait seule avec son Ego et perdurait dans les profondeurs abyssales de ses pensées , mais aussi de ses pires cauchemars. Combien de fois avait-elle été hantée par des fantômes provenant d'un vécu lointain? Elle avait survécu à toutes ces épreuves, et était prête à tout pour braver les obstacles profilés devant elle. Finalement, elle en était arrivée là, en train de discuter avec un homme qu'elle ne connaissait ni d'Adam ni d'Eve, mais avec qui elle prenait un malin plaisir à converser de tout et de rien. Leur éloquence se rejoignait pour former un cocktail explosif, ce qui rendait la chose plus attrayante et séduisante. Même si le couple dès à présent formé pouvait attiser la curiosité de son prochain, il n'était nullement interdit de prendre son pied d'un moment à l'autre, même dans ce dôme où la mort était omniprésente.

Le prince de la Nuit et la Narcisse en fleur se rapprochèrent progressivement de l'école désaffectée. Quelques murs avaient été tagués par des malotrus ou s'étaient effondrés, et il était désormais impossible de délimiter les différentes salles de classes, puisque toutes les vitres sans exception s'étaient retrouvées brisées en mille morceaux. Il arrivait que de nombreux sans abris s'y abritent dans l'espoir de mourir en paix, mais beaucoup d'enfants appréciaient d'imaginer les gens d'antan bénéficier d'un apprentissage autre que le leur, pratiquement inexistant. Comme dit plus haut dans ce topic, Laïla était comme la majeure partie de sa génération une personne non-éduquée, qui n'avait pas eu le privilège de rester toute la journée son séant sur une chaise. Pas de professeur pour lui dicter des connaissances certifiées par des spécialistes, pas de camarades pour partager et apprendre des valeurs comme l'amitié et la solidarité. Et pour seul foyer un espace restreint, dans lequel elle n'avait trouvé qu'une dizaine de livres qu'elle avait dévoré les uns après les autres. Lorsque son Maitre remarqua son goût très marqué pour la lecture, il ramena les quelques ouvrages qu'il restait d'après l'explosion. Selon ses dires, il les avait payé suffisamment cher pour ne pas être contraint de les rendre, ce qui fut bien égoïste pour les gens désireux de se rafraîchir la mémoire. Cependant, personne ne vint les réclamer, et la fillette s'imprégnait de chaque page manuscrite.

Quel plaisir que d'apprendre tous les jours de nouveaux mots, de nouvelles expressions, et surtout de nouvelles personnalités d'écrivains célèbres, qu'ils furent japonais ou bien européens!

Elle jouissait d'un savoir très rare à cette époque, et aurait aimé en faire profiter de possibles amis. Toutefois, en plus d'être particulièrement égoïste et centrée sur Laïla, son Maître à l'identité inconnue avait longtemps refusé de la laisser sortir, jusqu'à ce que, interpellée par son absence d'un soir, sa protégée sorte contre son gré de leur petit studio. Depuis ce jour, tout s'était détruit, mais elle continuait de vivre avec le visage de son ancien tuteur dans l'esprit, mais aussi dans son coeur où lui seul avait une place.

Par conséquent, l'interrogation de Kristen, après avoir effectué une analyse très pertinente du bâtiment délabré, ne fit qu'apparaître des souvenirs douloureux dont la tueuse à gages se serait bien passé. Ainsi, elle fronça discrètement ses sourcils, son visage empruntant une expression contrariée, se pinçant la lèvre inférieure à l'aide d'une dentition parfaitement blanche. Levant ses yeux vers un ciel grisâtre où tournoyaient des oiseaux de mauvaise augure, accompagnant leurs battements d'ailes de croassements désagréables, elle laissa ces quelques mots couler dans l'atmosphère:


"J'aurais bien aimé, mais le destin en a choisi autrement..."

Elle soupira, se crispa et se détendit nouvellement, comme pour tromper celui à qui elle avait malencontreusement adressé la parole. Cependant, elle se mit à espérer que cette rencontre n'était pas si maléfique que ce qu'elle en avait l'air, et qu'elle pourrait profiter de la profondeur d'esprit de Kristen plus longtemps. Elle acheva ses agissements en lâchant calmement le bras de son tueur de temps, et s'en alla en direction des bâtiments en cours de destruction. Ils étaient toujours susceptibles de s'écraser de manière imprévisible, et il n'était pas prudent de s'en rapprocher avec autant de conviction. S'arrêtant à quelques mètres des débris, elle se retourna et laissant sa douce chevelure raide et dorée se soulever, contempla le visage princier d'un Kristen aux réactions multiples.

"Et vous...avez-vous connu ce privilège?"

Autant préciser qu'il était toujours question de la même chose, mais qu'il était trop risqué, à son gout, de s'y aventurer plus longuement, persuadée qu'elle en dévoilerait trop...
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Lun 31 Déc - 2:25

[owi <3]


Oh oui. Etrange. Plus qu'étrange, franchement singulier! ^o^ Peut-être s'en vantait-il un peu, après tout... Quoi de pire que la normalité? Le beau brun se contenta de laisser échapper un petit rire discret en guise de réponse.
Leur promenade nonchalante finit par les mener près du bâtiment désaffecté, principale attraction de ce lieu, bien qu'elle ne valait pas grand chose. Elle lui dit alors qu'elle n'avait pas eu la chance d'étudier dans une école, sans donner d'explications. Sujet qui fâche? Mieux valait ne pas insister. Peut-être était-ce dû à la misère, ou certainement à d'autres causes plus obscures...
La demoiselle s'était approchée du bâtiment pourtant insalubre, quittant son bras, comme pour remettre un peu de distance entre eux. Le laissant seul quelques pas en arrière, elle s'était avancée avant de se retourner pour le dévisager.

-Moi non plus... cet endroit m'est totalement étranger...

Pas de détails non plus. Point trop n'en faut, ne jamais oublier cela. Kristen l'observa quelques instants à son tour. Elle était jolie, tout de même... Sans s'attarder sur cette vision plaisante, il la rejoignit en silence, mais ne s'arrêta pas comme elle aux abords de l'école: il entra directement par une brèche après avoir lancé un regard de défi à sa compagne. Allait-elle le suivre dans cette construction qui menaçait de s'écrouler à tout instant? Appréciait-elle le danger autant que lui? De mettre sa vie en jeu par courage stupide et satisfaction personnelle?

-Venez donc!

Regardant alors autour de lui, il remarqua dans un coin des seringues usagées traînant parmi les débris, quelques mégots, le tout recouvert d'une couche de poussière assez épaisse. De vieilles traces de pas partaient de l'ouverture à gauche de la pièce, et montaient ensuite sur l'escalier délabré qui menait au premier étage. C'aurait pu être un squat sympathique, si le bâtiment ne menaçait pas de s'effondrer sur les pauvres petits drogués qui avaient trouvé un endroit paisible pour s'échapper de ce monde quelques heures vers une béatitude colorée et fleurie, le bras troué de points rouges. Il y avait des bouteilles, aussi... Enfin leur squelette misérable: des tessons verdâtres éparpillés sur le carrelage. Mais il n'y avait plus personne à présent, peut-être la police était-elle venue déloger tout ce joli monde... Ou alors ils étaient à l'étage... De toute manière, la police ne faisait plus cas de grand chose.
Entre les murs mutilés recouverts d'une peinture que l'humidité et le temps n'épargnaient pas, à travers la brèche par laquelle il était entré, il pouvait voir la silhouette de la jeune fille qui hésitait sûrement à la suivre.

-C'est charmant ici!

Il lui adressa un sourire encourageant, et fit quelques pas en direction de l'escalier. Il découvrit avec une répulsion mêlée d'intérêt le cadavre pourrissant d'un rat à qui la fortune n'avait pas souri, apparemment. Tout à fait charmant, comme il l'avait dit lui-même. L'oeil terne du rongeur rappelait celui des mendiants dans les rues, se dit-il avec effroi. N'étaient-ils tous que de pitoyables rats dans ce monde? Le brun aimait les métaphores... Quoique celle-ci ne fut pas des plus poétiques.

-L'étage m'a l'air fort intéressant.

Le jeune vampire avait un peu haussé la voix pour qu'elle l'entende; il ne savait pas si elle viendrait. La curiosité le poussait à gravir cet escalier qui présentait comme le charme effrayant d'une maison grinçante pour les enfants alors qu'ils viennent de voir un film d'horreur, connaissant le danger mais voulant à tout prix tester, se tester, savoir l'inconnu, et peut-être s'effrayer soi-même. Cela, cela n'était pas ennuyeux! Mais peut-être serait-il déçu de ne rien trouver en haut... Aurait-il la satisfaction de savoir que le sol ne s'était pas dérobé sous ses pieds alors qu'il marchait imprudemment à l'étage? Bien maigre consolation pour cette excursion scolaire.
La seule chose qui aurait pu rendre cela quelque peu intéressant, si rien ne se passait, aurait été la présence de la blonde.

Il ne l'attendit pas, et commença à monter les marches, ce qui produisit un bruit criard fort désagréable, les pans de son manteau noir se soulevant légèrement à la manière d'une longue cape noire.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Lun 31 Déc - 12:57

Tout comme Laïla, Kristen opta pour la prudence et ne s'attarda pas sur une question qui pouvait en fâcher plus d'un. Il se consacra à une toute autre chose, bien plus contrariante et inquiétante que ce sujet de conversation qui devenait fortement ennuyeux et embêtant. La visite de l'école désaffectée l'inspira plus qu'une discussion autour d'une tasse de café qu'ils pourraient toujours imaginer. Il préférait largement défier le danger plutôt que de s'éterniser sur des paroles, qui ne devaient pas avoir plus de sens pour lui que pour sa partenaire.
Par conséquent, il s'approcha avec confiance de l'édifice délabré, paré à s'effondrer sur toute chose susceptible de le visiter, et s'enfonça dans l'obscurité dans laquelle Laïla n'hésita pas à le suivre. C'était que pour une petite prostituée de pacotille, elle en avait dans la cervelle et appréciait de découvrir en charitable compagnie, des endroits qu'elle n'aurait jamais osé visiter toute seule. C'était un risque à prendre que de s'y aventurer avec Kristen.
Lorsqu'elle arriva à l'intérieur du bâtiment qui ressemblait à tout sauf à cela, elle regarda sur sa gauche et tout comme sa nouvelle rencontre, y remarqua quelques seringues, ou du moins ce qu'il en restait. Non loin de là, on pouvait apercevoir de nombreux mégots de cigarette, qui n'avaient été consumé qu'à moitié. Quel gâchis!
Durant longtemps, la tueuse à gages avait soupçonné que quelques dérangés viennent assouvir leurs besoins vitaux en ces lieux sinistres, où le vent s'engouffrait pour laisser son cri transpercer le silence, et traverser sournoisement les murs.

Raclant bruyamment de la gorge pour signaler sa présence au sein des ruines, elle poursuivit sa visite en suivant discrètement Kristen. Le prince de la nuit paraissait aussi curieux qu'elle, au point qu'elle se demandait s'il ne l'entraînait pas volontairement au premier étage. Elle fut par ailleurs étonnée de la stabilité des marches, bien qu'elle douta soudainement de leur fiabilité. Elle s'appuya faiblement sur l'une d'entre elles, puis d'un pas plus assuré les monta gracieusement, sans se soucier de ce qui pourrait arriver. L'une de ses philosophies était qu'il fallait profiter du présent, sans se pourrir l'existence à imaginer un futur dont on ne connaissait rien. Cependant, elle ne s'interdisait pas de prévoir et d'anticiper toutes les briques pouvant lui tomber sur la tête, et usait d'un peu de prudence. Mais cela ne concernait pas uniquement Kristen, car elle agissait ainsi en toute circonstances, surtout lorsqu'elles n'étaient point rassurantes.

Etonnament, Kristen lui avait adressé un sourire plus ou moins encourageant, mais ce ne fut pas pour autant qu'elle demeura plus confiante. Le coeur plus ou moins battant, elle sentit les marches grincer systématiquement sous ses pas, et fut répugnée à la vue d'un cadavre de rat, qu'elle écarta élégamment de son chemin, à l'aide d'un léger coup de pied. La dépouille eut du mal à rouler sur elle-même, et disparut dans la nébulosité du bâtiment. La narcisse en fleur poursuivit son avancée, courageusement, calmant sa respiration et sentant une odeur nauséabonde envahir le premier étage. Kristen l'avait-elle sentie, ou était-elle la seule à se préoccuper de ces détails? La force de l'habitude lui donnait de nombreux avantages, mais aussi quelques inconvénients.

Lorsqu'elle parvint au premier étage, elle y retrouva comme convenu ce cher et tendre prince de la nuit, qu'elle ne s'empressa pas de rejoindre. D'un pas flegmatique, elle se posta à ses côtés en ne confirmant nullement toutes ses belles paroles, dites sur un ton tantôt enjoué, tantôt rassurant, voire héroïque.


"Hé bien...hormis le fait que ce soit particulièrement charmant, je dirais qu'il n'y a rien de plus que des ruines..."

Elle avait prononcé cette unique phrase sir un ton badin, croisant ses bras et employant un air hautain pour accentuer son effet.

Finalement, elle en eut assez de s'éterniser ici, et ignorant les actuelles réactions de son compagnon, elle entreprit de gravir les marches d'un autre escalier, bien plus instable. En observant une dernière fois le premier, elle en conclut qu'autrefois, il devait s'y trouver les bureaux d'administration, où les surveillants et les vice-directeurs se réunissaient pour organiser le bien-être de leurs élèves. Soupirant, elle constata la présence de plusieurs murs délabrés, servant de piliers pour maintenir le plafond. Elle en vint à se demander si le deuxième étage serait plus sûr. Par simple curiosité, elle continua son long périple dans ce milieu scolaire, où tout pouvait s'achever pour elle. Sans plus attendre et parce qu'elle était bien trop curieuse pour se priver de cela, elle atteignit le deuxième étage. Elle s'arrêta net en atterrissant dans un immense couloir percé par le peu de lumière éclairant l'extérieur.


"Tiens donc..."

Alors que son rythme cardiaque s'était plus ou moins calmé, la panique revint à la charge lorsqu'au milieu des débris, elle aperçut un quatuor de cadavres. Des cadavres humains tout ce qu'il y avait de plus infame et dégoûtant dans ce monde de brutes. Elle eut un geste de recul, mais sentant les marches grincer derrière elle, la menaçant de se dérober sous elle, la jeune femme alla de l'avant sans faire attendre plus longuement son instinct, et inspecta soigneusement les corps d'un simple coup d'oeil. Elle s'en approcha timidement, puis son attitude de tueuse à gages exemplaire reprit le dessus. Elle n'hésita pas à user de quelques précautions en préservant ses distances. L'odeur de la putréfaction des corps la prit au nez, et elle reconnut l'identique senteur ressentie sur les premières marches du premier escalier. Cette puanteur provenait donc de là, et il semblerait que ces dépouilles appartenaient aux drogués susceptibles d'avoir usé les seringues retrouvées à l'entrée. Oui, les mêmes signes typiques de la toxicomanie. Le regard hagard, les pupilles rétractées sous l'effet du spleen procuré par les substances illicites, sans omettre les nombreuses marques de piqûres sur leurs avant-bras. Leurs manches étaient relevées, comme si ils n'avaient pas eu le temps d'agir autrement...avaient-ils été pris de court?

Laïla aurait peut-être la réponse à sa question.
En effet, au loin des grognements et des gémissements retentissaient, là bas, tout au fond du corridor, lequel était plongé dans une pénombre parfaite. Dans quel pétrin s'était-elle encore fourré? Que se tramait-il dans l'obscurité, et surtout, comment allait-elle se défendre en jouant le rôle d'une simple prostituée? Elle ne pouvait pas faire tomber sa couverture, comme elle ne voulait pas se faire saigner comme un porc par une créature, qui pouvait être tout aussi bien un garou, qu'un vampire assoiffé de sang. Car en plus d'être peu appétissants, les corps étaient pour la plupart éventrés, défigurés, le visage lacéré et l'ensemble des parties corporelles méconnaissables. Peu de détails pouvaient être distingués dans ce cauchemar, et c'était une chance d'avoir pu les identifier.

Tandis qu'elle restait immobile, des sonorités désagréables semblables à des succions émergèrent d'un point bien précis. Le fond du couloir. Que s'y passait-il?


[j'te laisse imaginer la suite, mouhaha!]
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Dim 6 Jan - 12:47

[Si tu réponds avant trois jours, je te bouffe choupiDay <3]


Kristen constata avec satisfaction qu'elle l'avait suivi sans hésiter. Quelque peu la satisfaction d'un meneur qui sait que les troupes -et quelles troupes! Avec un corps de rêve muni d'un joli petit derrière et... *porte*- osent le suivre avec détermination. Non pas qu'il se sentît comme le chef d'un peuple qui lui vouerait une adoration totale, loin de là, seulement une petite satisfaction personnelle. Qui ne voudrait pas être suivi par une jolie blonde? Non, non, ne pas oublier qu'il ne fallait pas lui faire de mal. Garder constamment ce but en tête était primordial. C'était tellement plus facile de rester en compagnie de filles inintéressantes; on pouvait les tuer quand on voulait... Mais tellement moins amusant... Cruel dilemme.
De plus une femme qui avait du cran, voilà qui était attrayant. Cela le conforta dans son idée de ne pas l'abîmer.

Alors qu'il gravissait les marches, il sentit tout comme sa compagne une odeur pestilencielle lui monter à la tête, et qui s'intensifiait au fur et à mesure de l'ascension. N'avaient-ils pas choisi cet endroit comme décharge d'ordures? Mais au delà de la pourriture, exhalait autre chose, une odeur bien plus froide, qui glacerait même les âmes les plus insensibles. Réprimant un haut-le-coeur, il se força à continuer jusqu'au palier du premier étage.
Mais arrivés en haut, comme l'avait si bien souligné Laïla, ne se trouvait rien de plus que des salles vides, des murs délabrés et de la poussière. Pour une école désaffectée, il ne fallait pas s'attendre à des trésors rutilants en guise de meubles, un musée de plantes vertes ou quelque chose de tout aussi extraordinaire. Que voulez-vous, l'aventure, c'est l'aventure, il n'y a pas toujours une jolie princesse ou un trésor au bout.
Aussi la jeune femme prit-elle les devants, et s'engagea avec assurance dans le second escalier qui menait à l'étage supérieur. Pourquoi donc la célèbre phrase les femmes et les enfants d'abord? Parce qu'après, les requins n'ont plus faim. Ce n'était pas bien prudent de sa part de progresser seule dans un endroit inconnu comme celui-ci, au lieu de suivre son beau brun qu'elle aimait tant.
Elle paraissait bien sûre d'elle, la demi-mondaine pour qui l'existence ne devait être qu'une suite d'étalage de culture, d'accompagnement de nantis raffinés et de parties de jambes en l'air grassement payées. Il la rattrapa rapidement, non sans choisir les bonnes marches pour y poser les pieds, car la seconde montée grinçait encore plus que la première. Plus ils avançaient, moins les lieux semblaient sûrs. Si le sol venait à s'écrouler sous leurs pieds, ils n'auraient plus qu'à espérer une mort rapide et point trop douloureuse... Quelle perspective alléchante. Surtout que l'odeur horrible se faisait bien plus forte. Mais où étaient-ils donc tombés?

Laïla s'était arrêtée, comme stupéfiée à la vision de quelque chose. Les ennuis commençaient... Le vampire, arrivé à son niveau, découvrit avec répulsion les quatre corps immobiles, qui auraient été recouverts de mouches s'il avait fait un peu plus chaud. Des cadavres. Génial. On était bien loin du trésor attendu. Ils étaient allongés dans le couloir, les yeux vitreux, immobiles -heureusement-, exhalant ce si délicat parfum de décomposition. Les utilisateurs des seringues? Tout le laissait croire.

-Charmant...

Vieillesse? Empoisonnement? La question ne se posait même pas. Ces malheureux avaient été les victimes d'une bête sans pitié. Mais était-ce bien une bête? Analyse froide de l'état des gens. Quelle mauvaise habitude il avait pris de passer au crible chaque personne qu'il rencontrait... Il se mettait aux morts maintenant. Ceci dit cela pourrait peut-être se révéler utile par la suite, au moins ils sauraient à quoi s'attendre en ces lieux sordides. Et non, ce ne pouvait pas être un vampire, les vampires étaient des êtres distingués, non mais. Ils ne déchiquetaient pas leurs victimes.
Mais qui donc tuait des drogués? Ils n'avaient rien à se faire voler, et le peu de poudre qu'ils auraient bien pu avoir, ils l'avaient prise depuis longtemps. Vengeance de loup-garou sans raison véritable? Que de mystères à dévoiler. A vrai dire, la curiosité du jeune homme n'était pas si titillée que ça. Il préférerait découvrir la couleur des sous-vêtements de la blonde plutôt que la raison du trépas de ces misérables. Enfin. On n'a pas toujours le choix, n'est-ce pas.

Ignorant alors les dépouilles, le couple étrangement assorti entendit certains bruits étranges en provenance d'un peu plus loin dans l'étage, certainement au bout du couloir. Cela ressemblait à des bruits de mastication, comme si l'on avait amplifié ces sonorités répugnantes. Dame Prudence aurait vivement conseillé de déguerpir au plus vite avant de subir le même sort que les toxicomanes. Mais Kristen ne connaît pas la mère de Sureté, il préfère mille fois s'adonner aux plaisirs du danger que de se terrer dans son trou comme un insecte effrayé. Car il n'est pas un insecte. Déterminé, il se place déjà devant sa compagne.

-Restez derrière moi.

Oh, comme il est galant ce cher vampire [et sexy avec ça X3]. Au mépris de l'effroi et de l'horreur, il fait barrière de son corps contre ce qui se trouve au bout du couloirs, protégeant ainsi cette simple fille qu'il vient de rencontrer. Tout à coup, c'est le silence. La chose s'est arrêtée. Calme avant la tempête? Plus rien ne se fait entendre, la poussière cesse de voltiger, les rats s'enfuient. Le pressentiment atroce que quelque chose va arriver, là, tout de suite, vite! Il ne bouge pas. Le moindre mouvement peut déclencher l'attaque. Car c'est bien de l'hostilité dans l'air, oui, cette tension palpable annonçe la venue d'une créature malveillante.

Alors, doucement, ils virent apparaître une silhouette, là-bas dans la pénombre. Encore indistincte, elle paraissait humaine. Cependant à l'éclat métallique au niveau des mains de l'adversaire, le jeune homme devina des griffes acérées et luisantes car barbouillées de rouge. Du sang, il en avait jusqu'aux coudes. On distinguait mieux son corps à mesure qu'il marchait, doucement, allure douceâtre qui ne présageait rien de bon... Le parquet geignait sous les pieds de la créature qui sortit lentement de l'ombre...
Ils découvrirent enfin son visage... Même Kristen, ce gentleman meurtrier quelque peu habitué au sang, ne put réprimer un hoquet d'horreur devant la terrible face du monstre. La peau semblait avoir été arrachée, déchiquetée par endroits! Plus de nez: seulement deux orifices répugnants comme ceux des crânes. Les babines tordues révélaient une dentition jaune et gâtée, tandis que l'hémoglobine souillait les contours de cette gueule entrouverte. On avait peine à y reconnaître quelque chose d'humain. Les deux fentes qui tenaient d'yeux luisaient d'un éclat mauvais, en fixant les jeunes gens effarés à l'autre bout du couloir. C'était cela. Un couloir les séparait de la chose, la chose qui s'était repue de la chair des quatres hommes.

C'était la première fois que le brun rencontrait un loup-garou. Et il n'en était pas enchanté, loin de là. Allait-il devoir combattre pour sauver la vie de Laïla, ou même sa propre vie? Un simple poignard avait-il un grand avantage sur ce monstre, muni de lames métalliques aiguisées en guise de griffes? Poignard fait d'argent... l'argent ne repousse ces hybrides que dans les légendes, malheureusement. En résumé, à moins que la blonde ne cachât un bazooka dans son soutien-gorges, ils étaient en mauvaise posture.

-Bon, euh... vous n'auriez pas... par hasard... hum... un bazook... une arme?

Parce que la créature en avait une, d'arme, et des meilleures. Sans parler de son pacifisme apparent. Serrant entre ses doigts ces lames d'acier à la façon des ninjas, cela n'avait rien d'un drapeau blanc qu'on agiterait avec enthousiasme. Les iris froids de Kristen évitaient l'abomination sans pouvoir s'empêcher de l'observer. Il se préparait au pire, vide d'émotions apparentes, calculant avec précision les derniers mètres qui les séparaient du loup-garou...

-Eh bien... à moins que vous n'ayez une envie impérieuse de participer à la boucherie, je vous suggère d'aller mettre en sécurité votre jolie personne...

Elle l'aurait certainement gêné durant le combat. A vrai dire, il ne savait même pas s'il avait une chance de s'en sortir vivant. Il aurait au moins pu gagner un peu de temps pour permettre à sa compagne de s'échapper. Il était né pour les femmes, il mourrait pour une femme... génial.
Plus que sept mètres. Six... Drôle de compte à rebours. Tout à coup, la chose se mit à courir, fondit vers eux à une vitesse extraordinaire. La face haineuse proféra un immonde gargouillement et il se jeta sur les humains. Kristen eut juste le temps d'empoigner le bras de la jeune femme sans ménagement et de se jeter sur le côté; les griffes se refermèrent dans le vide, et entraîné par l'élan, le loup bascula dans l'escalier en un fracas apocalyptique. Laïla n'avait même pas eu le temps de s'enfuir. De plus, les marches semblaient sur le point de se rompre...
Le vampire se releva avec précautions, et examina sa compagne. Apparemment, rien de cassé. Tant mieux. Il lui tendit une main secourable, tandis que les halètements de la bête se faisaient entendre de nouveau. Ca revenait, et ce n'était pas de bonne humeur...
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Lun 14 Jan - 21:54

[j'l'ai modifié! la fin uniquement.]

Là bas au bout du corridor, les succions persistèrent pour n'être qu'un murmure. Les sonorités désagréables se turent, des bruits de pas lourds et stressants se firent entendre par les humains, tétanisés à l'idée d'y passer à leur tour. Tout laissait penser qu'il ne restait qu'eux pour satisfaire la faim terrifiante et incontrôlable de ce monstre, qui se dévoila en s'extirpant de l'obscurité. Un visage complètement non-identifiable, caractérisé par une présence exacerbée de sang. Deux orifices faisaient office d'yeux, aussi noirs que les recoins du couloir où le prince de la nuit et la narcisse en fleurs se retrouvèrent captifs, entre les griffes acérées de ce monstre. Il n'avait plus rien de normal, hormis sa démarche toutefois saccadée par la présence de la mort. Ses mains étaient imprégnée d'hémoglobines, sa peau s'en imprégnait et ses grognements témoignaient d'une féroce envie d'en finir.

Avant que Laïla ne puisse agir dépendamment de ses capacités en tant que tueuse à gages, Kristen s'opposa vivement à l'idée de la laisser se débrouiller avec cette créature, chez qui l'humanité ne comptait plus. Seule la vengeance et le sang prédominaient dans son coeur, et cette infamie dont il était la représentation, s'immisça jusque dans le coeur vide d'émotions de Laïla. Kristen paraissait aussi intimidé qu'elle, et elle crut apercevoir ses doigts trembloter, bien qu'il s'obstinait à faire le fier. Cependant, plus le compte à rebours progressait, moins leur espérance de vie s'agrandissait, bien au contraire, elle raccourcissait à la vitesse de la lumière. Dame Prudence leur avait pourtant conseillé de rebrousser chemin, quitte à faire sortir de son trou la créature. Peut-être n'auraient-ils pas dû laisser la curiosité faire son oeuvre, et auraient évité cette situation? Mais maintenant qu'elle y pensait, notre tueuse à gages réalisa nouvellement à quel point ce monde était dénué de moralité.
Le sang recouvrant sa peau déchiquetée jusqu'à ses coudes qu'on ne pouvait presque plus discerner, le premier garou qu'ils eurent rencontré s'avança dangereusement d'eux.

Tout à coup, avant même que les dix premières secondes ne s'écoulent, il se lança vers eux en transportant son immonde carcasse jusqu'à leurs corps inertes, prenant progressivement racine dans le sol, prêt à se dérober sous eux. Laïla fut vivement poussée hors de sa trajectoire par Kristen et eut à peine le temps de fuir que déjà, les marches de l'escalier s'effondraient une par une. Les rampes qui permettaient de s'y appuyer étaient de plus en plus lâches, leur donnant une chance minime de s'en sortir. La tueuse à gages, paniquée, vit avec effroi que Kristen s'était retrouvé seul face à lui, bien qu'il parvint à l'éloigner. Après l'avoir rabroué dans les escaliers, il s'empressa de rejoindre la narcisse épanouie en lui tendant une main salvatrice. Elle l'accepta rapidement en entendant les pas nerveux de leur ennemi se rapprocher. Mais pauvre de lui, l’escalier complètement effondré ne lui permit pas de s’accaparer ses proies, bien que l’envie ne manquait pas. Cependant, il eut beau lancer des coups de griffes dans le vent, la misérable bête ne récolterait rien d’autre que le néant.


"Il ne faut plus s'éterniser, Prince de la nuit!"

Lança-t-elle comme pour briser l'absence de contact entre eux. Sans crier gare, le loup garou se mit à hurler, un cri strident qui faillit percer entièrement les tympans de la tueuse à gage, réajustant les pans écartés de son kimono. Dans la précipitation, elle avait oublié la possibilité que l’on puisse découvrir ce qu’elle portait en dessous de son tissu rose, et brusquement, son instinct de tueuse à la rappela à l’ordre. Légèrement appuyée sur les restes de la rambarde, elle soupira en secouant légèrement de la tête, réalisant dans quel pétrin ils s’étaient mis. Finalement, comment allaient-ils s’en sortir ? Elle avait beau se rassurer, elle ne trouva aucune solution sur le moment. L’odeur de sang au premier étage embaumait chaque coin et recoin, ce qui offrait un esprit macabre aux alentours. Ainsi, Laïla ne se sentit pas vraiment dans son élément, éprouvant une sainte horreur rien qu’à l’idée de faire face au sang. Heureusement, ce n’était pas une phobie à part entière mais cette crainte restait un handicap qu’elle ne pouvait pas combattre aussi facilement.

« En même temps, je ne vois pas quoi faire, alors… »

Autre soupir, plus énigmatique, plus prolongé aussi. Il exprimait clairement son mécontentement ainsi que son agacement. Heureusement que ce style d’inconvénient n’arrivait pas lorsqu’elle devait accomplir une mission, sinon, elle risquerait d’y laisser sa peau avant de recevoir le salaire qui l’aiderait à survivre. Rabattant sensuellement ses cheveux blonds clairs en arrière, elle fit volte-face en tournant cruellement le dos au garou, et continua son chemin en s’enfonçant dans l’obscurité. Elle crut apercevoir au loin un carré de lumière, supposant qu’une sortie se trouvait là. Mais à coup sûr, elle les mènerait dans un autre étage et ainsi de suite, les enlisant dans leur fiente. Ce qui n’était pas idéal.

* En espérant que cette école désaffectée ne soit pas peuplée de bestioles en tout genre. Ces peluches mortifères me révulsent. *
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Jeu 17 Jan - 17:07

[deux plus deeeux? *porte*]


Il semblait que la créature sanguinaire fûsse bloquée à l'étage inférieur. En effet, des nuages sales de poussière et de débris s'étaient gonflés en tous sens autour deux, si bien qu'ils auraient pu se croire en plein ciel si les murs ne les avaient pas restreints à l'école insalubre. Tout cela était dû à la chute de l'escalier, accompagnée d'un fracas épouvantable. S'il avait supporté le pas léger des deux jeunes gens, ce n'était pas pour autant qu'il avait apprécié la lourde masse du lycan qui s'était violemment écrasé contre les marches... Ainsi, la poussière retomba en voltigeant au sol, révélant l'ampleur des dégats. Des morceaux de plâtre jonchaient le sol à n'y plus pouvoir marcher, une large fissure courait maintenant le long du mur et... constat effarant: ils ne pouvaient plus redescendre. Certes, la chose ne pouvait pas non plus remonter, mais la situation n'en était pas moins fâcheuse. Restait à espérer qu'il y aie une autre sortie quelque part...
Ignorant le garou qui s'évertuait à balancer ses griffes dans le vain espoir d'agripper un peu de chair fraiche, la demoiselle fit remarquer au vampire que rester là à attendre bêtement n'était certainement pas la meilleure chose à faire. La créature exprima sa rage en un hurlement déchirant, comme pour répondre à la blonde.

-Excellente idée ^^'

Il la rattrapa dans le couloir sombre par lequel était arrivé l'agresseur. Apparemment, sa compagne y avait entrevu une issue, et ce n'était pas le moment de s'amuser à la contredire. Deux personnes ne seraient pas de trop contre un éventuel assaillant, ou si l'autre revenait à la charge... Laïla semblait savoir ce qu'elle faisait, aussi enfouit-il son esprit de contradiction dans un coin de lui-même, prêt à ressurgir, on ne sait jamais.
Il aperçut à son tour la source de lumière, à quelques mètres devant eux. Sur la gauche, une ouverture entennebrée masquait la pièce d'où était venu le monstre. Une odeur immonde s'en dégageait aussi, et en baissant les yeux Kristen découvrit un bras inerte qui reposait sur le sol. L'autre bout devait sûrement se trouver à l'intérieur, mais curieusement le jeune homme n'avait pas folle envie d'en savoir plus...

Ils préférèrent donc la porte à leur droite munie d'une vitre opaque mais qui laissait tout de même transparaître la lumière pâlotte du jour. Comme il fallait s'y attendre, c'était fermé. Le vampire afficha une moue contrariée, et envoya un violent coup de pied dans la porte qui se brisa en deux. Un peu de poussière tomba du plafond, et les fissures s'élargirent sur les murs alentours. Décidément...

-Eh bien, allons-y...

Le ton était très enthousiaste...
Devant eux s'élevait un escalier métallique en collimaçon, qui devait certainement servir d'échappatoire en cas d'incendie. Vers le bas, les marches qui menaient au sol avaient disparu. Il y en avait suffisament pour aller jusqu'au premier étage, mais c'était là que se trouvait la chose, et il y avait certainement plus intelligent que de se jeter dans la gueule du loup -c'était le cas de le dire... La solution la plus attirante était de grimper encore. Le regard de glace de Kristen examina l'escalier; il compta deux palliers: celui de l'étage supérieur -le troisième et dernier- et enfin, tout en haut, le toit. Ca n'avait pas l'air plus solide que le reste, mais ils n'avaient pas trop le choix, alors autant ne pas trop s'attarder sur les détails comme les lézardes qui parcouraient les marches, et la rampe qui oscillait de gauche à droite à cause d'un maigre souffle de vent...

-Bon, je passe devant.

Posant son pied sur la première, il ordonna intérieurement à la montée de supporter sagement leurs poids, et sans grincer s'il vous plaît, parce qu'il ne tenait pas à finir ses jours écrabouillé à cause de cette fichue école sans avoir au moins découvert la couleur des sous-vêtements de la blonde, non mais.
Les deux jeunes gens progressaient dans l'ascension en silence, pas à pas, et l'escalier tenait bon. Ils arrivaient au pallier le plus proche. Le brun se pencha pour voir au dessous de lui si tout allait bien pour sa compagne. Il constata non seulement que c'était le cas, mais aussi qu'il avait une vue plongeante sur son décolleté. Ah. Hum. o///<
Malheureusement, il ne distinguait pas la couleur du soutien-gorges! Monde cruel! Il feignit de s'attarder sur le sol qui se trouvait à une distance vertigineuse, plutôt que sur la poitrine de la blonde. Le vampire était plutôt habitué à l'exaltation des hauteurs, puisqu'un de ses passe-temps nocturne était le funambulisme sur les toits à la recherche d'une victime -ou d'une maîtresse...

La porte du troisième étage était fermée, comme celle du deuxième. Il ne voyait pas tellement l'intérêt de la défoncer aussi, si c'était pour trouver encore des cadavres ou quelque chose du genre. Et puis s'il y avait un escalier, il menait au deuxième, et ils seraient encore bloqués. Donc il ne restait plus qu'à continuer l'escalade. Un léger soupir franchit les lèvres du jeune homme; qu'allaient-ils découvrir sur le toit? Le silence demeurait comme un voile qui empêcherait la dure vérité de s'imposer à eux. Cependant, il ne s'effrayait pas de l'avenir, leurs chances de s'en sortir n'étaient peut-être pas si minces après tout. Si l'écroulement de l'escalier leur avait permis d'échapper quelque temps au loup-garou, rien ne prouvait qu'ils n'étaient pas capables de s'en tirer tous seuls. Le poignard en argent sembla glisser dans la main du brun comme par magie; il ne restait que quelques marches...
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Sam 19 Jan - 22:23

Au loin, les hurlements stridents du loup-garou retentissaient, ainsi que le bruit de ses coups pourfendant le vide. Il ne cessait pas d’effectuer quelques petits bonds peu vertigineux, puisqu’ils n’amenèrent rien d’autre que le rez-de-chaussée. Après tout, monsieur pouvait se déchaîner autant qu’il le désirait, il ne parviendrait plus à retrouver ses proies maintenant distancées. Le vampire dissimulé ainsi que la prostituée surjouée avaient abandonné l’idée de sortir par où ils étaient entrés, et s’enfouirent dans l’obscurité du corridor dans l’espoir d’atteindre rapidement la lumière lointaine. La source d’émergence provenait d’un escalier montant tout droit en direction du toit, baignant complètement dans la lumière du jour, ou du moins le peu qui filtrait à travers le dôme. A l’aide de sa force virile, Kristen avait défoncé la porte à la vitre opaque. D’ailleurs, celle-ci se brisa en mille cristaux retentissant lourdement sur le sol, au même titre que les quelques morceaux de plâtre qui furent dilapidés. Laïla soupira à la vue de tant de délicatesse, et convint qu’être en sa compagnie était un mal comme un bien. Sa force physique compensait avec son intelligence, hé oui, il y avait un cerveau pour deux. C’était déjà cela ! Pas tout le monde n’était doté d’un physique et d’un quotient intellectuels avantageux et élevés. Et quand bien même si la perfection existait, elle serait le défaut parmi tous les autres. L’imperfection pouvait être défendue dans une situation telle que l’amour. L’amour était l’union de deux êtres totalement imparfaits, l’homme et la femme. Mais ici, nous ne parlerons que dans le cas où l’amour est hétérosexuel, car l’homosexualité n’était pas à exclure, tout comme la bisexualité qui étaient à respecter. De toute façon, ces deux critères de la société montaient en flèche, car les prostitués devaient chercher leur argent par tous les moyens. Certains étaient contraints d’aller contre leurs principes, chose qui les dégoûtait plus qu’autre chose. Cependant, des rumeurs disaient que beaucoup y prenaient goût.
En voyant ces hommes et ces femmes s’accoutrer de la plus ridicule des tenues pour séduire, Laïla se rendait compte à quel point son maître trépassé avait fait de son existence, une échappatoire. Elle baignait dans un univers paradisiaque, celui qui rapportait, le meurtre et le sang que l’on répandait sur commande. Le permis de tuer était un privilège, et l’atout de Tokio II, était que la justice n’existait pas voire plus. En fait, elle n’avait jamais vu le jour, ce qui laissait penser que cet univers était entre les mains d’une éternelle déchéance, un cauchemar indomptable et sempiternel. Effrayée par cette perspective, Laïla voulut ressentir l’impression d’être au sommet de tout en montant les marches de l’escalier. Celui-ci n’était pas totalement en colimaçon, puisqu’une étendue de dalle permettant d’accéder au second et troisième étage créait une transition avant de poursuivre son ascension. Légère et frivole, elle paraissait atrocement faible dans ces circonstances, à cause de sa frêle carrure et de ses formes moindres. Elle donnait l’impression de n’être qu’une pauvre créature sans défense, inapte à se mouvoir pour esquiver une quelconque hostilité. En fin de compte, elle s’était montrée pleine de cran jusqu’à présent, et Kristen devait certainement s’en être rendu compte.

En parlant de lui, elle se demanda au début de son ascension où il se situait par rapport à elle. Elle leva discrètement les yeux et le surprit en train de se pencher au-dessus de la rambarde peu solide. Elle lui lança un regard mauvais, croyant comprendre qu’il se faisait du souci non pas pour elle, mais pour ses formes sur lesquelles il devait avoir une vue imprenable. Elle soupira, pas aussi dupe que cela. Elle avait légèrement compris ce qui l’avait poussé à agir ainsi. Et elle le vit faire comme si de rien n’était en poursuivant son trajet, et cela avec un comportement d’aventurier persévérant et pourfendeur de l’humanité.

La tueuse à gages parvint à son niveau après l’avoir fait patienter. Pour le punir de sa perversion sans limite, elle avait ralenti le pas, prétextant que le fin tissu de son kimono rose pâle s’emmêlait entre ses mollets, et causait quelques désagréments. En vérité, il n’en était rien, et sa seule préoccupation était de connaître les secrets que recelait la porte devant laquelle ils se trouvèrent. Laïla se rapprocha de son garde du corps, et fit mine d’être inquiète en empoignant sagement son bras. Il était vrai qu’elle n’était pas trop rassurée, tandis que les cris lointains du garou d’en bas retentissaient. Ils résonnaient comme un écho presque inaudible, mais bien présent. Ils la stressaient depuis tout à l’heure, et cela devait se sentir par ses tics nerveux. Pendant ce temps, un bruit venteux faisait trembler la porte conduisant au toit. Elle crut comprendre qu’un événement se préparait. Un mauvais pressentiment l’habitait, elle ne savait pas ce qu’il allait advenir d’eux, d’autant plus que la situation prêtait à l’angoisse et à la réflexion. Il fallait réfléchir avant d’agir.
Constatant l’effrayant silence de son compagnon, pourtant enthousiaste jusqu’à présent, elle s’appuya contre la porte dont elle tourna soigneusement la poignée. Elle n’était pas verrouillée contrairement aux autres, et en l’observant d’un peu plus près, elle remarqua quelques coups de griffures. Des endommagements. Qu’est-ce que cela signifiait ? Est-ce que les garous avaient élus domicile sur le toit et guettaient leurs proies de là haut ? Surtout que si pluie acide il y avait, ils avaient toujours la possibilité de se réfugier au sein du bâtiment bien qu’affreusement délabré.


« Prince de la nuit, voudriez-vous surveiller mes arrières s’il vous plaît. Un ravissant jeune homme tel que vous ne devrait pas se faire attaquer en premier. »

Derrière ses paroles se cachaient beaucoup de moquerie. Elle le persiflait sans aucun scrupule, et sous ses airs apeurés, la tueuse à gages qu’elle avait toujours été s’excitait au rythme de cette aventure trépidante. Elle en pleurerait presque tant la tension était à son comble, mais elle n’y puisait que satisfaction et stimulation. Maintenant qu’elle connaissait exhaustivement l’apparence de ces satanés garous, elle n’aurait plus peur de les regarder droit dans les yeux. Elle les défierait en plongeant sensuellement sa main dans son kimono, en extirpant une magnifique petite fiole transparente. De là, elle leur balancerait en pleine figure ses produits faits maisons, avec amour et dévotion pour sa profession et ses pires ennemis.
Tandis que la scène connaissait un léger ralentissement, la détentrice du permis de tuer appuya le poids de son corps sur la porte et la poussa lentement mais sûrement. Pleine de détermination bien qu’agitée spirituellement par sa capacité d’anticipation, elle se retrouva comme convenu sur le toit. Elle se braqua en apercevant rien d’autre qu’une étendue bétonneuse, rectangulaire puisque représentant le dessus de l’école désaffectée. De nombreux cratères témoignaient des dommages causées par les pluies acides qui pénétraient à plusieurs reprises dans le ciment, et le détruisait jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. D’après leur propriété chimique, Laïla s’étonna presque de la stabilité de l’immeuble et craignit qu’elle n’y fasse de mauvaises rencontres. Enfin, qu’ils n’y fassent de mauvaise rencontre. Elle se retourna pour constater la présence de Kristen, et l’invita à faire le premier pas avec elle. Chose qu’elle effectua sans demander son reste, mains liées comme si elle allait prier, pour s’encourager et s’octroyer un peu de bravoure. Parvenue au summum de l’excitation, ses sens s’éveillèrent et elle crut entendre au loin un grognement . Malheureusement pour elle, la demoiselle au kimono rose ne sentit pas le souffle putride du monstre garou qui s’approchait d’elle. Celui-ci venait de bondir d’on ne sait où pour s’interposer entre elle et Kristen. Il se rapprochait dangereusement de la princesse aux yeux océaniques, persuadée qu’elle pouvait faire confiance à ses sens. En réalité, il s’apprêtait à fondre sur elle…déterminé, invincible.


* Pourquoi sentir ma vie toute entière défiler...qu'est-ce que...*

Les sens bloqués par un trop-plein de confiance, elle ne savait plus discerner le danger du répit, et le grognement du monstre déchiqueté de la tête aux pieds ne lui revint en mémoire, qu'au moment de se retourner, et d'appréhender la vue de cette erreur de la nature. Un autre imbécile avait élu domicile dans cette école et elle implora du regard Kristen de faire quelque chose.

"Bon sang... pourquoi sont-ils confinés dans de tels espaces?? Tsss..."

Simplement, elle ne remarqua que maintenant que ce grognement n'était qu'uen plainte douloureuse et que la créature qu'elle pensait être un garou était une toute autre chose. Vêtue plus élégamment, bien que ses habits étaient entièrement déchirés.Un corps d'homme évidemment, mais plus chétif, plus humain, bien que victime de nombreuses blessures. Elle remarqua étrangement son goût pour cette vision qu'elle lui offrait, et ne comprit pas assez tot sa demande. Ses mains vicieuses s'approchaient, avenantes, sans que la pauvre demoiselle ne se doute de quelque chose. Cependant, en entendant ses quelques mots, Kristen aurait peut être la mémoire rafraichie?

"Vermine! Ton sang, donne moi ton sang!"

Ce furent les uniques paroles de ce nouvel invité.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Lun 21 Jan - 23:47

[“perversion sans limites" j'vais me venger, mwa, attention uû]




Désirait-elle par là l'impressionner? La raillerie qui émanait de ses propos irrita quelque peu le brun. Qu'est-ce qui lui prenait tout à coup, elle n'avait pas apprécié qu'il épie sa poitrine -d'ailleurs peu considérable? Mince après tout, c'était une prostituée, et lui un homme, il ne fallait pas trop lui en demander. Et puis qu'elle se place ainsi en protectrice au lieu de protégée, cela n'était pas pour plaire à la virilité de son compagnon qui afficha une moue contrariée. Peut-être le danger lui remettrait-il les idées en place, à savoir qui était réellement faible ici? Parce que jouer les courageuses, ça va cinq minutes, surtout si c'était pour réléguer Kristen au rang inférieur de beauté à préserver.

-A votre aise, enfin à vos risques et périls...

Elle pourrait toujours aller se brosser pour qu'il la tire d'une situation fâcheuse, à présent. Oh, rancunier, le brun? Si peu <3 On aurait pu dire qu'il boudait comme un gamin capricieux, mais contentons nous d'un “tout à fait contrarié”. Si bien que la mauvaise humeur ne tarderait pas à s'emparer de lui au prochain incident désagréable, et Laïla ne pourrait s'en prendre qu'à elle-même.
Celle-ci s'avança sans crainte sur le toit; mais avant qu'il se fut décidé à la rejoindre une créature surgie de nulle part s'interposa entre elle et le jeune homme. Tiens tiens tiens. Ca avait l'air plus humain que le premier, en tous cas. Et, point positif, ce n'était pas à lui qu'il semblait en vouloir, mais à sa compagne. La satisfaction pouvait presque se lire sur le visage de Kristen. Voilà ce que la prétention vous apporte, femelle arrogante. Le regard suppliant qu'elle lui lança aviva son contentement, mais il cacha tout cela derrière son indifférence habituelle.
Tout à coup, il lui sembla reconnaître l'individu qui lui tournait le dos pour mieux terrifier la blonde. Il lui semblait bien qu'il habitait dans sa rue! Quel hasard de croiser un voisin dans ces circonstances... Mieux valait n'en rien dire à Laïla pour l'instant <3

-Oh, mais allez-y... vous m'en laisserez un peu ^o^

Mister BloodStained éclata de rire devant la mine de sa chère demoiselle, si bien qu'il en avait les larmes aux yeux. Comme elle allait lui en vouloir! Aaah, mais c'était elle qui avait commencé, hein. Ce n'était pas sa faute si elle se mettait toute seule dans des situations embarassantes! Surtout qu'il ne pouvait absolument rien faire pour l'aider, n'est-ce pas, la fatigue d'avoir monté toutes ces marches le terrassait, et puis que pouvait-il contre un homme agressif? Rien mes amis, absolument rien <3 Il ne pouvait qu'assister au spectacle en témoin horrifié -bien que mort de rire.
Mais, encouragé par les paroles de Kristen, le vampire s'approcha un peu trop près de Laïla, SA Laïla à lui. Le sérieux revint immédiatement.

-Bon, fini de plaisanter. Bas les pattes, la blonde est à moi, je l'ai vue en premier!

Le poignard argenté se fit menaçant; le jeune homme contourna l'agresseur pour lui montrer son visage. C'était celui du gamin le plus riche de Shirogane, celui au manoir immense qui surplombait tous les autres, celui du résident horriblement perspicace craint et respecté par tous... Et puis, entre voisins, on évite de s'entretuer. L'étonnement put se lire sur les traits du suceur de sang. Il avait l'air de s'être calmé, et paraissait sur le point de s'excuser de mauvaise grâce. Non mais c'est vrai, quoi, personne n'a le droit de s'approprier ce sur quoi Kristen avait des vues -pour ne pas dire ce qu'il considérait comme presque déjà acquis. Et l'autre, elle n'avait pas voix au chapitre u___u
Mais avant qu'il aie pu dire quoi que ce soit, un autre facteur entra dans la danse, un facteur très énervé. La boule de poils avait jailli de la poche du manteau, et s'était jetée toutes griffes dehors sur la figure du vampire ennemi... Le malheureux hurla en essayant de retirer la bestiole qui traçait des sillons sanglants partout sur son visage. Il voulait du sang, il avait du sang... La fouine au mauvais caractère n'avait pas apprécié de se faire balloter ainsi sur plusieurs étages, et elle avait faim. Alors elle avait sauté sur le premier visage à portée de pattes, histoire de montrer son mécontentement. Elle ne s'était pas attaquée à Laïla, sûrement par peur de se faire étriper par son maître -ou même par la blonde elle-même...

-Makkuro!

Le vampire parvint enfin à se débarrasser de l'animal noir qu'il jeta par terre. Son visage ruisselait de liquide rouge, et Kristen remarqua qu'il essayait discrètement de lécher la précieuse hémoglobine en guise de consolation... La fouine parcourut quelques mètres, se retourna pour montrer les dents à la demi-mondaine, et disparut derrière un tas de gravats.

-Quelle teigne...

Ca avait dû faire horriblement mal, cependant aucun des deux jeunes gens n'avait fait ne serait-ce qu'un geste pour l'aider. Au moins cela aurait apaisé la soif de sang de leur nouvelle rencontre... Cette dernière marmonna un “au revoir” peu convaincu, et tourna les talons pour revenir près de l'escalier en colimaçon où il attendrait sa prochaine victime. Ils le virent s'asseoir à même le sol, passer sa main sur son visage et se lécher les doigts ensuite...
C'était heureux qu'il ait abandonné si vite. Débarrassés du danger, la voie était libre à l'exploration. La chasse à la sortie pouvait continuer! Le regard de glace examina la surface bétonnée qu'était le toit: des gravats, une rembarde en mauvais état pour prévenir les chutes, et une petite construction tout au fond, qui ressemblait fort à un ascenceur à côté d'un placard de rangement. Il ne fallait pas s'attendre à une échelle, un tobogan ou quelque chose qui les mènerait en bas facilement...


[bon, j'te laisse la suite, j'ai peur que ça devienne un peu -trop- nawak si j'continue <<'
direction l'ascenceur? <3]


Dernière édition par le Dim 27 Jan - 0:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Sam 26 Jan - 23:14

[ Direction l'ascenseur <3 Graou *sbarf* La musique c'est pour le tripe mdr!!! *rigoule comme une baleine*
]

C’était inéluctable. Durant un bon bout de temps, Laïla pensa sa vie terminée entre les mains d’un sanguinaire effréné. Dans sa course pour le sang et la mort, il serait fatalement gagnant car, de par son apparence et son imprévision, il demeurait redoutable. Notre demi-mondaine avait ramené directement ses mains contre sa poitrine, entrelaçant ses doigts comme pour adresser une prière à l’unique Dieu pouvant veiller sur eux. A moins qu’il n’en existe aucun, et de toute façon, elle avait un esprit beaucoup trop scientifique pour y croire. Ainsi, elle faisait mine d’être apeurée histoire de se rassurer, que tout cela n’était qu’une généreuse comédie et que Kristen y mettrait fin. Cependant, qu’elle ne fut pas son étonnement et son mécontentement lorsque celui-ci encouragea l’immonde créature à se rapprocher. Elle lui avait automatiquement lancé un regard coléreux, sans que celui-ci ne soit trop expressif. Devant un adversaire de taille, il valait mieux faire abstraction de ses sentiments et se préoccuper de sa survie. C’était une manière comme une autre de se fixer un objectif pour ne pas passer dans la casserole du vilain suceur de sang que voici. Alors que la trahison de Kristen Bloodstained semblait irrévocable, ce dernier cessa de rire comme une baleine dans son coin et, sa gorge déployée, émit un avertissement. Sa mise en garde fut comme goulument bue par celui à qui elle était adressée. Laïla arqua un sourcil comme lorsqu’elle venait de découvrir un petit détail qui la chiffonnait. Mais contrairement à habituellement, elle ne parvint pas à mettre le doigt sur cette chose qui sonnait faux dans sa tête. Elle ne réussissait pas à trouver la faille, qui lui permettrait de trouver le pot aux roses. Pourquoi avait-elle l’impression qu’un certain lien se dessinait entre ces deux là, entre le sanguinaire et le libertin impénitent qu’elle accompagnait depuis le début de cette trépidante aventure ?

Non, ne pas douter de son allié, c’était contraire à ses principes. Sauf qu’elle n’avait pas le droit de considérer Kristen comme tel, puisqu’il semblait prêt à lui faire de telles frayeurs. De plus, comment cela se faisait-il que le prince de la nuit puisse prendre le dessus à l’aide de quelques mots ? Simples, futiles, banaux mais dégageant un semblant de domination ? Tout cela était insensé, elle ne pouvait pas croire que l’on puisse dissuader quelqu’un de faire quelque chose à l’aide d’une simple phrase. Et puis, depuis quand elle appartenait à quelqu’un ? Sourcils maintenant froncés et lèvres pincées, une charmante moue boudeuse vit le jour sur son visage légèrement rondouillard et enfantin. Elle croisa les bras comme pour revendiquer le fait qu’elle n’appartenait à personne, et que cette avis n’en tenait qu’à elle. Cependant, le fait d’avertir l’autre crétin sanguinaire qu’elle était sous la possession de Kristen, sembla intimider l’inconnu. Du coup, il s’excusa platement en se recevant de violents coups de griffes de la part d’un Makkuro très en colère. Celui-ci eut même l’excellente idée de montrer ses crocs acérés à une Laïla qui n’avait nullement envie de contempler ces dents de rongeur, qui plus est très jaunies. Elle réprima comme une grimace de dégoût et peu après le départ tant attendu du sanguinaire, attendant désormais sa prochaine proie au sommet de l’escalier en colimaçon, elle put respirer longuement.

Maintenant, passons aux choses sérieuses puisque nos deux amis avaient désormais une opportunité de s’enfuir. En effet, non loin de là se trouvait un ascenseur tout ce qu’il y avait de plus normal, mais qu’est-ce qui pouvait certifier qu’il était encore en service ? Hé bien, il suffisait de l’essayer, de l’inaugurer d’une charmante façon. Ainsi, avant qu’elle ne s’en aille en direction de la cabine en fer et aux portes défoncées par quelques évènements fâcheux, elle s’approcha d’un pas rapide et décidé du prince moderne et lestement lui assena une gifle magistrale, le visage neutre et impassible. D’une, parce que monsieur s’était fichu d’elle en riant à gorge déployée durant une situation qui n’en valait pas la peine, et de deux parce qu’il se donnait le droit de la « posséder ». Et la liberté de la femme dans cette histoire ? Elle avait beau jouer un rôle de prostituée, ce n’était pas une raison pour la considérer comme un objet. Elle avait encore assez d’os et de peau pour qu’on la voie comme une humaine et non une peinture de nature morte.

Relevant gracieusement la tête après avoir laissé une marque espérons indélébile sur le minois de Kristen, elle lui tourna les talons comme pour le bouder et entreprit de pénétrer dans la cabine de l’ascenseur. C’était que la demoiselle paraissait tout de même décidée à s’en aller de cet endroit lugubre, empli de personnes fortement mal odorantes et peu sympathiques. L’antipathie que dégageaient les lieux lui octroyaient une humeur massacrante qu’il ne faisait pas bon subir. On aurait pu s’imaginer que n’importe quelle douceur pourrait la calmer, mais pas dans son cas, d’autant plus que mademoiselle n’aurait jamais pu être prostituée. Elle avait trop de dignité pour cela, sa pureté était inégalable à moins qu’un Don Juan capable de la charmer par la parole puisse lui dérober. Dans ce cas là, elle le poursuivrait jusqu’au bout du monde pour avoir sa peau. Mais là n’était pas la question ! Elle n’était plus qu’à quelques centimètres des portes de l’ascenseur et appuya sagement sur le bouton qui servirait à appeler le soi-disant appareil. Elle attendit tout en collant une oreille curieuse contre les portes blindées. Elle entendit le ronronnement du mécanisme permettant de hisser la cabine jusqu’à sa destination respective. C’était rassurant, il était fonctionnel. Seul petit hic, les portes s’ouvriraient-elles ? Hé bien oui, Ô miracle, elles s’entrouvrirent un tout petit peu, laissant tout juste le frêle corps de la pseudo-prostituée se glisser entre elles. Sans même s’en rendre compte, ses agissements étaient sensuels, car sa grâce pouvait porter à confusion de nombreuses fois et éveiller des fantasmes qu’elle ne soupçonnait même pas. Maintenant qu’elle était dans la cabine de l’ascenseur, elle jeta un léger coup d’œil à son camarade. Elle se demanda si il allait la rejoindre pour de bon, où si il préfèrerait prendre racine ou faire mumuse avec son ami. L’homme qui murmurait à l’oreille des sanguinaires allait-il le rejoindre malgré la sentence humiliante de la doucereuse prostituée ? Si il voulait connaître la couleur de son soutien-gorge, il avait tout intérêt. Et pour le narguer davantage, elle approcha dangereusement son index du bouton menant aux étages en dessous, menaçant de le faire patienter un peu.

De toute façon, puisque môssieur était doué pour faire la morale à son prochain et le dissuader de faire une quelconque chose incongrue, pourquoi ne pourrait-il pas camper sur place ? Tant qu’on y était !
Bon hé bien, puisqu’il ne se décidait pas, elle pressa son index sur le bouton menant à l’étage où ils avaient rencontré quatre seringues qui se couraient derrière. Seulement, qu’elle ne fut pas sa surprise de constater que le bouton, bien qu’enfoncé, n’amenait aucune réaction de cette satanée machine ! Ce fut donc une vision fortement…amusante ? Attendrissante ? Qui s’offrit au prince de la nuit. Une Laïla s’énervant et s’apitoyant sur son pauvre sort, dans un ascenseur… quelle rareté.


* Bouton de...mais...mais..MAIS!!!! >__<*

[faisons mijoter le tout pour le moment! niark niark!]
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Jeu 31 Jan - 23:31

*Aieuh TT*

Ne s'y attendant pas vraiment, la punition lui fit tourner la tête dans tous les sens du terme. En effet, elle lui en avait voulu. La marque cuisante en forme de main rouge sur sa joue en témoignait. Bah, ce n'était pas grand chose, il s'était déjà pris plein de gifles, et s'en prendrait certainement encore. Tant que c'était de la part de jeunes femmes effarouchées, ça ne le dérangeait absolument pas <3 Et puis ce qu'il avait fait n'était pas tant répréhensible, tout dépendait de la susceptibilité de la demoiselle. En l'occurence, Laïla avait l'air assez susceptible... Comme il aimait les femmes de caractère :3

Demeurait tout de même la satisfaction que quoiqu'elle en pense, elle était un peu à lui. Cet instinct possessif qu'exprimait Kristen était certainement dû au fait qu'il appréciait la blonde, et qu'il voulait en plus découvrir la couleur de ses sous-vêtements, ce qui impliquait plus ou moins un déshabillage, en conclusion l'intention de lui ôter son kimono pour procéder à un entretien un peu moins catholique. Dire qu'il était venu pour se changer les idées, prendre l'air et bavarder un peu...
Mais comme premier contact, il aurait préféré ses lèvres, tout de même.

-La prochaine fois, je participerai au festin au lieu de secourir honorablement une demoiselle en détresse ==

Mensonge, il n'aimait pas partager. De toute manière elle était trop loin, elle n'avait pas dû l'entendre. La jeune femme s'en était allée dignement vers l'ascenceur et semblait l'attendre. Comme il l'ignora royalement, elle se mit à chercher moyen de le mettre en marche. Décidant que lui éviter sa compagnie quelques minutes calmerait un peu le jeu, il s'approcha nonchalamment du rebord du toit. Une simple barre métallique pouvait protéger de la chute les inconscients qui se pencheraient. A vrai dire, cela ne protégeait plus grand chose... Le bâtiment n'était vraiment plus bon à rien, il serait sage de le détruire au lieu d'y laisser proliférer la vermine en tous genres. Le gouvernement avait sans doute d'autres chats à fouetter.

Un léger sourire flotta sur les lèvres du brun qui arborait son air calculateur. Peut-être que s'il rachetait le terrain... Pour reconstruire un hôtel par dessus, cela pourrait rapporter gros si on négociait convenablement. Un love-hôtel, inauguré par eux deux? Perspective séduisante... Découverte de la couleur qui se faisait tant désirer... Que pouvait bien porter une demi-mondaine comme elle? Blanc, trop sage... Rose, assorti au kimono? Plutôt violet, couleur coquine <3 Oh oui, il pariait sur violet! Il secoua la tête en se maudissant de s'être encore laissé prendre par ces pensées indignes. Un minimum de sérieux. Et puis pour l'instant, le problème était de se sortir de là, parce qu'il ne pourrait rien construire ni découvrir du tout s'il s'éternisait sur ce toit délabré.

De là où Kristen se tenait, on pouvait voir les toits nivellés de la ville basse, qui se heurtaient aux immeubles démesurés des quartiers d'affaires. Le dôme ne laissait transparaître qu'un ciel grisâtre aux allures tristes et laiteuses, comme s'il s'allait mettre à couler en dégoulinant sur la cité pour ensevelir la crasse et la misère.
A part l'immensité de Tokyo II, point d'échappatoire visible... Il connaissait ce spectacle pour l'avoir comme panorama depuis certaines hautes fenêtre du manoir. Se détournant sans regret, il revint sur ses pas et aperçut sa blonde préférée en train de s'évertuer à appuyer sur un bouton opiniâtre. La scène était tout à fait amusante. Quelle était mignonne, cette petite, à s'énerver sur ce pauvre bouton qui ne demandait qu'un peu de tact et de douceur...

Sérieusement, il fallait tout faire ici. La moquerie du psychopathe se révélait à peine à travers sa démarche indolente. Il s'approcha de l'ascenceur sans se presser, prenant même la liberté de regarder autour de lui d'un air curieux comme le petit chaperon rouge innocent qui cueillerait ses fleurs dans la forêt. Lorsqu'il arriva en face de l'ascenceur, il fit mine de s'étonner qu'elle fût encore là au lieu d'avoir pris la poudre d'escampette pour échapper au grand méchant vampire qui avait été très vilain.

-Besoin d'aide? ^_________^

Kristen le retour -tadaaa. Sans réellement attendre de réponse, il se glissa à son tour entre les portes de l'engin. Pour une fois que ça lui servait à quelque chose, de n'être pas qu'un gros tas de muscles... La cabine était véritablement exigüe. Elle contenait à peine les deux personnes point trop enrobées qu'ils étaient. Non que se tenir tout près du corps de Laïla lui déplaisait -loin de là- seulement si l'habitacle n'était pas fait pour cela, ce n'était peut-être pas une bonne idée vu l'état de l'école. Mais bon, à la guerre comme à la guerre...

Il se trouvait maintenant face au clavier orné d'une douzaine de boutons. Les numéros à demi-effacés demeuraient pourtant, et il put voir que celui du rez-de-chaussée avait déjà été essayé par Laïla, en vain. Avant de poser son doigt magique -avec lui, ça marcherait, il en était certain- il jeta un regard interrogateur à la demi-mondaine. Les yeux de glace de manquèrent pas de transpercer la jeune femme, puis revinrent se poser sur ce niveau 0 tant convoité.

-Vous êtes sûre qu'on descend? Il y a le loup-garou, en bas. Je ne doute pas de l'accueil chaleureux qu'il pourrait nous offrir.

Il appuya discrètement sur le bouton. Comme on pouvait s'y attendre, pas de réaction de l'appareil... Mais un souvenir traversa l'esprit aiguisé du vampire. En effet, s'il se rappelait bien, ils se trouvaient au deuxième étage lorsque l'escalier qui menait au premier s'était écroulé, leur coupant ainsi toute retraite. Mais s'ils revenaient au premier grâce à l'ascenceur, rien ne les empêcherait de s'éclipser par le tout premier escalier -celui du rat mort- sans demander leur reste. Avec un peu de chance, le garou aurait abandonné la poursuite et ils ne le croiseraient même pas. Ce fut donc avec un sourire satisfait que son index pressa le niveau 1.

-Trop taaard <3

A quoi cela servait-il de demander leur avis aux gens s'il ne les écoutait même pas? Kristen restait Kristen, il ne fallait pas chercher à comprendre...
Un horrible grincement se fit entendre, et la cabine chuta brutalement de quelques centimètres sans que les portes se soient refermées. Stoppée brusquement, l'embardée avait ébranlé les deux jeunes gens qui se tenaient aux parois afin de rester debouts. L'ascenceur semblait avoir été coincé par des cables récalcitrants, ou bien l'étroiteté inhabituelle du conduit.
Le brun se retourna pour faire l'état des lieux: mais ce faible mouvement provoqua une nouvelle secousse suivie d'une chute, un peu plus grande cette fois. Un mètre ou deux. Le sens de l'équilibre ne serait pas de trop dans cette situation. Visiblement, le mécanisme était un peu rouillé: ce ne serait pas une descente en douceur, plutôt de petites chutes par à-coups, en espérant que cela ne se solderait pas par un plongeon direct de trois étages...

Mais sans qu'ils aient fait un seul geste, tout s'ébranla de nouveau. Nouvelle chute brutale, la cabine penchait légèrement vers la droite. Si bien que la blonde fut projetée sans douceur contre le vampire. La cabine était bel et bien coincée à présent. Les portes entrouvertes ne laissaient voir qu'un mur en béton infranchissable qui leur ôtait tout espoir de sortir de ce côté. Une faible veilleuse s'était décidée à éclairer un peu les jeunes gens qui sans elle se seraient retrouvés dans le noir total. Une légère odeur de renfermé ajoutait au charme de cet espace clos une touche dramatique. En espérant que l'oxygène ne viendrait pas à manquer -trop rapidement... Ils étaient bloqués entre deux étages, dans un bâtiment délabré qui menaçait de les ensevelir sous des tonnes de gravats; il ne leur restait plus qu'à attendre qu'un miracle de ce Dieu dont on doutait de l'existence...
Mais ils étaient deux. Tous seuls, tous les deux. On peut en faire des choses, tous seuls, à deux... Le dénommé BloodStained sentait contre lui ce corps frêle mais plein de vie, et se disait qu'il y avait peut-être du bon à ce que l'ascenceur soit si étroit.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Sam 9 Fév - 21:03

[Oh mais oui, que peut-on bien faire a deux, dans un ascenseur? hi hi *porte*]

Après maintes pressions sur le pauvre bouton du rez-de-chaussée, Laïla entendit d'une oreille attentive les pas de Kristen se rapprocher. Elle convint qu'il la rejoindrait très prochainement, puisqu'il se faufilait déjà entre les deux portes blindées tout juste entrouvertes. Fort heureusement, son corps assez mince lui permit de se frayer un chemin jusque dans la cabine, près d'une blonde au caractère divinement capricieux. Celle-ci fut plutôt surprise de le voir s'approcher avec une certaine insolence, et tout en demeurant silencieux, il sélectionna le bouton du niveau 1. Elle voulut contester, mais son interlocuteur déclara un "trop tard" très badin, qu'elle faillit lui faire ravaler en lui crachant à la figure. Sauf que pour une demi-mondaine telle qu'elle, ce ne serait pas une conduite à emprunter, et elle se retint d'entreprendre quoique ce soit à son égard. Elle se contenta de le bouder outrageusement, quitte à se faire passer pour une personne qu'elle n'était pas. Les moments se faisaient rares où elle se conduisait comme l'enfant qu'elle avait été. Cette époque lui manquait irrémédiablement, et à force de s'y replonger, des larmes de remords la prenaient à la gorge et l'incitaient à se concentrer sur le présent. Elle s'efforçait de se focaliser sur la présence de Kristen, mais dès qu'un moment de silence était là, elle trouvait toujours le moyen de se projeter en arrière. C'était comme un irrépressible besoin, celui de se convaincre qu'après tout ce n'était pas sa faute si son maitre était mort, et qu'elle n'avait pas à s'en vouloir pour si peu. Cependant, elle n'arrêtait pas de se revoir devant son cadavre à demi éclairé sous la lumière d'un lampadaire. La couche de sang recouvrant la splendeur immaculée de la neige, brisa éternellement la pureté spirituelle de la demoiselle. Parce qu'elle avait senti de très près la mort, et qu'elle avait appris à la côtoyer depuis ce jour. Ce fut pour cette raison qu'elle s'adonna au métier de donneuse de mort pour autrui, activité à laquelle elle s'était accommodée par envie de ne pas être l'une de ces vermines. Elle les apercevait, affalées sur ou près des tas d"ordures qui s'accumulaient parce que plus personne ne se préoccupait du devenir de la Terre. Elle passait orgueilleusement devant eux, faisant fi de leurs quémandes, de leurs supplices, parce que eux étaient pauvres et que elle, était riche. Riche parce qu'elle assassinait d'une manière fourbe et traître.

Elle ne s'en voulait pas tellement au fond d'elle. De toute façon, ne s'était-elle pas livrée à ce métier de son plein gré? Alors pourquoi se laisser subitement ronger par les remords? Parce qu'elle était humaine, tout simplement. Et un coeur véritablement humain était toujours en proie à quelques tourments imaginaires ou justifiés.

Cependant, la pseudo-prostituée fut rapidement extirpée de ses pensées. Son corps fut torturé par une violente secousse. La cabine de l'ascenseur commençait à descendre bien qu'elle y rencontra quelques difficultés. Laïla s'agrippa maladroitement à l'une des quatre parois qui la coinçaient en la charitable compagnie de Kristen. Ce n'était pas qu'elle le méprisait,mais presque, car certaines de ses facettes lui étaient encore inconnues et elle haïssait cela. La sensation de passer à coté de quelque chose qui sonnait faux et puait l'hypocrisie. Pour l'instant, elle ne pouvait pas y penser comme bon lui semblait, puisque les multiples secousses la faisaient trébucher, se ramasser quelques fois sur le sol. Une petite lumière suffit à révéler son visage, crispé et marqué par la peur et l'appréhension. Quand soudainement, une secousse plus imprévisible que les autres la surprit et la projeta tout contre le corps du prince de la nuit. La demi-mondaine poussa un petit cri effrayé, non contente de se retrouver contre celui qui l'avait persiflé alors qu'elle aurait pu se faire dévorer par un vampire, avide de sang.

La cabine cessa de trembler pendant quelques temps. Laïla ne parvenait pas à sentir si elle descendait ou si elle s'était immobilisée. A tous les coups, elle avait cessé de dérouiller ses mecanismes juste à ce moment là, parce qu'ils étaient seuls et que de toute évidence, ils ne pouvaient pas sortir. Pour se rassurer, elle se détacha de l'étreinte de Kristen et jeta un coup d'oeil par la fente non comblée que formaient les deux portes blindées. Celles-ci n'avaient pas bronchées depuis le temps, et continuaient d'encaisser les mille et uns désagréments qui faisaient d'elles des condamnées. Elle soupira avec agacement et ne vit que le néant de l'autre coté des portes, qu'elle essaya vainement d'écarter à l'aide de ses bras maigres en circonférence. Elle se retourna, dos contre la fente, risquant à tout moment de laisser un pan de son kimono se coincer. Mais de toute façon, ces fichues portes ne se refermeraient pas. Elles n'étaient plus opérationnelles, un point c'était tout. Et tandis que la cabine penchait sur la droite, son mouvement eut pour effet de la restabiliser. Et elle poursuivit sa chute lente, alors que Laïla prit soin de s'éloigner de l'orifice, seule source d'oxygène jusqu'à présent.

Le silence s'était installé entre les deux protagonistes. De toute façon, la jeune prostituée ne tenait pas à engager une quelconque conversation avec lui, elle était beaucoup trop associale pour cela. Cependant, elle ne supportait pas l'idée de voir sa vie en péril et de ne pas pouvoir se confier à une tierce personne. Ainsi, d'une voix timide, légèrement étouffée par la soif et par une gorge nouée, elle déclara difficilement:


"Dans de telles circonstances, j'aimerais vous poser une question, Prince de la Nuit..."

Elle marqua une pause, très brève, qui permit à l'ascenseur de s'arrêter encore subitement. Laïla ne manqua pas d'effectuer un petit saut qui la fit atterir violemment. Elle se massa ses genoux endoloris par de tels fléchissements, et faillit lâcher une injure envers cette fichue cabine. Mesurant les conséquences de ses actes, elle admit qu'il ne serait pas judicieux d'agir avec si peu de tact. Ainsi, elle repensa à la conversation qu'elle avait abordé avec peine, pendant que l'ascenseur poursuivit ses sursauts comme bon lui semblait. Sale bête de fer, va!

"Qu'aimeriez-vous faire, si vous deviez mourir dans dix secondes, chronomètre en main?"

Cette question, bien qu'étrange et peu réfléchie, n'avait pas seulement pour but de rompre le pesant silence. Elle était aussi un sujet de méditation auquel s'adonnait fréquemment l'auteur de cette interrogation. Il lui arrivait de se poser dans un coin de son appartement insalubre, un verre d'une eau rare dans sa main. Comme une vieille dame qui siroterait son café, elle prenait son temps et savourait cette ressource naturelle, devenue une source de conflits depuis quelques années. Elle ne cherchait nullement à devenir philosophe, elle aimait réfléchir. Elle ne supportait pas l'idée de laisser son esprit vide de toute question car pour elle, il n'était pas humain de laisser les choses aller comme elles venaient, sans vouloir les controler au moins une fois dans sa vie. Comment pouvait-on rester indifférent face à une telle apocalypse? Chaque personne qu'elle rencontrait s'était parfaitement ancrée dans cette univers malsain et bourré de saloperies en tout genre. Maintenant, elle avait l'impression d'être l'unique personne à y faire attention, à remarquer et sentir les différents complots qui se préparaient ça et là. Peut-être avait-elle tort de se faire autant de souci mais...

"Argh!!"

La cabine d'ascenseur fit nouvellement des siennes et encore une fois, pencha malencontreusement sur la droite. Alors que le Prince de la Nuit devait répondre à sa question, avant qu'ils ne s'écrasent lamentablement comme des lopettes, elle fut encore projetée tout contre lui. Tant et si bien que l'imprévision de la chose rendit l'évènement plus stimulant pour certains, plus confus et outrageux pour d'autres. Pour ce qui était de Laïla, elle n'approuvait ni l'un, ni l'autre. Elle avait seulement envie de se pendre. Quoi de plus naturel?
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Mar 12 Fév - 0:14

[Muhahaha <3]


C'était sombre. C'était étroit. Horriblement oppressant. La lourdeur de l'air pesait sur eux, écrasante et tiède, semblait les menacer incidieusement: “Voyez, je suis là, mais je m'échappe à chaque inspiration que vous prenez, je m'évapore par les fentes et m'enfuis. Il ne reste plus beaucoup de temps, bientôt vous allez suffoquer en implorant que je revienne, en vous griffant la gorge jusqu'au sang et la mort sera votre seul baume! Mais quelques minutes de vie supplémentaires pourraient être gagnées, s'il n'y avait qu'une seule paire de poumons goulus à contenter...”
Kristen jeta un coup d'oeil à sa compagne. Devait-il la tuer? C'était légèrement contraire à ses principes concernant la galanterie. Mais cette dernière avait-elle lieu d'être lorsque des vies se jouaient? Surtout que Laïla n'avait pas fait preuve d'une amabilité encourageante. Il hésitait encore, lorsqu'une secousse brutale le malmena de nouveau. Son bras heurta durement une paroi de la cabine; il réprima une grimace de douleur.

Il ne regrettait pas vraiment d'être venu ici, mais la situation devenait assez périlleuse. Le vampire aurait peut-être préféré mourir autrement que de soif ou d'asphyxie, il y avait certes façon plus héroïque de finir ses jours, même en compagnie de la blonde. A vrai dire, la solution de se débarrasser de la demi-mondaine le tentait de plus en plus. Il ne mourrait pas de soif s'il buvait son sang... Mais arriverait-il à s'en sortir seul?

La demoiselle lui adressa soudainement la parole. Tiens donc, son avis n'était pas si négligeable après tout... Il faisait mine de réfléchir à la question lorsqu'un choc envoya son interlocultrice dans ses bras. Il l'accueillit avec une pointe d'amusement, c'était comme si elle s'était approchée pour mieux entendre sa réponse.

-Dix secondes... hum...

Dire au revoir à Makkuro. Boire un verre de saké. Constater avec satisfaction qu'il venait d'empocher quelques millions de yens. Tracer des sillions sanglants dans la peau pâle d'une jeune vierge. Finir un livre en cours de lecture. Cacher une souris dans la chambre de la bonne juste pour l'entendre hurler. Humilier par les paroles tous ces vieux renards en affaires qui se croyaient intelligents. Gagner aux échecs. Voler un baiser à une demoiselle. Tiens, ça c'était réalisable.

-Tant de choses... Mais en si peu de temps et en un tel lieu, une seule m'est permise. Ce que j'aurais aimé faire...

Profitant du fait qu'elle soit contre lui, il posa une main sur sa hanche, relevant de l'autre son menton avec un sourire espiègle. La proximité était devenue plus qu'intime, ce qui était le but recherché. Il faisait terriblement chaud dans cet ascenceur...
Les lèvres du jeune homme effleurèrent celles de Laïla, et il l'embrassa.

*Telle est la douceur du goût de l'interdit...*

Sous ses doigts séparés seulement par une couche mince de tissu la grâce des courbes féminines, contre son corps le galbe de son ventre et de ses seins que lui cachaient ce foutu kimono, l'odeur grisante de son cou, de ses cheveux, de cette peau pâle, si pâle...
Un instant seulement, l'éveil des sens exaltait ces deux âmes réunies contre leur gré, bien avant que la surprise de ce geste aie invoqué un refus... Un instant seulement, un semblant de tendresse s'était frayé une place...
Délicatement, leurs lèvres se séparèrent, brisant l'invraissemblable étreinte, et Kristen rouvrit les yeux sans oser croire qu'il était toujours vivant. Son regard de glace s'attardait dans celui de sa chère blonde dont il ne voulait se détacher. Pour s'enfuir où, de toute manière?
La lueur mutine qui scintillait dans ces iris couleur de ciel laissait présager la satisfaction qui l'imprégnait peu à peu, comme celle du chasseur qui a enfin réussi a dompter sa proie...

*Je t'ai eue ma belle...*

... même si celle-ci n'était pas du même avis. Tout cela était allé très vite, et étrangement le brun sentait qu'il n'allait pas tarder à se faire trucider dans les secondes suivantes. Mais c'aurait été beaucoup moins bien si elle s'était pendue à son cou déjà toute consentante. Non qu'il avait des tendances masochistes, mais le défendu était délicieusement... délectable.
Peut-être qu'il ne la tuerait pas, finalement.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Sam 16 Fév - 17:53

[il est mort Mouhaha ♥ ]

Sans que personne ne s'en rende compte, tout se déroulait selon les plans de Kristen. Ce Don Juan, bien que beau en apparence et docile dans sa façon d'agir, n'était en fait qu'une personne capable de manipuler toute situation, afin de la tourner à son avantage.

Qui aurait cru que Laïla pose une question aussi immature? Elle démontrait toute son ingénuité, toute son innocence, sa naïveté, et puis cette absence de précautions. Le souci dans tout cela, était qu'elle lui avait fait confiance depuis le début et que maintenant, elle se laissait prendre dans un cercle vicieux, celui des sentiments faussement amoureux, de la séduction obscène et virile. Tout d'abord, lorsqu'un bref mouvement d'ascenseur l'avait ramenée tout contre lui, elle s'était sentie plus ou moins gênée, voire particulièrement offusquée. Elle pensait par là qu'il était intolérable que son corps soit aussi proche du sien, pur et irrémédiablement vierge de toute insanité. Elle voulut se débarrasser de son étreinte mais il sembla qu'il la renforça au fur et à mesure qu'elle tentait vainement de s'en extirper. Alors, pensant qu'il s"agissait d'une envie passagère de la protéger, elle n'avait rien dit, feignant d'être flattée. Cependant, son immobilité et les courbes féminines de son corps ne firent qu'attiser la curiosité du prince de la nuit, réfléchissant sagement à son interrogation. Laïla avait longuement appréhendé sa réponse, qui ne se résuma qu'à un seul acte, détestable et imprévisible.

Une vive chaleur s'empara de son visage lorsqu'il releva son menton avec une grâce et une majesté sans pareils. Taciturne, le visage de la prostituée demi-mondaine était toujours aussi fermé, inexpressif. Elle ne cillait pas un sourcil, aussi statique qu'une poupée de porcelaine que l'on aurait posé là, quelque part, dans une chambre, au sein d'un manoir d'ancien aristocrate. Elle plissait curieusement ses yeux, se doutant peut-être de quelque chose. Toutefois, ce qui l'intriguait était cette flamme qui brillait dans ses yeux, pleine de perversité et de mauvaises idées qu'elle ne put identifier avant, puisque ses lèvres furent captives des siennes. Il s'était approché si rapidement qu'elle n'avait rien vu venir. Le sceau effectué, elle eut envie de lui cracher à la figure, mais pourquoi briser un tel moment? Son premier baiser.

Cependant, la vierge effarouchée revint à la rescousse et eut aussitôt envie de le torturer, d'écarteler ses membres et de castrer le plus important qu'il soit pour un homme de son envergure. Sauvagement, elle commença à gesticuler comme un vermiceau que l'on venait d'écraser mais qui se battait encore pour garder la vie. Elle parvint à atteindre la paroi d'en face, d'où la distance entre les deux qui se marqua finalement entre le prince de la nuit et la prostituée. Son kimono descendait sensuellement en bas de ses épaules, et elle s'empressa d'en remonter vivement le coté gauche,omettant de s'occuper du pan de droite, découvrant une frêle carrure. Elle dégageait quelque chose de trop pur et de trop enfantin pour ne pas rebuter quiconque voulait l'avoir dans sa couche, et les prémices des montagnes de chair abritant toute la générosité dont pouvait faire bénéficier la féminité, aurait pu en stimuler plus d'un. Néanmoins, la jeune fille semblait plus préoccuper par sa survie que pour sa virginité, puisque instinctivement, la tueuse à gages plongea sensuellement et rapidement sa main dans son kimono pour finalement en extirper une fiole. Toute petite, mais qui semblait contenir un liquide peu sympathique. Elle ne mentionna rien sur cet objet et se contenta d'injurier d'un simple regard, glacial et mortel à son interlocuteur.


"Je me fiche pas mal de ce que vous pensez... mais mon corps ne sera jamais vôtre."

D'autant plus que ce n'était pas un endroit fait pour.

En fin de compte, le silence revint au galop, car il était comme le naturel. Sitôt qu'on le rejetait, il s'invitait nouvellement et participait activement aux festivités. On aurait pu voir des éclairs et des flammes méphistophéliques animer le regard bleuté de la demoiselle.
Pour sûr que cela plairait à un sadomasochiste prénommé Kristen, envers qui elle ne ressentit plus rien hormis une haine qui naquit dès l'instant où il avait ri d'elle à gorge déployée, tandis qu'elle aurait pu se faire dévorer par un suceur de sang.

Alors que l'ascenseur se remit doucement en marche, Laïla, la narcisse en fleur, brandissait toujours courageusement cette petite fiole au contenu non identifié et qu'elle seule pouvait reconnaitre grâce à une petite étiquette sur laquelle une formule chimique était soigneusement écrite. Par mesure de précaution, ladite étiquette était camouflée pour le moment dans sa paume, en attendant de voir les reactions de celui qui risquait de se la ramasser en pleine figure. Elle ne bougeait pas, aurait pu prendre racine dans le sol que ça ne lui aurait rien fait, puisque sa concentration et ses réflexes n'étaient, de toute façon, pas dignes d'une prostituée. Sa nature était toute autre, et cette idiote qui est mon propre personnage venait d'abaisser sa couverture.


* Il n'est pas stupide, il comprendra... à moins qu'il soit tellement aveuglé par ses désirs inassouvis, que monsieur en oublie de surveiller ses arrières? Tsss... *

To be continued...?
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Dim 24 Fév - 12:01

[En fait tu l'aimes mon perso, vilaine uû]


Comme il fallait s'y attendre, l'étreinte ne dura pas. On ne peut garder trop longtemps l'oiseau en cage... Comme elle se débattait au risque d'y perdre des plumes, il ne tenta pas de la garder contre lui. A quoi bon. Déjà, ô surprise, elle ne l'avait pas frappé, ni insulté, ni quoi que ce soit d'agressif. Elle ressemblait vraiment à une colombe effarouchée, toute vierge et innocente qu'elle était, débarquant soudainement de son monde d'air pur et d'eau fraiche dans la dure réalité, battant vrainement des ailes pour essayer de s'y soustraire.
Mais dans un ascenceur, où s'enfuir? Le plus loin possible de l'agresseur... Elle se tenait là, contre ce mur, toute attendrissante dans son affolement à cacher ses épaules découvertes par un kimono déloyal.

Pourquoi tant d'agitation pour un simple baiser?

Mais la demoiselle reprit son calme: menacé par une fiole. Le jeune homme se dit que ce n'était peut-être pas le moment d'éclater de rire, et qu'elle allait le prendre mal, comme la dernière fois où il s'était -un peu- moqué d'elle. Aussi resta-t'il détaché, tout sage et tout innofensif devant le regard meurtrier de sa compagne.

-Qu'allez-vous donc chercher là. C'est une simple réponse...

En gros: tu te fais des films, poupée. Mais aussi, sans qu'elle pût s'en douter: ton corps sera à moi si j'en ai envie, et en l'occurence tu m'attires, mais je ne suis pas accro aux cabines d'ascenceur pour ce genre de choses.
Le soit-disant sadomasochiste (la pauvre Laïla a honte de ses lubies sexuelles, c'est pour ça qu'elle accuse les autres uû) n'esquissa pas un mouvement, si ce ne fut pour se caler un peu plus confortablement contre le mur. Toute tentative de se déplacer dans la cabine aurait signifié la suite des hostilités, et il ne tenait pas tant que ça à se faire assaillir par la demi-mondaine, enfin pas de la manière dont c'était parti. Il la regardait d'un air vaguement amusé, sans paraître trop espiègle pour ne pas l'énerver davantage.

Elle était vierge. Pucelle, chaste, inviolée, cela se voyait comme une vache au rayon abat-jour. Eh bien, pour une prostituée, c'était assez peu commun. Voilà pourquoi elle avait réagi de cette manière au contact de leurs lèvres jointes. Elle n'était... qu'une enfant. Cela changea énormément l'intérêt que lui portait Kristen. Elle qui ne savait rien de la vie, et jouait à la prostituée... Une gamine.
Mais il se souvint de son esprit qui transparaîssait à travers sa façon de parler, de ses répliques cinglantes et de ses airs hautains, elle qui avait su garder les apparences jusqu'au bout. Intéressant, intéressant... Et si la blonde n'était pas comme elle l'avait laissé croire une vulgaire prostituée, qu'était-elle donc? Que cachait cette fausse image de demoiselle à satisfaire les messieurs?

Une fiole. Chimiste? Scientifique? ...sorcière?

Quel métier pourrait profiter d'une telle couverture? Il n'y en avait pas tant que ça. A l'air peu engageant du produit, on pouvait en conclure que ses propriétés n'étaient pas des plus bienfaisantes. On avait donc le choix entre mafia et mercenaire. Les mafieux adoraient se déguiser, d'habitude. En tous cas il ne pouvait douter de l'amicalité des deux catégories, si l'on jetait ne serait-ce qu'un oeil au taux d'assassinats de la ville. Tiens donc, on avait là une méchante fille... Très intéressant.

-On dirait que c'est reparti.

Miracle? Sans un seul tremblement, la cabine se remit à descendre tout en douceur, tandis que l'ampoule qui pendait au bout d'un fil au plafond clignotait dans une tentative récalcitrante pour s'allumer. Eh bien, il avait décidé de fonctionner celui-là, ce n'était pas trop tôt. L'ambiance commençait à être plus qu'électrique dans l'ascenceur.

-Vous avez presque l'air redoutable, vous savez. C'est à se demander qui on a réellement en face de soi...

Un léger sourire sur les lèvres, accompagné de l'habituel regard amusé. Ainsi, ils descendirent plusieurs étages, jusqu'à ce qu'un ting indique l'arrivée ainsi que l'ouverture des portes. Même l'air chargé de l'odeur de pourriture des cadavres paraissait meilleure que celui de leur ancienne prison, de laquelle ils s'empressèrent de sortir comme par peur de s'y trouver de nouveau enfermé. Ils étaient maintenant libérés de cette proximité dérangeante, et Kristen ne manifesta en aucune façon un désir de s'approcher de la soit-disant demi-mondaine. Ils se trouvaient bien au premier: dans un coin gisait la dépouille du rat qu'ils avaient croisée quelques temps auparavant. Le brun n'attendit pas sa compagne, et descendit les marches. Le loup-garou ne devait pas être très loin...
Voilà, c'était de nouveau la liberté, ce ciel gris morne et ces immeubles sales, mais la liberté tout de même qui avait un parfum nettement plus délectable que celui de la cabine de deux pauvres mètres carrés. Ce dernier passage dans l'ascenceur avait laissé pensif le vampire aux yeux de glace. Ils allaient se quitter froidement, elle lui en voulait à mort, et chacun reprendrait sa vie sans qu'il aie aucun espoir de découvrir un jour la couleur de son soutien-gorges .__.

C'était triste, tout de même.
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MessageSujet: Re: Etrange lieu pour quelques réminiscences...   Sam 1 Mar - 13:08

[sor...sorcière?? Raaaah!!! *montre les dents*]

Les doutes étaient omniprésents, maintenant que la situation allait en la défaveur de Laïla. La demi-mondaine, faussement prostituée mais complètement assassine quand elle le voulait, savait se faire agressive mais aussi très étourdie. Comme Kristen le pensait si bien, elle n'était qu'une enfant autrefois terrorrisée par la mort de son unique famille. Tant et si bien que de là, résulta une certaine fragilité, une immense humanité dont elle ne parvenait pas à se débarrasser. Sans oublier sa pudeur, son attachement pour l'enfance qu'elle n'a jamais réellement connue, son irrésistible envie de découvrir d'autres horizons et de s'enfuir de ce monde apocalyptique.

L'ascenseur continua son avancée, et alors que le vampire ne daigna pas s'approcher d'elle, elle plongea nouvellement sa fiole dans son kimono, histoire de ne pas paraître plus ridicule que ce qu'elle ne l'était déjà. Chimiste, d'accord, scientifique aussi, mais sorcière... tout dépendait de ce qu'on lui faisait subir en temps et en heure. Son humeur pouvait être changeante, mais en règle générale, elle était statique pour ne pas se mentir à elle-même et ne pas mentir aux alliés en premier lieu. Légèrement exténuée par tant d'aventures, elle convint qu'il n'était pas très intelligent de chercher le duel et l'adversité dans un lieu aussi restreint qui, finalement, prit une bonne bouffée d'air à l'odeur pestilencielle.
Non loin de là, le cadavre du rat gisait tandis que Kristen semblait se moquer éperdument de ce qu'elle pouvait être. On dirait même qu'il prenait plaisir à se ficher de son statut, et derrière ce regard rieur se cachait bien des confidences. Laïla le savait, elle l'avait compris peu après qu'elle n'ai faite l'erreur de se mettre entièrement à découvert. Ainsi, en un hochement de tête à peine perceptible, elle le suivit, prête à achever cette mésaventure pour y réfléchir posément et pertinemment. Plus ou moins maligne, elle ne voulut pas s'éterniser avec lui, et d'un geste de pied très habile, fit rouler pour la énième fois sur lui-même le cadavre du pauvre rongeur, définitivement inerte. Son corps en décomposition laissait deviner qu'il n'y avait plus aucun espoir pour cette misérable bestiole, et que toute défense contre Madame la Mort était inutile, puisqu'elle l'avait déjà gobé tout cru.

La tueuse à gages suivit d'un pas plus ou moins lourd son coéquipier, alors qu'ils parvinrent à dépasser tous les lieux où le garou de la dernière fois était susceptible d'apparaitre. Fort heureusement, en accélérant le rythme, elle n'atterrit pas nez à nez avec lui et put sortir saine et sauve de l'école désaffectée. Au loin, elle reconnut le petit trou creusé dans le grillage, permettant de s'immiscer dans le bâtiment délabré et insalubre. Elle réajusta convenablement son kimono et entreprit de s'avancer, sans adresser un seul mot à son interlocuteur. Cependant, sa dernière réplique l'avait laissée de glace, comprenant aussitôt que sa balourdise allait lui coûter cher. Avec rudesse, elle inclina son buste pour laisser son visage fermé et austère se dévoiler, parmi les mèches blondes qui encadraient son doux faciès. Ses pétales de rose ne s'entrouvrirent que pour déclarer ses quelques paroles, solennelles, sur un ton atone:


"Au déplaisir de vous revoir, Prince de la Nuit."

Un sourire énigmatique fendit ses lèvres, et sa chevelure virevoltait au rythme du vent.

D'une démarche toujours aussi snobe, elle reprit en main son rôle de prostituée qu'elle préserverait jusqu'à arriver chez elle. Toutefois, une halte entre temps ne serait pas de refus, et elle prévit de se prendre un bon bol de saké bien chaud dans un bar plus ou moins fréquentable, où elle pourrait trouver un peu de convivialité et se remplir un peu la panse. Son idéal lui parut toujours aussi lointain, alors qu'elle avait osé penser que sa rencontre avec Kristen changerait quelque chose. Mais au lieu de cela, elle lui avait fait prendre conscience de la dureté de cet univers, et de la mesquinerie de ses habitants. Elle ne pouvait rien faire si ce n'était d'attendre, tout en accomplissant sagement ses missions. Maintenant que cette aventure trépidante était terminée, elle pourrait retourner à son quotidien, profiter de la morosité des petits jours qui avait failli lui manquer, durant quelques minutes.

La silhouette rose qu'elle était, disparut entre les fils de fer du grillage et s'enfonça dans l'obscurité, tandis que le dôme commençait à s'assombrir. La fin de la journée s'annonçait, et la tueuse pressa le pas, décidant que finalement, il ne ferait peut-être pas bon de sortir dans un tel accoutrement. Elle ferait un petit détour par chez elle, et profiterait ensuite de sa réelle identité. Elle avait besoin de se retrouver, comme à chaque fois lorsqu'elle se sentait déconnectée de la réalité.

And that's all.
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Etrange lieu pour quelques réminiscences...
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